Revue de presse :
PLF 2009 : zéro crédits pour l’allocation de fin de formation
L’ARF juge "inadmissible" la suppression des crédits dédiés à l’allocation de fin de formation
Certaines décisions du Gouvernement passent inaperçues mais pas pour tout le monde.
Le Projet de Loi de Finances pour 2009 supprime la prise en charge par l’Etat de l’allocation de fin de formation (AFF) créée en 2001, qui bénéficie aux chômeurs encore en formation ayant épuisé leurs droits à indemnisation de l’assurance-chômage : dans le cas de formation assez longues, telles que les formations diplômantes, cette allocation est bien souvent une nécessité pour qu’un chômeur puisse suivre sa formation jusqu’au bout
Le Gouvernement se justifie en rappelant que l’Etat avait pris cette dépense à sa charge « dans un contexte financier alors très difficile pour l’Unedic ». Ce qui n’est plus le cas, puisque le régime dégage un excédent annuel de l’ordre de 5 milliards d’euros.
Il faut donc espérer que l’Assedic ou les régions combleront le vide, ce qui est loin d’être assuré
A l’heure où le chômage devrait fortement progresser dans les temps à venir, c’est là une bien mauvaise nouvelle.
Mais ce n’est pas tout
Celle allocation est versée aux chômeurs en fin de droits uniquement dans le cas des formations correspondant aux "métiers en tension", ce qui est le cas pour la plupart des métiers de l’informatique.
Or, c’est précisément la même liste officielle des "métiers en tension" qui est ouverte à l’immigration économique.
Au passage, il est intéressant d’expliquer comment cette liste des métiers connaissant des difficultés particulières de recrutement a été établie.
C’est en fait en fonction du différentiel entre les demandes et les offres d’emploi : grosso-modo, si ces dernières sont supérieures aux premières dans un métier donné, celui-ci est considéré "en tension" et ouvert à l’immigration.
Or, chacun sait que dans l’informatique, il existe un surnombre fictif d’offres d’emploi (annonces marketing, stockage de CV, démultiplication de la même annonce par différentes sociétés répondant à un même appel d’offre
soit autant de recrutements abandonnés par la suite), si bien que le volume des offres d’emplois est artificiellement gonflé par rapport aux demandes d’emplois !
Comme quoi les calculs du Ministère de l’immigration montrent très vite leur limites !!
Rappelons par ailleurs qu’il y a encore de nombreux informaticiens au chômage.
Dans le cas de l’informatique, il existe trois grandes familles de codes-ROME pour la classification des métiers (qui, au passage, ne correspondent pas à grand chose
et ce d’autant plus que l’on retrouve parfois exactement les mêmes fonctions dans chacune des 3 familles !) :
32311 : informatique d’exploitation
32321 : informaticien d’étude
32331 : informaticien expert
Première "incohérence" scandaleuse : alors qu’il existe des listes régionales pour chacun des métiers en tension, celles-ci sont valables uniquement pour les chômeurs en AFF.
Par contre, il existe une seule liste nationale, avec les mêmes métiers, ouverte à l’immigration économique dans laquelle on retrouve, dans le cas de l’informatique, les métiers appartenant aux code ROME 32321 (informaticien d’étude) et 32331 (informaticien expert).
Traduction : si un chômeur de Lozère a besoin de l’AFF pour suivre une formation au métier de développeur en Ile de France, il ne le pourra pas (bel encouragement à la mobilité géographique et professionnelle
).
Par contre, si un informaticien étranger veut occuper le même poste
de développeur n’importe où en France, il n’y aura pas d’opposabilité.
Mais ceci peut apparaitre comme un détail au regard de la "suppression voilée" de cette AFF qui sous-tend, en fin de compte, que le Gouvernement privilégie l’immigration économique à la formation des chômeurs les plus en difficulté pour les "métiers en tension".
SCANDALEUX !






















