LES MÉTIERS EN 2015 : l’impact du départ des générations du baby-boom
Décembre 2005
(page 8)
Les FAP par domaines professionnels
M. Informaticiens
Nombres d’emploi 2015 : 604 000
Création nette d’emplois 2005-2015 (1) : 149 000
Départ de l’emploi 2005-2015 (2) : 58 000
Postes à pourvoir entre 2005-2015 (1) + (2) : 207 000
Commentaires :
1. Première aberration :
Si le CG du Plan estime que le nombre d’emplois d’informaticiens en France sera de 604 000 en 2015 avec 149 000 création d’emplois nettes les 10 années précédentes, c’est que ce nombre est évalué à 455 000 en 2005 : chiffre en-deçà des réalités puisqu’il y a environ 550 000 à 600 000 informaticiens (ou plutôt "professionnels de l’informatique et des télécoms") en France comme nous l’expliquons ici
Mais ce n’est pas nouveau : les pouvoirs publics sont toujours incapables d’évaluer correctement l’emploi informatique en France.
2. Deuxième aberration :
Le CG du Plan anticipe environ 15 000 créations d’emplois nettes par an entre 2005 et 2015.
Or, que constatons-nous actuellement ?
. Selon le syntec : entre 6000 et 8000 créations nettes dans les services en 2005 (pour 30 000 recrutements bruts) le tout avec une bonne croissance de +6% à +7% qui, après celle de 2004 (+4%), rattrape la régression des années 2002 et 2003
mais rien ne dit que cette croissance va perdurer au même niveau ces prochaines années !
. Selon l’Apec : une diminution (dans le meilleur des cas stagnation) des recrutements chez les utilisateurs : -30% en 2004 tandis que parallèlement le recrutement dans les SSII augmentait lui dans les mêmes proportions.
Aussi, sur 10 ans, et dans le meilleur des cas, on voir mal comment on pourrait dépasser les 80 000 à 100 000 créations d’emplois nettes
et non pas 149 000 !!
Et c’est sans compter sur les risques qui pèsent de façon croissante sur l’emploi avec le développement de l’offshore, de l’industrialisation des services, de la concentration du secteur
etc (voir : Perspectives incertaines pour l’emploi dans le secteur à moyen terme)
Ce n’est pas tout ..
Il y a 3 ans, voilà ce que nous disait déjà le CG du Plan :
Avenirs des métiers - Rapport du groupe « Prospective des métiers et qualifications »
_ Décembre 2002
Annexe 2 (page 157)
Perspectives d’emploi liées à des créations de postes et aux départs en retraite
Sur l’ensemble de la période 2000-2010
M0- informaticiens
Emploi 2010 : 590 000
Créations nettes d’emplois (milliers) : 204 400
Besoins de remplacement liés aux départs en retraite : 56 000
Taux de croissance de l’emploi : 53 %
1. Première (grosse) aberration :
Si le CG du Plan estime que le nombre d’emplois d’informaticiens en France sera de 590 000 en 2010 avec 204 400 création d’emplois nettes les 10 années précédentes, c’est que ce nombre était évalué seulement à 385 600 en 2000 !!! Chiffre TRES en-deçà des réalités puisque c’est précisément au cours des années 2000, 2001 que l’effectif des informaticiens en France était à son sommet (sans-doute plus de 600 000) avant de diminuer assez fortement au cours des années de crise 2002 et 2003.
2. Deuxième aberration :
A mi-parcours, on est loin, bien loin des 204 400 créations d’emplois nettes
Mais il est vrai qu’à l’époque, le CG du Plan n’a pas été le seul à s’illuster par des prévisions qui se sont avérées aussi médiocres !
Le problème, c’est nos dirigeants politiques et économiques s’appuient sur de telles prévisions pour légitimer l’offshore, l’onshore et les migrations économiques
!!!
Voir en effet les pages 23 et 34 de ce rapport public de janvier 2006 « Immigration sélective et besoins de l’économie française »
MAJ 23/02/2006 :
A noter que la DEP (Ministère de l’Education Nationale) vient de publier une étude complémentaire à celle du CG du Plan sur la prospective des métiers à l’horizon 2015 (reprenant des sources du BIPE).
Le tableau 7 ("Les recrutements par domaine professionnel au cours de la période 2002-2015") à la page 5 fait apparaître des résultats très intéressants :
Non seulement le secteur informatique est un des domaines professionnels où le "besoin de recrutement net" (colonne centrale) sera le plus bas parmi tous les secteurs étudiés (avec le domaine "Communication, Information, Spectacles
), mais de surcroît on note ceci d’intéressant :
la "variation du stock due à la croissance du PIB" (colonne 1) est le seul facteur influençant les besoins de recrutements nets puisque les (très faibles) "départs à la retraite" sont compensés par les (tout aussi faibles) "autres mouvements",
ce facteur est lui même parfaitement compensé par les "sorties du système éducatif" (dernière colonne) comme facteur satisfaisant les besoins de recrutements nets.
En d’autres termes, cette étude montre que les besoins en recrutements nets seront PARFAITEMENT compensés par les promotions de jeunes diplômés arrivant chaque année sur le marché du travail.
Ce qui devrait en théorie calmer certaines ardeurs irrationnelles






















