Mieux gérer nos carrières,
défendre ensemble nos intérêts.

« MUNCI est l'association professionnelle qui défend, en France, les intérêts collectifs des membres salariés (SSII Branche Syntec-Cicf, DSI...), indépendants et demandeurs d'emploi des professions informatique, web et télécoms (métiers du numérique) »

[Edito]

SONDAGE DU MOIS

(destiné uniquement aux professions IT... merci !)


NOS PARTENAIRES

D-Talents iDirect

   TOUS les PARTENAIRES du MUNCI

COMMENTAIRES - FORUMS

Derniers commentaires sur les articles :

[Presse] Les syndicats des opérateurs lancent la bataille contre Free
par seblultra, le 21 mai
Très objectif de publier que les articles à charges et pas ceux à décharges et les démentis. Mais bien sûr dans une continuité d’impartialité, ce (...)

Free mobile : non, les problèmes ne sont pas totalement résolus !
par Pascal, le 21 mai
Bienvenue au pays du libéralisme forcené ! Les problèmes techniques que vous pointez dépassent trés largement le champ de connaissances des (...)

Free mobile : non, les problèmes ne sont pas totalement résolus !
par MaxLeMans, le 21 mai
J’ai beaucoup de mal à vous suivre dans la mesure où vous indiquez que certains clients en itinérance rencontrent des difficultés et déconseillez de (...)


Derniers sujets sur les forums externes :

Les technologies mobiles dérèglent la journée de travail
par Regis, 21 Mai 2012, 19:32

Métiers de l'internet: "Plus une pénurie de compétences générales que de compétences techniques"
par marius, 21 Mai 2012, 16:42

Emploi : les sites d'annonces gratuites hors la loi
par marius, 21 Mai 2012, 16:33

Capgemini revalorise les salaires et se dote d'un Perco
par Gavroche, 20 Mai 2012, 18:41

GRH : des exemples de bonnes pratiques (Min. du Travail)
par Regis, 20 Mai 2012, 16:10

MOTS-CLES

Déclarations tortueuses de Nicole Fontaine, ministre déléguée à l’Industrie, en faveur de la "délocalisation positive" en Inde ! Actions du Munci...
Rubrique : ACTIONS, VIE DU MUNCI > Actions du Munci
Mots-clés : Offshore & Politique (France/UE)
Publié le 17 mars 2004
Nombre de visiteurs uniques : 2326


Bureau national du MUNCI, le 15/03/2004

http://www.weblmi.com/sections/arti...

Mme Nicole Fontaine invente peut-être le concept de "délocalisation positive"…mais une délocalisation reste une délocalisation. Il n’existe pas de délocalisations sans pertes d’emplois. Si c’est bien de partenariats technologiques entre l’Inde et la France dont il s’agit, il n’y a pas de raison de parler de délocalisations et d’outsourcing ! Face à une attitude jugée PROVOCATRICE ET DANGEREUSE pour nos professions, face aussi à l’indifférence du gouvernement devant L’EXPLOSION du chômage des informaticiens ces dernières années, le MUNCI va demander des clarifications à Mme Nicole Fontaine.
En lui rappelant que rien ne justifie fondamentalement les délocalisations dans notre secteur et en l’invitant par conséquent à ignorer le lobbying des réducteurs de coûts…
Il est urgent surtout de mettre en oeuvre des politiques économiques à long terme pour redonner collectivement à notre secteur et à la société toute entière les moyens du plein-emploi.


Visite de Nicole Fontaine, Ministre de l’Industrie, de l’Energie et des Télécommunications en Inde du 10 au 12 mars 2004

Deux ministres pour les délocalisations
http://permanent.nouvelobs.com/economie/20040312.OBS5790.html
NOUVELOBS.COM | 12.03.04

Nicole Fontaine, ministre française déléguée à l’Industrie, a estimé vendredi 12 mars, à l’issue d’une visite en Inde, que certaines délocalisations d’entreprises peuvent être positives si elles permettent d’étendre des activités au lieu d’aboutir à des suppressions d’emplois. "La France n’a pas vraiment de problèmes avec ce type de phénomène mais il faut être attentif à donner une bonne signification au terme délocalisation", a dit Mme Fontaine lors d’une conférence de presse à New Delhi.
Elle s’est inquiétée de situations où des entreprises transfèrent l’intégralité de leurs activités hors de France en supprimant la totalité des emplois.
En revanche, "la délocalisation positive, à l’inverse de la première, ravageuse", peut favoriser une extension d’activités et l’ouverture d’une filiale à l’étranger. "Dans ce cas de figure, il n’y a pas de perte d’emplois".

S’exprimant en présence d’Arun Shourie, ministre indien des Nouvelles technologies et des Communications, Mme Fontaine a déclaré : "nous avons un intérêt commun, bien compris, d’encourager ce type de développement, en particulier pour les petites et moyennes entreprises indiennes et françaises".

__________________________________________________________

Shourie terms outsourcing as partnership
http://sify.com/finance/fullstory.php?id=13427869

’’ French Minister for Industry, Energy and Telecom Nicole Fontaine said his country has been encouraging the ’’outsourcing’’ activity and added that "French companies have benefitted from such jobs".
Shourie said there have been joint agreements between the two countries where there will be exchanges of young IT professionals between the two countries.

__________________________________________________________

Outsourcing is partnership, says French Minister
http://www.hindu.com/2004/03/14/stories/2004031401330900.htm
The Hindu, Sunday, Mar 14, 2004

"In the midst of the raging global controversy over outsourcing, the visiting French Industry and Energy Minister, Nicole Fontaine, has described it as a "partnership" between two countries."

"
Specifically in the area of information technology, however, she was categorical that France was not really concerned about this aspect and did not expect outsourcing to India to become a threat in any way. It was only in sectors where jobs could possibly be lost by people who were not trained for any other work that it could possibly become an issue, she said."

Ms. Fontaine, who was cautious in her response to the question on outsourcing, reflected the European Union’s stance on the issue which was that operations would naturally shift to more efficient countries as part of the globalisation process.

During her stay in India, she would also visit the software park at Salt Lake City in West Bengal and the French company ATOS SEMA’s software facilities

_______________________________________________________

A noter que parallèlement, alors que les groupements professionnels de l’électronique redoutent une division par 2 des emplois d’ici 2006 dans leur secteur du fait des délocalisations (cf. http://www.drakkaronline.com/Actualite/Detail_Actu.asp?ID_Actu=31237), Mme Fontaine, après les avoir reçu, a confirmé la "reconnaissance par le gouvernement du caractère stratégique de cette industrie pour l’économie du pays" et a décidé de créer un groupe de travail ’Industrie électronique’, entre représentants de la filière et du ministère.
…à quand le tour des services informatiques ?

A noter également que quelques jours après cette visite en Inde de Nicole Fontaine, le gouvernement indien cherche à recruter des indiens francophones pour "rechercher de nouveaux jobs d’outsourcing"…
Voir cet article assez édifiant : India to tap French-speakers to capture new outsourcing jobs

_______________________________________________________

Commentaires MUNCI :

1) Les déclarations tortueuses de Nicole Fontaine désignent entre autres, assez clairement mais sans le nommer directement, l’offshore ("outsourcing") tout en cherchant de diverses manières à admettre et même encourager ces pratiques dans le cadre des relations commerciales franco-indiennes et de la "coopération technologique" entre nos 2 pays…

Nicole Fontaine reprend en effet à son compte certains arguments des lobbies de l’offshore qui consistent à dire :

a- qu’il ne s’agit pas de délocalisations en tant que telles mais simplement de relations commerciales et même de "partenariats"
("il faut être attentif à donner une bonne signification au terme délocalisation"
"Outsourcing is partnership")
Ce à quoi nous répondons que l’offshore existe en effet principalement sous 2 formes :
. celle basée sur des relations commerciales directes entre un client local et un prestataire offshore (les seules, d’ailleurs, qui sont prises en compte dans les études)
. celles d’externalisations menées (directement via des filiales ou indirectement via des sous-traitants) par des sociétés informatiques locales (SSII, éditeurs)
Si le terme de "délocalisation" convient en effet surtout au 2eme cas, le premier consiste quant à lui en un dumping sur les prix offrant une concurrence sauvage, abusive et déloyale à nos SSII locales comme à nous autres informaticiens victimes d’une explosion du chômage dans notre secteur depuis près de 3 ans. Alors que certains secteurs bénéficient d’une réglementation protectrice (ex. agriculture…), les prestations intellectuelles quant à elles sont soumises au libre-échangisme le plus total.
L’important est surtout de rappeler que dans les 2 cas, les effets sont évidemment les mêmes sur l’emploi !

b- que l’offshore n’est pas destructeur d’emplois
("la délocalisation positive, à l’inverse de la première, ravageuse", peut favoriser une extension d’activités et l’ouverture d’une filiale à l’étranger, dans ce cas de figure, il n’y a pas de perte d’emplois").
Ce discours est tout aussi trompeur car il consiste à déplacer le problème de l’offshore et des pertes d’emplois sur celui de cette fameuse "coopération franco-indienne dans les NTIC" qui prend notamment la forme de création de filiales de nos sociétés informatiques en Inde (Valtech, Cgey, Atos…etc). Dans le secteur informatique, cette "coopération" est donc à sens unique et ce sens est celui des délocalisations offshore : chacun sait que "l’informatique française", elle, ne s’exporte pas (ou si peu ) en Inde…qui n’en a pas spécialement besoin !
Le discours de Nicole Fontaine vise aussi à jouer de manière assez provocatrice sur les mots : s’il n’y a pas forcément de pertes d’emploi directes avec l’offshore, il n’y a certainement pas de créations d’emplois en revanche…en tout cas pas en France !
En parlant ainsi "d’extension d’activités et l’ouverture d’une filiale à l’étranger", Madame Fontaine pensait sans-doute au centre de développement d’ATOS SEMA à Bombay, fort de ses 1000 informaticiens indiens, qu’elle a visité au cours de son séjour en Inde.
Mais il s’agit bien là précisément d’emplois qualifiés de développeurs qui sont délocalisés pour les besoins des clients occidentaux…

- En affirmant :
"La France n’a pas vraiment de problèmes avec ce type de phénomène"
et "Specifically in the area of information technology, however, she was categorical that France was not really concerned about this aspect and did not expect outsourcing to India to become a threat in any way. It was only in sectors where jobs could possibly be lost by people who were not trained for any other work that it could possibly become an issue, she said.",

Nicole Fontaine sous-estime (sciemment ??) à son tour l’impact de l’offshore en France sur l’emploi informatique dont les études montrent pourtant la forte croissance. Nous renvoyons nos visiteurs à notre dossier Offshore, chiffres et perspectives où nous expliquons pourquoi le véritable coût social de l’offshore en France est BIEN PLUS IMPORTANT que les estimations actuelles, probablement plus du double au moins avec un chiffre qui doit se situer entre 15000 à 20000 emplois perdus à la fin 2004.
Madame Fontaine a peut-être tendance à penser, elle ne serait hélas pas la seule, que les emplois d’informaticiens délocalisés sont peu qualifiés…ce à quoi nous répondons, au contraire, que les prestations délocalisées en offshore concernent des projets de plus en plus exigeants en compétences.
Mais peut-être faut-il désormais considérer les métiers de base de l’informatique tel que le métier de développeur comme des métiers peu qualifiés et sous-valorisés, c’est en tout cas le sentiment croissant d’un grand nombre d’informaticiens…

- En affirmant :
-"nous avons un intérêt commun, bien compris, d’encourager ce type de développement"
-"France has been encouraging the ’’outsourcing’’ activity and French companies have benefitted from such jobs"
Traduction => "la France a encouragé l’externalisation (offshore ???) et les entreprises françaises ont profité de ces emplois (délocalisés ???)
Cette phrase extrêmement équivoque de Nicole Fontaine sème le doute : veut-elle parler d’outsourcing offshore… ? Aux USA en tout cas, le terme "d’outsourcing" est désormais clairement associé à l’offshore…

- "Shourie said there have been joint agreements between the two countries where there will be exchanges of young IT professionals between the two countries".
Le MUNCI s’intérroge sur la nature de tels échanges étant donné qu’ils concernent de jeunes professionnels plutôt que des étudiants…
Nous espérons simplement qu’il n’est pas question ici d’une forme quelconque de dumping social telle que celles que nous connaissons parfois dans nos sociétés informatiques avec par exemple le problème des "stages abusifs" où des projets commerciaux sont confiés à des stagiaires dans le cadre de stages de longue durée et avec une certaine obligation de résultat…
Nous espérons également que de tels échanges n’ont rien à voir avec des prestations offshore !

2) Avec ces nouvelles déclarations, le doute n’est plus permis sur le rôle BIENVEILLANT du Gouvernement vis à vis des délocalisations offshore en Inde.
Jusqu’ici, on pouvait qualifier de plutôt "suspecte" et surtout discrète l’attitude française vis à vis de l’outsourcing en Inde, comme nous l’expliquons dans notre dossier "Le Gouvernement et certains syndicats patronaux suspectés d’encourager l’offshore"
où nous relatons la visite de Raffarin en Inde accompagné du PDG de Valtech (1er cas d’école en France pour l’offshore) pour représenter le secteur informatique et surtout sa remise d’une médaille au PDG d’Infosys (une des 1eres SSII indiennes assurant l’essentiel de son activité avec l’offshore) dont "l’action a contribué à renforcer les liens entre ces deux pays" sur décision du "groupe d’initiatives franco-indien" présidé par le sénateur Jean FRANÇOIS PONCET…

Loin de chercher à favoriser prioritairement la régionalisation de l’emploi Hitech ("nearshore" en province) et d’autres alternatives à l’offshore (sociétés-coopératives, réseaux d’indépendants, télétravail…etc), Nicole Fontaine semble continuer à ignorer sciemment l’explosion du chômage dans notre secteur depuis près de 3 ans (ce qui pouvait être déjà perçu par cette réponse contournant la question étrange du sénateur Tregouet et qui renvoie le problème du marché de l’emploi informatique à des "tensions prévisibles à court-moyen terme" en se basant sur un rapport du Commissariat au Plan qui date de Novembre 2002 et qui prédisait alors des années continues de forte croissance pour le secteur informatique…Voir aussi : http://forums.MUNCI.org/viewtopic.php?t=911) mais elle prend le parti d’aller à contre courant de la tendance croissance aux USA visant à protéger les emplois hi-tech des délocalisations après les décisions en ce sens du sénat et d’un nombre croissant d’Etats, tendance qualifiée forcément de "protectionniste" par les commentateurs (à défaut d’être plus simplement et légitimement….protectrice pour l’emploi) et qui est au coeur de la campagne présidentielle.

3) Pour le MUNCI, cette attitude devient réellement PROVOCATRICE ET DANGEREUSE pour nos professions, il est temps qu’elle soit clarifiée par le gouvernement !

Des actions sont en cours :

- Nous allons diffuser un communiqué qui va demander précisément au gouvernement de clarifier ses positions
- Nous allons écrire directement à Nicole Fontaine pour lui demander de s’expliquer

- Nous avons demandé à un député de poser une question ORALE au gouvernement sur la question du marché de l’emploi informatique, de l’offshore et de l’AGCS. Cette question sera posée début mai à l’assemblée.
(notez que nous avons également demandé à un autre député de saisir le gouvernement par une question écrite concernant les contrats de mission…)

- Nous avons écris à tous les candidats aux élections régionales pour leur demander de favoriser la régionalisation de l’emploi hi-tech comme alternative à l’offshore :
Voir notre article.
(Ce courrier a fait l’objet d’une évocation dans Les Echos du 03/03/04 :"La résistible tentation des délocalisations")

_______________________________________________

A lire :

Offshore, chiffres et perspectives
"Le Gouvernement et certains syndicats patronaux suspectés d’encourager l’offshore"
Emploi informatique : les chiffres-clés


NOTE MOYENNE DES INTERNAUTES :
Note : 1Note : 2Note : 3Note : 4Note : 5(0 - 0 vote)


(notez l'article en cliquant sur l'etoile de votre choix puis sur Voter)









Version imprimable de cet article Version PDF de cet article

   

Article précédent : Rencontre avec Patrick Bloche, député-maire de Paris
Article suivant : Elections régionales : courrier du MUNCI adressé aux candidats
Vos commentaires

Commenter cet article