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par MUNCI, le 24 mai
Bonjour, Nous avons rajouté des réponses supplémentaires dans le texte. Cdlt.


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MOTS-CLES

Commerce international : le double jeu de l’Inde
Rubrique : DOSSIERS, POSITIONS > Offshore, délocalisations
Mots-clés : Offshore indien
Publié le 1er octobre 2003
Nombre de visiteurs uniques : 6775


L’Inde, qui assure 80% de la sous-traitance informatique mondiale, ne joue pas le jeu de son côté  : c’est un pays très protectionniste !

A la tête d’un groupe de pays émergents, l’Inde a refusé d’ouvrir certains de ses marchés à la concurrence (agriculture, sujets de Singapour…) lors de la conférence de Cancun, ce qui a provoqué l’échec des négociations.

Le lobbying de l’Inde en faveur de l’offshore outsourcing (délocalisations informatiques) ne fait que s’amplifier auprès des puissances occidentales, en particulier auprès de l’UE et de la France (avec certains relais politiques au sénat notamment, tel que le forum d’initiatives franco-indien).
A lire : L’Inde vante les délocalisations de services informatiques… en Inde (Libération 05/12/03)

L’Inde réclame ET OBTIENT dans le cadre des négociations "multilatérales" ( ?) de l’AGCS (à lire : AGCS, les demandes de l’Inde à l’OMC) la plus grande ouverture possible des marchés américains et européens de services (essentiellement informatiques)…et fait preuve parallèlement d’un protectionnisme croissant sur ses propres marchés ! Mais la question mérite finalement d’être posée : qui a tort, qui a raison dans l’histoire… ?
L’UE ne fait que renforcer ainsi le modèle inégalitaire du développement sur lequel reposent l’offshore et l’onshore.

Il reste à espérer maintenant que les Etats-Unis et l’Europe sauront tirer les conséquences de ce protectionnisme radical de l’Inde affiché pendant la conférence de Cancun ainsi que des conditions persistantes de la guerre monétaire.
Rien n’est moins sûr du côté de Bruxelles…

_______________________________________________________________

 

Article Le Temps : L’Inde érige en « triomphe » l’échec du sommet de l’OMC (Richard Werly, New Delhi, Mercredi 17 septembre 2003)
Extraits :
"En contribuant à bloquer les négociations de Cancun et en érigeant l’Organisation mondiale du commerce en bouc émissaire, New Delhi porte aussi un coup aux réformes en cours. La tendance est au protectionnisme face à une concurrence étrangère, surtout en provenance de Chine, qui fait de l’ombre aux groupes locaux."
"La presse indienne s’est trouvé un nouveau héros. Présenté comme l’un des architectes de l’échec « cinglant », dimanche, du sommet de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Cancun, le négociateur indien Arun Jaitley est devenu le symbole de la « résistance économique » dont les actuelles autorités de New Delhi ont fait leur mot d’ordre…"
"Dans le débat sur l’OMC, le silence des ténors indiens du secteur en plein boom de l’informatique n’est bien sûr pas dû au hasard. Le débat, du côté non agricole, a été monopolisé par la très conservatrice et très clanique Confédération de l’industrie indienne, représentante du patronat traditionnel. Les nouveaux magnats de l’informatique, qui surfent sur les délocalisations de services en provenance des pays riches vers Bangalore, Bombay ou Chennai (Madras), ne se sont, eux, guère exprimés…"

A propos du protectionnisme de l’Inde…

Instructif : voir le pdf de cette fiche de synthèse du Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie - Direction des relations économiques extérieures
Extraits :
"
En matière d’accès au marché pour les produits non agricoles, l’Inde se caractérise encore par des droits de douane élevés (+ de 30 % en moyenne sur la période 1997-2001).
Sur son propre marché (NDLR : des services), l’Inde est peu ouverte  : elle n’a accepté d’engagements, souvent limités, que dans 33 sous-secteurs sur les 161 existants. Très généralement, ces engagements sont une simple consolidation de législations déjà en vigueur. Il n’est cependant pas exclu que, compte tenu de son intérêt renouvelé pour la libéralisation des services à l’étranger, l’Inde fasse un geste, au moins en consolidant au niveau multilatéral certaines mesures de libéralisation déjà décidées.
En ce qui concerne les règles des négociations commerciales, l’Inde défend des positions attachées à la souveraineté nationale, que ce soit par sa prudence dans le domaine du règlement des différends ou par ses positions sur la réforme de l’accord antidumping. Elle est traditionnellement opposée à l’ouverture de discussions multilatérales sur les sujets dits de Singapour (investissement, facilitation du commerce, concurrence et transparence des marchés publics), même si une certaine ouverture a pu sembler se dessiner récemment. Enfin, elle est l’un des adversaires les plus décidés à l’ouverture dans le cadre de l’OMC de discussions sur les liens entre commerce et environnement ou normes sociales."

A lire :
OMC - Malgré la demande de Robert Zoellick (Etats-Unis), l’Inde refuse d’ouvrir son marché agricole (16/02/2004)

L’Inde est aussi un pays extrêmement bureaucratique ce qui rend particulièrement difficile la possibilité pour une entreprise étrangère de pouvoir s’y implanter.
Il est tout aussi difficile voire impossible pour un informaticien étranger d’aller exercer dans ce pays malgré leur pénurie de ressources IT… ! (Cf. cet article)
Enfin, l’Inde comme à être attaquée à l’OMC sur les régles anti-dumping (Cf. L’UE saisit l’OMC contre les restrictions indiennes à l’importation, EU complains to WTO about India).
A noter également l’ouverture des syndicats indiens pour un dialogue avec les syndicats européens (Cf. article Courrier International)

L’Offshore repose sur un modèle INEGALITAIRE du développement.

Dans ces pays émergent comme l’Inde ou la Chine, c’est justement parceque l’immense majorité de la population vit dans la pauvreté (admise en Inde avec le système des castes) que le niveau général des prix y est aussi bas, que la monnaie y est volontairement aussi faible…et que le secteur high-tech y est aussi compétitif…
Tandis que la stratégie chinoise repose sur le maintien, musclé, de la stabilité d’un pays dont une partie décolle tandis que l’immense majorité demeure dans le dénuement, l’Inde le pourra-t-elle avec ses 300 millions de miséreux (qui disposent de moins de 1 dollar par jour) et ses enfants mal nourris et illettrés (un sur trois) ? Avec ses 250 millions de familles d’agriculteurs qui vivent de rien  ?
Voir cet article de Alternatives Economiques de Décembre 2003 : une spécialisation sur fond d’inégalités (dossier complet  : http://www.alternatives-economiques.fr/site/220_003.html)
Ce modèle inégalitaire du développement est renforcé par le maintien d’une guerre monétaire entre pays riches et pays émergent.
De plus l’offshore bénéficie surtout à des intérêt financiers minoritaires au détriment de l’affectation des ressources à la modernisation et au développement de ces pays émergent.

PRINCIPAUX LOBBIES INDIENS DANS LES NTIC :
http://www.nasscom.org/
http://www.ciol.com/
http://www.ciionline.org/
http://www.cii-eu.org/


Annexes, à lire :

- Délocalisations et...guerre monétaire internationale



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