Mieux gérer nos carrières,
défendre ensemble nos intérêts.

« MUNCI est l'association professionnelle qui défend, en France, les intérêts collectifs des membres salariés (SSII Branche Syntec-Cicf, DSI...), indépendants et demandeurs d'emploi des professions informatique, web et télécoms (métiers du numérique) »

[Edito]

SONDAGE DU MOIS

(destiné uniquement aux professions IT... merci !)


NOS PARTENAIRES

D-Talents iDirect

   TOUS les PARTENAIRES du MUNCI

COMMENTAIRES - FORUMS

Derniers commentaires sur les articles :

Free mobile : non, les problèmes ne sont pas totalement résolus !
par Sergio73, le 22 mai
Bonjour, Je suis relativement surpris par le coté "à charge" de cet article. Il est vrai que le réseau de Free a souffert de disfonctionnement à ses (...)

Effectivement, les problèmes ne sont pas totalement résolus ...
par Julien G, le 22 mai
Je suis d’accord sur un point, si les appels émis entre 18 et 20h sont en grande partie résolus, il n’en demeure pas moins pour les appels reçus ... (...)

[Presse] Les syndicats des opérateurs lancent la bataille contre Free
par MUNCI, le 21 mai
Bonjour, L’article a été mis à jour avec quelques articles "à décharge" (pour reprendre votre expression...). Si vous voyez d’autres (...)


Derniers sujets sur les forums externes :

Les technologies mobiles dérèglent la journée de travail
par Gavroche, 22 Mai 2012, 07:26

Métiers de l'internet: "Plus une pénurie de compétences générales que de compétences techniques"
par marius, 21 Mai 2012, 16:42

Emploi : les sites d'annonces gratuites hors la loi
par marius, 21 Mai 2012, 16:33

Capgemini revalorise les salaires et se dote d'un Perco
par Gavroche, 20 Mai 2012, 18:41

GRH : des exemples de bonnes pratiques (Min. du Travail)
par Regis, 20 Mai 2012, 16:10

MOTS-CLES

Enquête "Unedic BMO 2006" : l’eternel retour du mythe de la penurie d’informaticiens
Rubrique : ACTUS, INFOS > Emploi, Marché(s) > Année 2007
Mots-clés : Chiffres emploi informatique / Difficultés de recrutement / Enquêtes BMO Pôle-emploi
Publié le 21 avril 2006
Nombre de visiteurs uniques : 4040


…et des prétendues "difficultés de recrutement" !
MUNCI, 21.04.2006
L’enquête annuelle BMO 2006 de l’Unedic-Credoc sur les besoins en main d’�uvre ne montre aucune évolution majeure par rapport à celle de l’an dernier concernant les recrutements d’informaticiens.
Pourtant, à la différence de l’an passé, de nombreux commentaires dans les médias se sont focalisés sur le « boom » des recrutements d’informaticiens et sur les prétendues difficultés à recruter dans notre secteur… sans faire preuve de beaucoup de discernement.
Qu’en est-il exactement ? L’analyse du MUNCI.


(Le texte de cet article va être résumé pour faire l’objet d’un communiqué diffusé massivement à la presse)

Ressources :

- BMO 2006-Introduction
- BMO 2006-Les publications
- BMO 2006-Les tableaux
- BMO 2006-Cadres informatiques
- BMO 2006-Informaticiens non cadres

Revue de presse :

- La pénurie d’informaticiens repointe à l’horizon
- Recrutement : embellie et difficultés confirmées par l’Unedic
- Recrutement : 40 000 embauches de cadres informaticiens en 2006
- Informatique : les intentions d’embauches se maintiennent en 2006
- Les embauches IT repartent mais toutes ne seront pas pourvues
- Les informaticiens très demandés


1] La même enquête avait donné les résultats suivants pour l’année 2005 :

- 28 155 projets de recrutements de cadres informaticiens, soit un peu moins que les prévisions du Syntec et de l’APEC (entre 30 600 à 34 500 informaticiens) + 5.872 informaticiens non-cadres.
- Avec 33% de difficultés à recruter, les cadres informaticiens faisaient alors partie des métiers dont les projets de recrutements présentaient les difficultés de recrutement… les plus basses.

Pari tenu ? Pas tout à fait : selon l’APEC, ce sont finalement 27 500 cadres informaticiens qui ont été recrutés (l’embellie n’a atteint « que » +10 % par rapport à 2004 alors que l’Apec s’attendait à une progression comprise entre 22 et 38 %)
Mais surtout, l’année s’est soldée par 8.000 à 10.000 créations nettes d’emploi, soit 3 fois moins que les recrutements bruts !
Et on est loin, très loin, des 48 000 offres d’emploi publiées sur l’année…


2] Qu’en est-il pour 2006 ?

- 30643 projets de recrutements de cadres informaticiens (soit une hausse d’environ 9% par rapport à 2005) auxquels il faut ajouter 6293 recrutements d’informaticiens non-cadres (soit une hausse d’environ 8% par rapport à 2005) rangés dans les « fonctions administratives » au même titre que les secrétaires, agents d’accueil… faut-il y voir un signe de la lente dévalorisation de nos métiers ? Les 20-25% d’informaticiens non cadres en France apprécieront…
L’Apec et le Syntec-Informatique évaluent quant à eux entre 36 800 et 39 800 le nombre de recrutements envisagés pour 2006.

- De 33% en 2005, la proportion de recrutements d’informaticiens annoncés en difficultés passe à 44% en 2006. En réalité, si l’on veut être plus rigoureux, le chiffre exact est de 41.6% en prenant en compte les informaticiens non cadres.
Ce bon "PHENOMENAL" de 8.6% ( !!!) place désormais les professions informatiques, et les cadres en particulier, parmi les 10 professions où les recrutements sont annoncés les plus difficiles (précisément la 10eme, ou la 9eme en ne prenant en compte que les cadres), et explique donc la récente "euphorie médiatique" concernant les "difficultés de recrutement dans l’informatique"…

Mais ce que les commentateurs n’ont pas dit, ou n’ont pas voulu dire, allant plutôt jusqu’à parler de « pénurie d’informaticiens », ce sont les faits suivant :
- Avec 41.6%, soit MOINS D’UNE ENTREPRISE SUR DEUX, les informaticiens sont tout simplement dans la moyenne des métiers où sont annoncées des difficultés (ou facilités) de recrutement !
A peine au-dessus (+6.5%) des professions commerciales qui font parties elles …des métiers où sont annoncés le moins de difficultés pour recruter.
- Les informaticiens non cadres figurent quand à eux parmi les professions où l’on recrute le plus facilement. Mais il est coutume de les oublier (APEC oblige)…
- Ces hausses de +8% à +11% n’ont évidemment rien de spectaculaires en soi…si ce n’est, il est vrai, qu’elles se situent plutôt à contre-courant de l’ensemble des résultats !


3] Des résultats parfois étranges…

Bassin d’emploi : HAUTS DE SEINE CENTRE
Projets de recrutements 2006 : 5655
Difficultés à recruter : 66 %

Bassin d’emploi : HAUTS DE SEINE SUD
Projets de recrutements 2006 : 5143
Difficultés à recruter : 35 %

Bassin d’emploi : SEINE SAINT-DENIS EST
Projets de recrutements 2006 : 451
Difficultés à recruter : 86 %

Bassin d’emploi : SEINE SAINT-DENIS OUEST
Projets de recrutements 2006 : 95
Difficultés à recruter : 0 %

ETONNANT : à quelques kms près, les « difficultés de recrutement » passent du simple au double dans un même département !!?


4] La DEMYSTIFICATION : pourquoi de prétendues « difficultés de recrutements » ?

- Parce que 85% des recrutements émanent des SSII qui obéissent à des logiques de recrutement bien particulières, à savoir principalement le recrutement de profils calibrés sur missions…
Le marché de la prestation de services, qui, au fil des externalisations et des projets sous-traités, ne cesse de se développer (au grand dam d’une majorité d’informaticiens qui refuse de plus en plus clairement cette « prestarisation » de la profession…) est, en effet, un marché de compétences de plus en plus exigeant, allant parfois jusqu’au cynisme.
Traduction : les SSII parlent de « difficultés de recrutement » dès qu’elles n’arrivent pas à recruter IMMEDIATEMENT CERTAINS PROFILS SUR MESURE (ces moutons à 5 pattes et autres spécialistes « rares ») AVEC DES SALAIRES « MODERES » (pour cause de réductions des coûts et de sous-traitance en cascade)
Paradoxalement, les seniors (+40 ans dans l’informatique…), qui sont les informaticiens les plus expérimentés, sont victimes d’une très forte discrimination à l’embauche, 5 fois plus importante que partout ailleurs.
Il est donc navrant de constater que d’aucun ne font toujours pas la différence entre une pénurie d’informaticiens imaginaire et certaines pénuries ou plutôt raretés de certaines compétences ou qualifications (plutôt rares sur le marché ou au contraire davantage recherchées que d’autres selon les cycles d’investissements…)
A lire : L’informaticien, généraliste ou (multi) spécialiste ?

- En raison de la répartition géographique très inégale de l’emploi hitech : celui-ci se concentre toujours plus en Ile de France (62 à 70%) ainsi secondairement qu’en Paca et Rhône-Alpes.
Forcément, les « difficultés de recrutement » se font surtout ressentir à travers ces 3 régions qui couvrent 75 à 80% de l’emploi IT à elles seules, à la différence de toutes les autres régions (et en particulier du Sud-ouest et de l’Ouest où elles sont particulièrement basses).
La régionalisation de l’emploi hitech (« nearshore » en province) n’est visiblement pas pour demain, clients et SSII lui préférant l’offshore dans les pays "low-cost" …

- Parce que ce sont principalement les SSII qui font état de difficultés de recrutement et non pas les entreprises utilisatrices…
Raison principale : les informaticiens les boudent de plus en plus !!

- Parce que crier à la « pénurie d’informaticiens » a toujours été un moyen stratégique pour les SSII et le Syntec de faire pression sur les pouvoirs publics afin d’obtenir une main d’�uvre bon marché quitte à réunir les conditions du dumping social (offshore, migrations économiques en onshore, recrutements de scientifiques formés à la va-vite avec parfois les fonds publics…)


5] Le DISCERNEMENT s’impose !

- Fin 2005, on dénombre entre 33 965 demandeurs d’emplois (cat.1) et 42 450 demandeurs d’emplois en informatique (cat.1+4+6) - chiffres ANPE/DARES - soit un taux de chômage sectoriel compris entre 7 et 8% (sur la base de 500 000 informaticiens).
Qui ose parler encore de « pénurie d’informaticiens »… ?

Par ailleurs, dans un secteur où 75% des informaticiens sont cadres, ce chiffre est à comparer au taux de chômage moyen des cadres en France qui est de l’ordre de 4.5%…
S’il est vrai que le chômage des informaticiens est en baisse depuis 2 ans, il faudra attendre au moins 2 à 3 ans pour revenir à la situation d’un marché du travail EQUILIBRE (= définition du plein emploi) comme en l’an 2000 où le taux de chômage sectoriel était d’environ 3% (sous réserve que le rythme actuel de décrue du chômage se poursuive au cours des années à venir, ce qui est loin d’être assuré).
Pour en savoir plus : Chiffres de l’emploi en informatique (chômage des informaticiens, offres d’emplois, recrutements)

- Le mythe de la « pénurie d’informaticiens » a déjà frappé : entre 1998 et 2001, tous les médias, analystes, économistes…etc en faisaient un fond de commerce régulier.
La « pénurie d’informaticiens », selon toutes les études prospectives, devait s’aggraver tout au long de la décennie. Bien mal leur en a pris : la conjoncture s’est brutalement retournée et le secteur a vécu en 2002 et 2003 deux années de régression avec plus de 25 000 licenciements (souvent abusifs en l’absence de plans sociaux).
Ce qui fut la pire crise de l’histoire de notre secteur est décrit aujourd’hui par certains comme un simple « creux conjoncturel »…
La « pénurie d’informaticiens » a fait place, en l’espace d’un an, au sureffectif d’informaticiens et le chômage des informaticiens a TRIPLE entre 2001 et 2004 ! Dans un silence assourdissant d’ailleurs : il est toujours très frappant de constater que les médias sont bien plus enclins à parler de « pénurie d’informaticiens » (même quand il n’en y a pas) plutôt que du chômage des informaticiens.
Aujourd’hui, on constate que les leçons du passé n’ont évidemment pas été apprises…
Pour en savoir plus :
. 1998-2001 : le mythe (récurrent) de la "pénurie" d’informaticiens
. 2001-2003 : explosion (silencieuse) du chômage et des licenciements... abusifs

- Dans l’informatique, le rapport est d’environ 1 création d’emploi nette, pour 4 recrutements bruts, pour 6 à 8 offres d’emplois !!!
Les raisons : turnover important (démissions et transactions : environ 40% des départs, licenciements : environ 27% des départs…), le double par rapport à la moyenne des sociétés, offres d’emploi "bidon", démultipliées pour un même appel d’offres et recrutements abandonnés…
Ainsi, ce sont 9.000 à 11.000 créations nettes d’emploi qui sont prévues sur 2006 sur les 37 000 à 40 000 recrutements bruts prévus.
Pour en savoir plus, lire absolument : Une approche critique des données de l’emploi informatique (et ses nombreuses disparités...)
Ainsi que :
. [SSII] Réalités sociales et enjeux métiers
.

- Selon l’APEC, dans l’informatique de gestion le nombre moyen de candidatures par offre est scotché entre 32 (source : communiqué Apec) et 60 (source : Courrier Cadres) depuis plusieurs mois alors qu’il était de l’ordre de 15 en 1998.
A lire aussi :
. L’informatique n’est pas un secteur connaissant des difficultés de recrutement (Journal Officiel du 03.08.2005)
. [Emploi informatique] Ah les belles perspectives du CG du Plan...

Le nombre moyen de candidatures par offre est demeuré quasiment stable, soit 32 par offre au 2e trimestre 2006.

- Toujours selon l’APEC, le volume final des recrutements de cadres informaticiens s’avère toujours inférieur aux prévisions de début d’année (vérifié en 2005 et 2006)

- Les licenciements sont toujours nombreux dans les SSII et les salaires ne connaissent pas d’envolées majeures, bien qu’ils repartent ENFIN à la hausse après plusieurs années de baisse pour ceux à l’embauche et de stagnation pour les autres.
Etonnant en période de "pénurie de compétences"… non ?

- En dépit de leurs prétendues "inquiétudes" en début d’année, toutes les grandes SSII annoncent qu’elles ont parfaitement bouclé leurs plans de recrutements avant la fin de l’année (vérifié en 2005 et 2006)

- Rappelons enfin que la visibilité des SSII sur le marché, cyclique, des services informatiques, ne dépasse pas les 6 mois


6] Conclusions

Dans un contexte où le sous-emploi s’avère une question politique majeure, il est d’autant plus crucial pour les médias de bien s’informer… avant d’informer.
Relayer les prétendues « difficultés de recrutement » dans l’informatique (moins d’1 entreprise sur 2), c’est méconnaître les réalités de notre marché du travail, ou plutôt ne pas chercher à les connaître.
Parler de « pénurie d’informaticiens » dans la situation actuelle, c’est faire preuve d’une totale irrationalité et d’une véritable indécence qui porte un FORT préjudice moral aux 40 000 informaticiens au chômage (et parmi eux, on le répètera jamais assez, de nombreux "seniors").
C’est tenir un discours PATRONAL quand il s’agirait plus simplement de parler d’un marché du travail…EQUILIBRE, ce qui est est LOIN d’être encore le cas.

Malheureusement, certains médias et pouvoirs publics ne semblent toujours pas en prendre conscience et le fossé qui sépare « élites » et représentants (politiques, médias) d’une part, citoyens d’autre part, continue à se creuser inexorablement tandis que ces derniers ne cessent de clamer qu’ils ne se sentent pas suffisamment écoutés…


Autres liens :

- L’éternel retour du mythe de la pénurie d’informaticiens
- The First Signs Of IT Skills Shortages Emerge In France


NOTE MOYENNE DES INTERNAUTES :
Note : 1Note : 2Note : 3Note : 4Note : 5(0 - 0 vote)


(notez l'article en cliquant sur l'etoile de votre choix puis sur Voter)









Version imprimable de cet article Version PDF de cet article

   


Article suivant : Le « contre-bilan social » du Munci
Vos commentaires

Commenter cet article