Conformément à nos statuts, notre neutralité nous oblige à nous abstenir de tout "parti pris" politique, c’est la raison pour laquelle il n’est évidemment pas dans nos prérogatives de conseiller nos membres dans leurs choix politiques !
Toutefois, le MUNCI étant essentiellement tourné vers le lobbying politique, il est normal de rendre des comptes (et de « rendre nos comptes » par la même occasion
) à l’occasion des échéances électorales mais aussi de donner notre avis sur certaines propositions actuelles des candidats à la présidentielle au regard de l’impact qu’elles pourraient avoir sur notre secteur et nos professions.
1) Les gouvernements Raffarin et De Villepin.
Commençons par un bref résumé de nos « relations » avec les gouvernements Raffarin et De Villepin, et des actions de ces derniers en rapport avec nos professions et notre secteur : elles se caractérisent toutes par une certaine MEDIOCRITE à l’image du dialogue social en France !
a) Courriers
Tout d’abord, nous n’avons jamais eu la chance ou l’honneur de recevoir des réponses directes de la part des ministères du Travail et de l’Industrie suite aux divers courriers que nous avons envoyés : un bel exemple de MEPRIS à l’égard de la société civile et du monde associatif en particulier
Il a fallu passer par des personnalités politiques plus ou moins proches des ministres concernés pour obtenir indirectement certaines réponses.
A côté de çà, certains ministres se sont affichés plusieurs fois aux côté de Mr Mounet, président du Syntec Informatique.
Bref, c’est encore et toujours la France d’en haut et la France d’en bas !
Fort mécontents de ce déni de démocratie, nous avons écrit à plusieurs reprises au cabinet du Premier Ministre qui a eu l’amabilité de nous répondre rapidement en nous précisant que les courriers avaient été re-transmis aux ministères concernés, mais ceux-ci ont eu la suite que l’on connait
b) Demande de subvention
Le MUNCI étant une association nationale, nous avons adressé début 2006 un dossier de demande de subvention particulièrement soigné (dossier unique de subvention Cerfa) au ministère de l’Industrie et au ministère du Travail, non pas pour nous aider dans nos « activités de lobbying » (qui ne nécessitent pas de gros moyens
!) mais pour nous aider d’une part à salarier un permanent à temps partiel dans l’association (emploi aidé), d’autre part et surtout à développer l’offre de services professionnels auprès de nos membres (assistance juridique, accompagnement dans l’emploi et coaching de carrière, ateliers de formation, conseil aux indépendants
etc) face au désert syndical (et des IRP) que connaît notre secteur.
Bien entendu, il n’a jamais été question de demander des sommes exorbitantes, tout au plus quelques milliers d’euros !
Alors que tout le monde se plaint du très faible taux de syndicalisation en France et que l’idée d’un syndicalisme de services fait son chemin, nous espérions obtenir un minimum de soutien
Cruelle désillusion : nous n’avons MEME PAS obtenu de réponse de politesse de la part des deux ministères, ce qui est LAMENTABLE et totalement contraire aux usages !
Une fois de plus, les actes ne suivent absolument pas les belles paroles
A côté de çà, tant les syndicats représentatifs que de nombreuses associations culturelles et sportives reçoivent de leur côté beaucoup d’argent public (sans que l’on sache toujours très bien où va cet argent d’ailleurs
)
c) Questions au gouvernement
A deux reprises nous avons adressé indirectement des questions au gouvernement par l’intermédiaire de deux députés.
Question écrite au gouvernement : un observatoire social et économique pour le secteur des NTIC
Question orale au gouvernement : perspectives de l’emploi dans le secteur informatique
Si la réponse à la première question peut être jugée acceptable, celle donnée à la seconde fut d’une médiocrité assez stupéfiante.
d) Politiques publiques et prises de positions
Nous retiendrons surtout que les gouvernements Raffarin et De Villepin ont soutenu discrètement l’offshore à travers certaines actions et prises de position : Offshore informatique : chroniques de l’aveuglement et de la complaisance des pouvoirs politiques, publics et économiques
Aucune politique publique en faveur du développement des TIC, de l’industrie du logiciel et de l’emploi IT en particulier, n’est à relever.
Quelques points positifs toutefois :
les grands chantiers de l’e-administration (malgré l’annulation regrettable de « Accord 2 »)
L’informatique n’est pas un secteur connaissant des difficultés de recrutement (Journal Officiel du 03.08.2005) : malgré des pressions malhonnêtes (
), le gouvernement a tenu bon.
Ministère du travail - Circulaire relative au recrutement d’ingénieurs informaticiens étrangers : bien qu’intervenant TRES tardivement (plus de 2 ans après le début de la crise !), cette circulaire est venue opposer à nouveau la situation du marché du travail aux recrutements d’informaticiens étrangers.
EN CONCLUSION, nous pouvons dire que les gouvernements Raffarin et De Villepin ne resteront pas dans nos mémoires d’informaticiens, ou alors pas de manière très positive
A NOTER : face à de tels constats, et conscient de l’impasse dans laquelle se situe désormais le MUNCI en tant que « simple association professionnelle », l’Assemblée Générale du 31 mars 2007 a voté (à la quasi-unanimité) la transformation en syndicat professionnel dans les 12 mois. Un communiqué sera publié à cette occasion.
2) Elections régionales (mars 2004)
Nous avions écrit aux candidats à l’occasion des dernières élections régionales, les réponses obtenues figurent dans l’article : Elections régionales : courrier du MUNCI adressé aux candidats
3) Relations avec des personnalités ou groupes politiques
Deux personnalités politiques nous ont témoigné un réel soutien ces dernières années, et ce à différents niveaux (courriers, questions au gouvernement, participation à des rencontres parlementaires) :
Patrick Bloche, PS, député de Paris (XI, XIIe)
André Santini, UDF, député-maire d’Issy les Moulineaux (soutient le candidat UMP Nicolas Sarkozy à la présidentielle)
Tous deux sont co-présidents du groupe d’études des TIC à l’Assemblée Nationale.
Nous avons également rencontré le sénateur UMP René Tregouet en 2004.
Plus récemment, des sollicitations pour des questions au gouvernement ont été faites auprès du groupe politique PC (Mr Bocquet) et des Verts (Mme Billard)
pas même une réponse de politesse.
4) Relations avec les partis politiques
C’est là que le mât blesse le plus sérieusement
Dans une démocratie digne de ce nom, et à l’approche d’une échéance électorale aussi importante que l’élection présidentielle, on pourrait penser que nos partis politiques aient l’intelligence et fassent l’effort de consulter les représentants de la société civile et du monde du travail : syndicats, organisations et grandes associations
Pensez-vous ! Nos partis politiques n’ont visiblement pas besoin d’être à l’écoute
Nous n’avons jamais reçu la moindre invitation de la part d’un parti politique, à une exception notable : l’UDF.
En novembre 2005, le bureau des jeunes de l’UDF nous a invité au siège du parti à Paris pour une rencontre au cours de laquelle nous avons pu exposer certains constats. Un conseiller de François Bayrou était présent. Cette rencontre était la première d’une longue série de rencontres organisées par l’UDF en préparation de l’élection présidentielle.
Quelques semaines après cette rencontre : F.BAYROU (pdt UDF) : "Il y a un très grand nombre d’informaticiens au chômage..."
De notre côté, une tentative de prise de rendez-vous a été faite plus récemment auprès du PS, elle est demeurée vaine à ce jour
Aucune demande de contact n’a été faite auprès de partis d’extrême droite ou d’extrême gauche.
5) Commentaires à propos de certaines propositions des candidats à la présidentielle
Nous retiendrons surtout que le candidat UMP Nicolas Sarkozy et le candidat UDF François Bayrou défendent le projet d’un contrat de travail unique.
Nous sommes résolument opposés à cette idée, qui peut s’avérer réellement dangereuse dans le cadre des services informatiques (licenciements pendant l’intercontrat
)
A lire à ce sujet :
Contrat unique et contrat de mission, attention danger !
CNE et CPE risquent de désorganiser encore plus le marché de l’emploi
CONCLUSION : nous laissons nos membres et nos visiteurs seuls juges pour tirer d’éventuelles conséquences de tout ce qui précède à l’occasion de l’élection présidentielle !
En ce qui nous concerne, nous ne pouvons que stigmatiser l’indifférence quasi-généralisée du monde politique en France vis-à-vis d’une association professionnelle telle que la notre, ce qui est un élément parmi d’autres de la crise du dialogue social dans notre pays.
La transformation en syndicat professionnel nous donnera, espérons-le, d’autres moyens de pression
Voir aussi : Journal des actions militantes (lobbying...) du Munci






















