MÉTHODE DE CALCUL :
1. Nombre moyen des demandeurs d’emploi en informatique entre 1998 et 2008 :
Moyenne effectuée à partir des 120 chiffres mensuels de janvier 1999 à décembre 2008 de la colonne "Systèmes d’information et de communication" des onglets Métier_V3 A et Métier_V3 ABC des séries mensuelles nationales brutes du chômage en France (source : Dares/Pole Emploi) :
23 750 inscrits Cat. A
29 370 inscrits Cat. ABC
A noter que ce dernier chiffre est encore plus élevé si l’on se base sur le document suivant de la Dares : 2009-151 - Les tensions sur le marché du travail par familles professionnelles de 1998 à 2008.
En effet, à la page 89 du document (93 du pdf), nous lisons le chiffre moyen mensuel de 41 125 demandeurs d’emploi en informatique entre 1998 et 2008.
Plus précisément :
Employés et opérateurs de l’informatique : 4 935
Techniciens de l’informatique : 19 478
Ingénieurs de l’informatique : 16 713
2. Volume moyen des effectifs d’informaticiens entre 1998 et 2008 :
Ce chiffre est beaucoup plus approximatif car nous ne disposons pas des données annuelles exactes des effectifs d’informaticiens sur les dix dernières années.
Nous ne pouvons qu’établir une moyenne arithmétique à partir des chiffres connus de l’année 1998 et de l’année 2008 (tout en sachant que l’évolution des effectifs n’a pas été linéaire entre ces 2 années
) :
Effectif 1998 : environ 300 000 (source : Portrait statistique 1982 - 2002 - M0 : Informaticiens, cf. tableau 1 et graphique 1 de la page 1, où l’on constate que les effectifs de la profession ont stagné à ce niveau entre 1993 et 1998)
Effectif 2008 : 515 479 (source : le même doc. de la Dares sus-mentionné, également à la page 89)
=> Effectif moyen approximatif des informaticiens entre 1998 et 2008 : 408 000 salariés et demandeurs d’emploi.
Remarque : il s’agit de l’effectif de la profession au sens Dares/Insee, à savoir le nombre de salariés et de demandeurs d’emploi (toutes catégories) dans les métiers de l’informatique.
Pour obtenir le nombre total des professionnels (ou actifs) de l’informatique, il faudrait rajouter les indépendants mais aussi, sous toute réserve (
), un certain nombre d’emplois d’informaticiens exerçant dans la fonction publique qui, au lieu d’être répertoriés parmi les "informaticiens" dans les enquêtes emploi de l’Insee, le seraient en réalité dans les "emplois administratifs". Soit 30 000 à 100 000 actifs supplémentaires (mais qui, de toute façon, ne sont pas pris en compte dans les chiffres du chômage puisque non inscrits à Pôle-emploi et non cotisants à l’Assedic).
3. Taux de chômage moyen des informaticiens entre 1998 et 2008 :
A partir des chiffres précédents (en 1 et 2), nous obtenons donc un taux de chômage moyen de la profession sur les "dix dernières années" compris entre 5,8% (inscrits cat.A) et 7,2% (inscrits toutes catégories).
4. Tensions moyennes sur le marché du travail en informatique entre 1998 et 2008 :
Toujours à partir du document de la Dares 2009-151 - Les tensions sur le marché du travail par familles professionnelles de 1998 à 2008, page 89 du document (93 du pdf), nous lisons que l’indicateur moyen des tensions sur notre marché du travail entre 1998 et 2008 est de 0,76 offres d’emploi déposées par demande d’emploi enregistrée mensuellement.
Plus précisément :
Employés et opérateurs de l’informatique : 0,52
Techniciens de l’informatique : 0,62
Ingénieurs de l’informatique : 1,07
Il se situe à un niveau à peine supérieur à l’indicateur moyen des tensions tous secteurs confondus (ensemble des 73 FAP retenues par la Dares) entre 1998 et 2008 qui est à 0,67...
Principaux écarts (cf. page 17 du document / 21 du pdf) :
Agriculture, marine, pêche : 1,8 offres par demandes d’emploi
Études et recherche : 0,24 offres par demandes d’emploi
Extrait pertinent de l’étude :
Page 10 du document (14 du pdf) :
“ On peut espérer que si l’offre s’accroît de manière importante sur un domaine ou une famille professionnelle, une diminution du nombre de demandeurs d’emploi s’en suivra. Mais, là encore, rien n’est automatique : une offre dynamique pour un métier peut créer des phénomènes d’appel (flexion).
Dans l’informatique (ou les industries de process) par exemple, de 1997 à 2002
l’augmentation de l’offre (et de l’emploi) s’était accompagnée d’une augmentation de la demande d’emploi : l’offre des employeurs a créé un appel auprès des chômeurs qui a parfois été au-delà de la capacité d’absorption des demandeurs d’emploi dans cette discipline
”
CONCLUSIONS :
1. Avec un taux de chômage moyen de la profession sur les "dix dernières années" (plus précisément entre 1998 et 2008) compris entre 5,8% (inscrits cat.A) et 7,2% (inscrits toutes catégories), notre marché du travail se situe, certes, à un niveau plus favorable que l’ensemble du marché du travail dont le taux de chômage moyen sur la même période se situe, quant à lui, à 9%.
Toutefois, nous constatons que, sur cette période de référence (marquée par 2 phases de croissance et 2 phases de récession du marché), le marché du travail en informatique n’est STRUCTURELLEMENT PAS UN MARCHE DE PLEIN EMPLOI (et encore moins, bien évidemment, un marché de "pénurie de main d’oeuvre" en langage politico-patronal ).
Le plein emploi dans nos professions n’a réellement été atteint qu’au cours des années 1998 à 2000, avec un nombre minimal record de 12 600 demandeurs d’emploi inscrits Cat. A en mai 1999 (soit un taux de chômage incompressible, dit également frictionnel, de l’ordre de 3-4%).
Plus précisément, sur les 120 derniers mois, nous constatons que le secteur n’a connu le plein emploi que pendant 24 mois environ, soit 20% du temps
ce qui signifie, a contrario, que pendant tout le reste du temps (80%), le secteur a connu un chômage structurel.
A l’inverse, nos professions ont subi un chômage de masse au cours des années 2002 à 2005, avec un nombre maximal record de 41 800 demandeurs d’emploi inscrits Cat. A en octobre 2003.
2. Avec un indicateur moyen des tensions sur notre marché du travail sur les "dix dernières années" (plus précisément entre 1998 et 2008) égal à 0,76 (offres d’emploi déposées par demande d’emploi enregistrée mensuellement), contre 0,67 sur l’ensemble du marché du travail, nous constatons que, sur cette période de référence, les TENSIONS sur notre marché du travail sont SENSIBLEMENT DU MÊME ORDRE que celles constatées sur l’ensemble du marché du travail.
De surcroît, l’indicateur moyen étant inférieur à l’unité (sauf pour les ingénieurs en informatique), nous constatons que le rapport moyen offres / demande est défavorable aux demandeurs d’emploi.
Globalement mieux donc vaut travailler dans l’agriculture que dans l’informatique
et surtout que dans le domaine "Etudes et recherche" !
En dépit de ces réalités trop souvent méconnues et pourtant régulièrement mises en évidence par les statistiques publiques, l’emploi informatique continue à être perçu de façon généralement stéréotypée à travers un certain "profil-type" : celui de l’ingénieur informaticien, jeune et francilien, de préférence expérimenté (mais pas trop non plus
) avec des compétences bien adaptées à notre marché du travail.
Il est vrai que ce profil n’est généralement pas le plus en difficulté, même en période de crise
Mais c’est là une vision parisianiste et réductrice de la réalité puisque ce profil-type ne correspond grosso-modo qu’à un tiers des postes.
Prochain dossier complet en cours de finalisation : "Les difficultés de recrutement dans l’informatique : entre mythe et réalités
"






















