Poussée de mécontentement syndical dans le secteur des Tic, entendez les technologies de l’information et de la communication. En cause, l’organisation jeudi chez Agoria (NdlR : la fédération belge multisectorielle de l’industrie technologique) d’un séminaire, en présence du secrétaire d’Etat Van Quickenborne, consacré à la nouvelle réglementation relative aux permis et aux cartes de travail pour les travailleurs étrangers. Un des volets moins connus du pacte de Solidarité entre les générations porte en effet sur l’assouplissement de certaines procédures concernant les permis de travail réservés aux « travailleurs de la connaissance ».
Pour les syndicats, qui ont mené des actions devant les bâtiments d’Agoria, cet assouplissement va contribuer « à promouvoir le dumping salarial et social et faire perdre des emplois » dans un secteur qui vient de traverser quelques années difficiles et dont certains des grands noms du secteur, HP et Sony en tête, réduisent actuellement la voilure dans notre pays. « Si cette réglementation est utilisée pour mettre en concurrence des travailleurs étrangers avec des travailleurs belges aux mêmes compétences mais bénéficiant de conditions de travail et salariales supérieures, cela s’appelle du dumping social », explique Bernadette Mussche, secrétaire SETCA. Et de pointer le doigt sur la problématique des informaticiens indiens qui, dixit les organisations syndicales, perçoivent des salaires de 30pc à 40pc inférieurs aux salaires en usage et travaillent parfois jusqu’à 14 heures par jour. « Ce n’est pas un problème de manque de compétences dans notre pays. Au niveau de Bruxelles et des 19 communes, il y a actuellement 700 à 800 ingénieurs indiens qui disposent d’un permis de travail. Dans le même temps, il y a 1700 informaticiens belges au chômage », poursuit-elle. Un constat déjà dressé il y a quelques semaines par Benoît Cerexhe (CDH), le ministre bruxellois de l’Économie et de l’Emploi.
Du côté d’Agoria, le son de cloche est évidemment radicalement différent. L’organisation patronale précise que cette nouvelle réglementation se limite à la suppression des permis de travail pour les travailleurs étrangers occupés dans les centres de coordination et les quartiers généraux de multinationales installées dans notre pays et ceux octroyés aux cadres et au personnel de recherche s’occupant explicitement de R&D. Agoria ajoute qu’elle se prononce clairement contre le dumping social, conteste le chiffre de 2000 informaticiens chômeurs en région bruxelloise et souligne que « nos entreprises doivent pouvoir faire appel à des travailleurs étrangers dans certains cas bien définis ». Alors, la peur du plombier polonais cédera-t-elle la place à celle de l’informaticien indien ? En tout cas, entre Agoria et les syndicats du secteur, le dialogue de sourds est total !






















