L’AFDEL - Association Française des Editeurs de Logiciels s’est fixée trois missions principales : « entretenir des relations privilégiées avec le secteur public, évaluer et cartographier l’activité des éditeurs de logiciels sur le territoire national, et fédérer les acteurs du secteur autour d’un esprit de communauté ».
La naissance de l’AFDEL en France intervient simultanément avec celle de l’ESA - European Software Association qui n’est autre que le prolongement européen de l’AFDEL et qui ambitionne de « devenir le principal interlocuteur auprès des institutions de l’Union européenne, des médias et du grand public sur les questions touchant l’industrie du logiciel ».
Extraits pertinents des articles sus-mentionnés :
« … chercher à inciter les pouvoirs publics à faire plus confiance à des petits éditeurs »
« Certains investisseurs ou représentants d’administrations publiques estiment que nous avons perdu perdu la bataille face aux grosses entreprises américaines. Notre message est de dire que l’industrie française du logiciel n’est pas condamnée. Que nous avons des produits et services aussi bon si ce n’est meilleurs que les Américains et qu’il faut les prendre en compte »
« En France, il y a beaucoup de petits éditeurs qui travaillent seuls dans leur coin. Au sein de l’AFDEL, ils pourront désormais partager leurs expériences et parler d’une même voix. C’est en cela que nous voulons développer un esprit communautaire »
Sur tous ces points, et dans l’absolu, le MUNCI apporte son entier soutien à l’AFDEL !
Toutefois, de tels engagements risquent d’être difficiles à tenir avec, au sein de l’AFDEL et de l’ESA, des sociétés étrangères telles que Microsoft !
En effet, la présence de Microsoft au sein de ces 2 associations de lobbying (mais aussi de sociétés sud-africaine ou russe…) pose un sérieux problème quant à leur représentativité des éditeurs de logiciels européens en général.
L’AFDEL s’en défend en déclarant être ouverte à tout éditeur à partir du moment où celui-ci exerce des « activités de R&D en France »…
La présence de petites sociétés à côté de sociétés beaucoup plus importantes est au contraire un facteur intéressant, mais la question se pose aussi de savoir si les éditeurs de logiciels libres seront accueillis au même titre que les "propriétaires" dans ces 2 associations ? Pour le moment, force est de voir qu’aucun éditeur de logiciels libres n’y participe…
Par ailleurs, on notera que cette double initiative intervient seulement à quelques semaines du rejet de la directive européenne sur les brevets logiciels, notamment du fait de l’opposition de la majorité économique (celle des PME/PMI). L’AFDEL affirme cependant « ne pas avoir encore statué sur la brevetabilité des logiciels ».
Pour finir, F.Couchet, délégué général de l’APRIL, fait remarquer plusieurs choses intéressantes dans son blog :
Le domaine www.AFDEL.org a été enregistré avec les services de Microsoft, qui est membre de l’AFDEL, et avec ceux de la société d’avocats « De Gaulle Fleurance & Associés » qui a comme client la BSA.
Le porte parole de l’AFDEL est Jamal Labed, ancien porte parole de la Business Software Alliance (BSA), organisation mondiale luttant contre la piraterie des logiciels, très proche de Microsoft.
L’annonce de la création de cette association intervient à la veille d’une conférence (inscriptions closes à ce jour) intitulée « Les éditeurs de logiciels en France » sous le haut patronage du ministère des PME et du ministère de l’Industrie dont les principaux intervenants ne seront autres que plusieurs membres de l’AFDEL (et de l’ESA).
Le Syntec Informatique, qui était jusque-là la principale voix collective des éditeurs de logiciels en France (plus de 200 éditeurs affiliés…sur 3000 environ !) redoute que la multiplication des instances ne soit une source de confusion. « Nous marquons la plus grande réserve, il faut faire attention à ne pas disperser nos forces », a ainsi déclaré Jean Mounet, président du Syntec Informatique.
L’AFDEL réussira-t-il là où le Syntec Informatique a passablement échoué (à défaut de l’avoir vraiment tenté…) : mieux fédérer l’industrie logicielle française dans un esprit de communauté, mieux la défendre et mieux la promouvoir afin de créer un cercle vertueux pour l’économie du logiciel en France ?























