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Etude Syntec : situation actuelle et développement de l’offshore dans les services informatiques en France
Rubrique : DOSSIERS, POSITIONS > Offshore, délocalisations
Mots-clés : Offshore (acteurs, lobbies, clients...)
Publié le 1er février 2006, mis à jour le 28 juin 2006
Nombre de visiteurs uniques : 5344


Le Syntec publie une étude non exhaustive (basée seulement sur un échantillon représentatif de SSII membres) sur l’impact de l’offshore en France.
En réalité, l’estimation de 3000 à 5000 emplois "offshorisés" (2% de l’activité services des SSII traitée en offshore) est FORTEMENT SOUS-ESTIMÉE et EXTRÊMEMENT PARTIELLE (…voire PARTIALE ?) pour les raisons que nous expliquons dans cet article.


Le Syntec entend accompagner favorablement la croissance de l’offshore, notamment en "matière de formation initiale et continue, d’innovation, de coût et de flexibilité du travail"…
Le MUNCI considère, au contraire, qu’il s’agit là d’une position dangereuse pour l’avenir de nos professions, position qui doit être combattue et à laquelle on peut opposer d’autres voies : nearshore en province, arbitrages de l’administration, soutien aux modèles alternatifs (plus compétitifs : indépendants, scic/scop), règlementation sociale, etc.

Voir : Les dix vérités de l’offshore et Informatique : comment faire face aux délocalisations


- Téléchargez la brochure Syntec ThémaTIC n°4

- Revue de presse :
- http://www.silicon.fr/articles/1415...
- http://www.lemonde.fr/web/article/0...
- http://www.elenbi.com/telecom_et_si...
- http://www.distributique.com/actual...
- http://www.lesechos.fr/journal20060...
- http://www.indexel.net/1_6_4429__3_...
- http://zdnet.fr/actualites/informat...

Voir aussi : OFFSHORE : le côté obscur... du Syntec


Introduction :

"Selon le Syntec :

Le phénomène offshore va modifier durablement le paysage concurrentiel dans le secteur des services informatiques en France. Il faut dès aujourd’hui prendre la mesure de ces transformations et les piloter, pour en faire de nouvelles opportunités de croissance pour la France et poursuivre le développement de l’emploi dans le secteur des logiciels et services.

Devant le développement de l’offshore et ses conséquences prévisibles pour le secteur, Syntec informatique publie une analyse détaillée du phénomène dans les services informatiques.

Aujourd’hui limité en France, l’offshore est une conséquence et un accélérateur de l’industrialisation du secteur, et une nouvelle composante de la mondialisation. Il est vraisemblablement appelé à se développer dans les années à venir, provoquant des transformations sur le marché français, en termes d’emploi et d’industrialisation. Des adaptations sont indispensables si la France veut compter parmi les grands acteurs du marché mondial dans les années à venir, et préserver l’emploi et l’activité de ses entreprises sur le territoire national.

En permettant l’émergence de nouveaux projets d’innovation, ces transformations peuvent se traduire par des opportunités de croissance pour les entreprises françaises. Pour ce faire, il est urgent que l’ensemble des acteurs du secteur - entreprises, pouvoirs publics, partenaires sociaux, clients - préparent ensemble les nouvelles « règles du jeu », pour piloter cette transformation sur un mode « gagnant-gagnant » et faire de la France un pays compétitif et performant, en termes d’attractivité, de valeur ajoutée et d’emploi.

Ne pas anticiper et prendre les mesures qui s’imposent en matière de formation initiale et continue, d’innovation, de coût et de flexibilité du travail en France, pourrait compromettre durablement la compétitivité de ce secteur, qui offre aujourd’hui des perspectives de développement largement supérieures à la moyenne nationale."


COMMENTAIRES MUNCI :

Pour nous, l’engagement est clair : il n’y a pas de « nouvelles opportunités » côté emploi et pas de « gagnant-gagnant » possible, l’offshore doit être combattu…sans être diabolisé pour autant.

Le Syntec Informatique fournit un chiffre de 2% pour l’activité services des SSII traitée en offshore, ce qui représenterait 3000 à 5000 emplois "offshorisés", suite à une étude réalisée sur la seule base des "expériences d’un échantillon représentatif de SSII adhérentes de tailles variées (…)", MAIS…

- Ce chiffre ne prend en compte NI les éditeurs de logiciels (60% des membres de Syntec Informatique), gros consommateurs d’offshore, NI les emplois offshore travaillant pour des SSII françaises ET pour le compte de clients non exclusivement français (ex. éditeurs ou clients étrangers, tels que Cap Gemini en Inde supposé travailler principalement pour des clients US…).
La raison tient à la définition de l’offshore selon le Syntec : des prestations consommées en France et réalisées pour tout ou partie à l’étranger. L’offshore ne s’analyse que par rapport à un marché donné : il n’englobe en aucun cas le développement international pour conquérir des parts d’un autre marché.
Cette définition exclut d’office les prestations réalisées en offshore par des sociétés françaises et pour lesquelles on ne peut affirmer que le client est français (ex. éditeurs de logiciels…).
Le MUNCI ne partage évidemment pas la même définition de l’offshore : il s’agit de prendre en compte TOUS les emplois d’informaticiens travaillant directement ou indirectement pour des sociétés françaises dans les pays à bas coût et pour lesquelles les prestations ne sont pas destinées exclusivement aux marchés locaux.
Les entreprises françaises qui délocalisent leur production dans les pays à bas coût vendent cette production dans le monde entier et pas seulement en France, or il s’agit bien d’emplois délocalisés…

- Ce chiffre ne prend pas en compte les sociétés de la branche Logiciels & Services Informatiques (SSII ou éditeurs) HORS Syntec Informatique, qui rassemble environ 500 sociétés soit seulement 3% des 17 500 établissements employeurs du secteur des "activités informatiques"), bien que ces 500 sociétés représentent à elles seules 85% du CA du marché et environ les 2/3 de l’emploi du secteur.

- Ce chiffre ne prend pas en compte les contrats commerciaux passés directement entre nos clients et les SSII étrangères des pays à bas coûts (ou via les intermédiaires en prestations offshore), ou encore auprès des indépendants travaillant en offshore (clients TPE/PME)

- La "conversion" en emplois français du CA réalisé en offshore par les sociétés interrogées (méthode d’évaluation retenue par le Syntec et la plupart des cabinets d’analystes) n’a AUCUN sens étant donné les différentiels de coûts.
C’est là également, pour le MUNCI, un point de désaccord : il faut prendre en compte directement le volume jours/hommes réalisé en offshore pour évaluer objectivement l’impact de l’offshore sur l’emploi. Il n’y a en soi aucune différence entre un emploi d’informaticien en Inde et un emploi d’informaticien en France, sinon la différence de salaire !

- Un nombre important et croissant de petites prestations, jamais prises en compte dans les études, est désormais réalisé directement en offshore : il s’agit de création de sites web et autres petits projets de développement, de créations multimédias, de traductions…etc, prestations généralement réalisées pour le compte de petites sociétés, de professions libérales, d’associations…etc, très souvent via des places de marché de prestations offshore.

- Enfin, de nombreux clients et SSII continuent à rester très discrets quant à leurs projets offshore…


CONCLUSION :

Pour toutes ces raisons, l’estimation du Syntec de 3000 à 5000 emplois perdus en raison de l’offshore est TOTALEMENT FANTAISISTE.

A elles seules, de grandes SSII françaises comme Cap Gemini, Atos, Steria, Sopra… rassemblent plus de 30 000 emplois en offshore.

Exemple en Inde :
Fiche de synthèse "Les TIC en Inde" – 31 / 08 / 2006 - MINEFI - DGTPE
Page 4 :
"Plus d’une dizaine d’entreprises françaises du secteur des TIC ont déjà investi en Inde représentant plus de 18 000 emplois, notamment les sociétés de services informatiques telles que Cap Gemini et Atos Origin à Bombay, Valtech et Dassault Systèmes à Bangalore."

L’estimation du MUNCI est de l’ordre de 20 000 emplois affectés à des projets ou activités offshore mi-2007 pour le compte de sociétés françaises, auxquels il faut rajouter une partie des 19 000 informaticiens offshore de Cap Gemini (en Inde, Chine, Maroc et Pologne, 40 000 prévus pour 2015, sur un total de 82000 salariés)


Autres articles sur l’offshore :
- France : les emplois en offshore... plus nombreux que les demandeurs d’emploi en informatique !
- Les grandes SSII privilégient les recrutements dans les pays à bas coûts
- Offshore : ces SSII qui vont (déjà) trop loin...
- Etude Syntec : situation actuelle et développement de l’offshore dans les services informatiques en France
- Offshore informatique : chroniques de l’aveuglement et de la complaisance des pouvoirs politiques, publics et économiques
- Offshore et emploi : réalités, chiffres et perspectives

Ainsi que nos chroniques sur l’offshore dans 01informatique (Echos des Forums) : http://munci.org/pages/echos-des-fo...


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