Revue de presse :
La France, locomotive de l’emploi informatique en Europe
Des recrutements IT au beau fixe en Europe, mais plus difficiles à réaliser
160.000 embauches de cadres prévues d’ici juin 2008
"Pénurie de compétences, dites-vous ?"
COMMENTAIRES MUNCI :
Contrairement à certaines affirmations (données peut-être un peu rapidement
?) dans les articles de presse ci-dessus, le tableau "Les fonctions où se posent des difficultés de recrutement" à la page 4 du Dossier de presse de l’Apec nous montre que l’informatique est la fonction où les difficultés de recrutements sont les plus FAIBLES parmi les grands secteurs d’activités : en effet, seules 10% des entreprises européennes interrogées déclarent rencontrer des difficultés de recrutements de cadres informaticiens (à comparer aux 46% du secteur Production-Exploitation
).
Dans les services, ce pourcentage monte à 19%
ce qui sous-entend en toute logique que 81% des entreprises de services européennes ne rencontrent pas ce genre de difficultés ! De quoi remettre fortement en cause une certaine "pensée unique" largement répandue sur la "pénurie d’informaticiens"
Néanmoins, en page 3 du Dossier de presse, on peut lire : « A noter qu’en France, les difficultés sont très ciblées et concernent notamment les cadres et les ingénieurs dans la Construction et les informaticiens dans les activités informatiques » , ce qui laisse sous-entendre que les recrutements d’informaticiens hors « activités informatiques », autrement dit dans les entreprises utilisatrices, sont moins difficiles à réaliser que dans les SSII.
Pour le MUNCI, cette inégalité n’est pas une surprise : elle est structurelle et va continuer à s’amplifier.
Elle s’explique principalement par les raisons suivantes :
1. Les SSII recherchent des profils beaucoup plus calibrés que les entreprises utilisatrices, qui sont généralement plus flexibles (tout au moins en terme de compétences). En effet, les SSII parlent SURTOUT de « difficultés de recrutement » quand elles n’arrivent pas à recruter, RAPIDEMENT, certains profils SUR MESURE (essentiellement les jeunes ingénieurs aux compétences bien adaptées au marché et avec peu ou pas d’ancienneté au chômage ) à DES SALAIRES MODERES.
2. Quand la conjoncture est très favorable, la plupart des SSII sont boulimiques et ont les yeux plus gros que le ventre en matière de recrutements ! Plus on a de ressources, plus on peut signer de contrats et augmenter le CA
Mais ces politiques de recrutements à flux tendus, de type « stop and go », s’avèrent dangereuses pour les (nombreuses) SSII incapables de maîtriser leur croissance : quand le marché se retourne, le retour de bâton est alors fatal
3. Beaucoup de SSII répondent en même temps à des appels d’offres, ce qui entraîne un effet démultiplicateur sur les offres d’emploi mais au final, il n’y a qu’un poste à pourvoir. Il y a donc d’autant plus de (ressentis de) difficultés de recrutements que de candidats qui leur ont échappé ayant été embauchés par un concurrent !
4. Enfin, « last but not least », les SSII ont mauvaise image (en tout cas beaucoup d’entre elles) et sont boudées par des informaticiens toujours plus nombreux à leur préférer les entreprises utilisatrices (ne serait-ce que pour des questions de stabilité du lieu et des conditions de travail ). Logiquement, elles ressentent donc davantage de difficultés dans leurs processus de recrutements que les entreprises utilisatrices.
A lire à ce sujet :
Emploi et conditions de travail en SSII : tour d’horizon des problèmes et désavantages les plus fréquents
Que cachent les prévisions de recrutement des SSII ?
Les SSII ont les yeux plus gros que le ventre
Les SSII peinent à recruter du fait de leur piètre gestion des RH






















