C’est dans un silence assourdissant que le chômage dans le secteur a explosé ces dernières années !
A la fin 2003, l’ANPE dénombre environ 50 000 demandeurs
d’emploi dans l’informatique (cat.1), un chiffre en hausse de près de 23% sur
un an, après une hausse de 45% sur l’année 2002 !!!
(Voir article 01informatique
du 12/09/03) ainsi que notre dossier " Chiffres de l’emploi"
Ce chiffre était d’environ 15000
en l’an 2000 : il a donc
TRIPLE en 3 ans !!!!!
Cela représente environ 10% de l’ensemble des effectifs du secteur
(estimés autour de 550 000-600 000), soit LE DOUBLE du taux de chômage moyen
des cadres en France lui-même compris entre 4 et 5% !!
Selon une étude CEGOS portant sur 2000-2004, le recul des effectifs informaticiens dans les entreprises est de 28% !!
Selon les chiffres de l’UNEDIC, la branche Activités informatiques (ie. Logiciels & Services informatiques) a perdu environ 25 000 postes entre fin 2001 et fin 2003 soit près de 10% de ses effectifs. Lire l’article.
Et si peu de plans sociaux dans nos sociétés IT (SSII, éditeurs) sur la même période
cherchez l’erreur !
A cela il faut ajouter les nombreux indépendants qui sont sans mission (peut-être la moitié d’entre eux ) et qui ne sont pas inscrits au chômage.
Le secteur des services informatiques (Branche Syntec-Cicf informatique) a connu en 2002 et 2003 la pire crise de son histoire avec 2 années consécutives de régression : celui-ci a connu une chute de 3% de son CA en 2002, elle sera de 5% en 2003
Dans ce contexte, nos salaires d’embauche ont connu depuis 2 ans une baisse moyenne le
plus souvent de l’ordre de 15-20% (avec parfois de nombreux accès à la baisse dans de petites ou moyennes SSII et surtout chez certains utilisateurs) sans parler d’une stagnation quasi-générale
des salaires des informaticiens en poste.
(Voir "Les
salariés constatent une baisse de 20 % en moyenne sur les nouvelles embauches"
ainsi que le dossier de L’Express Emploi et salaires Cadres 2002 : Ingénieurs
: Les écarts se creusent, voir dernier tableau "Les secteurs les plus rémunérateurs"
==> Les SSII apparaissent en queue de peloton
juste avant la fonction publique
et l’agriculture !!!)
Nous autres informaticiens qui avons été si nombreux à être formés à l’informatique pendant les années 1998-2001 notamment pour ces projets ponctuels de l’euro et de l’an2000 et à qui on prédisait un plein-emploi pour de longues années sommes aujourd’hui victimes d’un oubli total voire parfois même d’un certain mépris de la part des pouvoirs politiques et économiques.
Chiffres (approximatifs) du secteur :
Entre 500 000 et 700 000 professionnels des NTIC en France
dont 250 000 à 300 000 salariés dans les services informatiques
(SSII + SCT + éditeurs de logiciels + autres sociétés de
prestations informatiques et télécoms)
dont 100 000 informaticiens employés par les 40 premières SSII.
3 000 SSII de plus de 5 personnes
10 000 à 20 000 indépendants (inclus portage salarial et intérim)
(Voir chiffres fin 2002 : http://www.passinformatique.com/80-navigation/20-10_chiffrescle.asp)
RETOUR SUR LA "PENURIE D’INFORMATICIENS"
Tous les "experts en prospective" de l’époque
évoquaient alors une pénurie d’informaticiens croissante tout au
long des années 2000
Ainsi, dans des études publiées fin 99, le cabinet IDC affirme
qu’en 2002 l’Europe à elle seule manquera d’un million d’informaticiens,
tandis que pour
le cabinet PAC le déficit d’informaticiens en France s’élèvera
à 36 500 en 2002 pour atteindre le chiffre de 61 000 en 2005 (pour 10
000 à 25 000 aujourd’hui à la fin 99)
Voici un florilège des plus beaux ratés de ce
prévisionnisme :
http://emploi.journaldunet.com/php/publication/publication.php?i=470
http://solutions.journaldunet.com/99sept/990922penurie.shtml
http://www.temps-reels.net/actualites/actualites10.htm
http://www.weblmi.com/articles_archives/SF/2001_11_12_878_77_allemagnelesnou00/Article_view
http://www.microsoft.com/france/formation/debuter/etude_p_audoin.doc
(étude PAC)
(il semblerait que Microsoft ait quelques années de retard
à
lire http://www.microsoft.com/france/formation/debuter/opportunites.asp
!!!)
http://munci.org/ressources/medias/apec_110998_page7.jpg
: "Le marché de l’emploi dans l’informatique restera déficitaire
pendant de nombreuses années. On parle en effet d’un besoin de 4000 postes
(NDLR : non pourvus) dans les SSII en 2004
" (Jean-Paul Eybert, ex-délégué
général du Syntec Informatique : Courrier Cadres (APEC) n°1266,
11 septembre 1998)
pour quelques rares visionnaires lucides :
http://www.lepoint.fr/management/document.html?did=89646
(Le point 06/02/99)
http://www.nouvelobs.com/articles/p2006/a191787.html
(Le Nouvel Obs, 17/04/03)
Nous pensons que la prospective sur notre marché du travail
est une chose définitivement vaine en raison d’un certain nombre de facteurs
impossibles a maîtriser (croissance économique, budgets alloués à l’informatique, révolutions technologiques
)
LA SITUATION DEPUIS 2002
Dans une conférence
de presse du 23 octobre 2002, le Syntec-informatique annonce une régression
de 2 à 5% du secteur pour l’année 2002 et ce pour la 1ere fois depuis 10 ans
stupeur
dans le secteur ! Rappelons que 6 mois auparavant, comme certains cabinets d’analystes,
il envisageait toujours une croissance positive sur 2002 (de l’ordre de 8 % même
Cf.
http://www.weblmi.com/articles_archives/Magazine/2002_04_05_933_14_SERVICESLESSSII00.l/Article_view
et http://www.01net.com/article/180955.html
difficile
d’être plus médiocre en terme de prévisions de marché)
!!!
En réalité, toute l’année 2002 a été le théâtre
de très nombreuses suppressions d’emplois dans le secteur (le plus souvent
sans plans sociaux) dans un silence assourdissant (à l’exception d’une
certaine partie de la presse informatique
à partir du 2eme semestre)
!!!
Marché de l’emploi 2002 dans le secteur informatique :
EN 2002 :
D’après l’APEC : le secteur informatique enregistre la plus forte baisse
d’offre d’emplois de tous les secteurs économiques entre le 1er trimestre
2002 et le 1er trimestre 2003 (qui avait déjà connu une baisse
significative des offres par rapport à 2001
!) : -61% !!! (moyenne générale
: -35%)
D’après l’ANPE (2002,
une année noire pour les informaticiens) : sur cent nouveaux chômeurs,
on compte vingt-deux informaticiens !
Dans le secteur, le nombre des demandeurs d’emploi a ainsi progressé sur
2002 de près de 54 %, soit 21 000 personnes en un an. Dans le même
temps, le nombre des offres s’est énormément restreint : aujourd’hui,
l’ANPE n’a plus que 0,3 offre par demandeur d’emploi, contre 0,8 un an plus tôt.
Pendant les années fastes, le "baromètre de l’emploi"
de l’APEC donnait une moyenne de 8 candidatures pour une offre, actuellement
il est de l’ordre de 45 candidatures par offres mais on a pu constaté
qu’il pouvait y avoir facilement plus de 200 candidatures en réalité
(citons également le témoignage
du cabinet Solic Carrières spécialisé dans les NTIC : "il
y a deux ans, nous recevions entre 0 et 8 CV par offre d’emploi, aujourd’hui
nous en recevons en moyenne 68, et 450 CV spontanés par jour !")
Le constat de la conférence
de presse du Syntec-Informatique du 23 octobre 2002 fut assortie d’une déclaration-choc
: Pour le premier semestre 2003, le Syntec Informatique ne s’attend pas à
un renversement de conjoncture et se prépare "à adapter ses capacités de
production à la demande
entre 10 et 15 % des 310 000 ingénieurs et cadres du
secteur seraient en excédent".
Cela représenterait donc un "excédent" de l’ordre de 40 000 salariés
!!!
En 2002, on estime que 10000 salariés ont déjà été licenciés ou "démissionnés"
dans le secteur (cf. http://www.01net.com/rdn?oid=196234).
Ce chiffre (qui est certainement sous-estimé
) masque surtout d’autres réalités
: démissions forcées, recrutements gelés, délocalisations offshore
etc
Le pire était dont à venir pour l’année 2003.
LA CRISE S’AGGRAVE EN 2003
De fait c’est bien l’année 2003 qui a été la plus destructrice
d’emplois dans notre secteur (estimation comprise entre 15000 et 25000 !).
Alors que celui-ci a connu une chute de 3% de son CA en 2002, elle sera de 5% en 2003
Ces supressions d’emploi se sont fait et se font encore souvent de manière abusive : licenciements pour motifs personnels, transactions irrégulières, "démissions forcées"
etc
Voir notre dossier : Les "SSII-voyoues" (licenciements abusifs...etc)
PREVISIONS A COURT TERME (2004,2005
)
Des prévisions TRES contrastées pour l’année
2004
qui témoignent probablement de ces pratiques trop fréquentes
de gestion abusive des ressources humaines dans nos SSII : d’un côté
des licenciements (ou transactions) de collaborateurs jugés "pas
assez employables" ou "trop chers", d’un autre côté
des recrutements de nouveaux collaborateurs plus "adaptés"
Alors qu’une petite reprise, parfois jugée simplement "technique",
des recrutements se fait connaître depuis le dernier trimestre 2003 et
qu’une reprise des recrutements est anticipée progressivement en 2004,
certaines sources restent au contraire assez pessismistes :
D’après une enquête récente de 01/Forrester
Research (01informatique
du 14/11/03), 2/3 des grandes entreprises prévoient de réduire
leur équipes informatiques (salariés + prestataires) dans les mois
à venir et ce malgré les prémices d’une reprise de l’investissement
dans le secteur.
Prévision la plus récente : "Pour le Syntec, ces plans (de
restructuration) ne sont pas terminés : le nombre d’emplois devrait encore
diminuer de 3 à 4%
" (http://www.silicon.fr/click.asp?id=2233)
3 à 4% des effectifs du secteur représentent environ 10000 informaticiens
qu’il
faudra donc encore ajouter au chiffre des 50000 informaticiens actuellement au
chômage !
Ceci est hélas la meilleure preuve que le secteur peut retrouver une petite
croissance (telle qu’annoncée pour le syntec à partir de 2004)
tout
en supprimant des emplois !
Même si la reprise des investissements dans notre secteur, qui
joue tout de même sérieusement à l’arlésienne (
), finira bien par arriver
(le Syntec Informatique parle maintenant plus sérieusement de 2005 que
2004
), nous savons toutefois que les investissements informatiques seront
bien moins importants dans les années à venir en comparaison du boom des années
passées.
Les perspectives en sont donc d’autant plus incertaines pour l’emploi informatique
que ces investissements ne seront certainement pas assez importants pour bien
rééquilibrer le marché du travail (même avec des taux de croissance espérés
de 5-8% les prochaines années pour le secteur et plus généralement
avec une reprise de la croissance économique
) : l’époque des
recrutements massifs par les SSII est révolue et il faut bien considérer
les nombres important d’informaticiens actuellement au chômage et en intercontrat






















