Extraits :
"En 2008, l’ensemble des prestations de services informatiques en France réalisé en offshore (Espagne, Afrique du Nord, Europe de l’Est, Amérique du Sud, Canada, Asie Pacifique) a représenté un volume d’affaires de 1,2 milliards d’euros, soit 5% du marché des services informatiques en France (conseil, intégration de systèmes, formation, externalisation, maintenance matériel).
L’offshore indien a représenté 350 millions d’euros soit environ 30% de cette valeur. En volume, le total, en équivalent temps plein, est estimé à 7 100 ETP pour l’ensemble de 2008. En termes de développement sur la période 2009-2010, PAC estime qu’en volume, la croissance moyenne pourrait dépasser les 50% et l’offshore indien atteindre 16 500 ETP en 2010."
Un simple calcul nous montre donc que l’ensemble des prestations de services informatiques en France réalisées en offshore en 2008 (en Inde et dans les autres pays de l’offshore) représenterait donc un volume équivalent à environ 24 000 emplois.
Rappelons, à titre de comparaison, que le nombre actuel de demandeurs d’emploi en informatique s’élève environ à …21 000 (inscrits cat.1 seulement).
En réalité, nous constatons que les études sur l’offshore ne prennent jamais en compte la totalité du périmètre offshore.
En effet, selon les cas, on ne prend pas forcément en compte :
l’offshore des éditeurs de logiciels
les filiales offshore de sociétés françaises ou leurs joint-ventures (ex. Société Générale GSC en Inde)
les partenariats offshore de nos SSII et clients
l’offshore direct via les SSII étrangères ayant une implantation commerciale en France
l’offshore réalisé par des sociétés françaises pour le compte de clients non (exclusivement) français (ex. CGEY en Inde)
l’offshore réalisé depuis les sociétés étrangères basées en France pour le compte de clients français (ex. Logica, Accenture…)
les petites prestations offshore (voir plus bas)
(ceci fut tout particulièrement vrai dans le cadre de cette étude extrêmement partielle du Syntec informatique)
De plus, la "conversion" en emplois français du CA réalisé en offshore par les sociétés interrogées n’a pas de sens étant donné les différentiels de coûts…
Il faudrait prendre en compte directement le volume jours/hommes réalisé en offshore pour évaluer objectivement l’impact de l’offshore sur l’emploi. Il n’y a en soi aucune différence entre un emploi d’informaticien indien et un emploi d’informaticien français, sinon la différence de salaire !
Par ailleurs, un nombre important et croissant de petites prestations, jamais prises en compte dans les études, sont désormais réalisées directement en offshore : il s’agit de développements web et autres petits projets applicatifs, de créations graphiques, de gestion de contenus, traductions…etc, prestations généralement réalisées pour le compte de petites sociétés, de professions libérales, d’associations…etc, très souvent via des places de marché de prestations offshore.
Le fort développement de ce type d’offshore représente une concurrence abusive essentiellement pour nos indépendants (et petites SSII).
Enfin, de nombreux clients et SSII continuent à rester très discrets quant à leurs projets offshore…
Au bout du compte, les volumes de PRESTATIONS et donc D’EMPLOIS "OFFSHORISES" estimés par ces études sont toujours LARGEMENT SOUS-ESTIMES.
N’oublions pas que les principales SSII françaises (Cap Gemini, Atos, Steria, Sopra…etc) emploient à elles seules environ 35 000 emplois… rien qu’en Inde ! (voir : Offshore : ces SSII qui vont (déjà) trop loin...)
Mais, du fait de leur manque habituel de transparence, il est impossible de savoir quelle est la part de ces emplois affectés à des projets offshore… et ceux affectés aux marchés locaux.
Face à ces constats :
Notre premier message s’adresse aux INFORMATICIENS : dans votre intérêt professionnel, nous vous conseillons vivement d’EVITER les SSII les plus implantées à l’offshore pour ne pas vous retrouver dans des projets "offshorisés" !
En effet, les témoignages que nous recevons depuis plusieurs années vont régulièrement dans le même sens, à savoir que les projets offshore sont très souvent une source de désagréments et d’ingratitudes pour les équipes pilotes en France : surabondance des spécifications et des tests, problèmes de communication, différences culturelles ou liées au management, lourdeurs et lenteurs du travail (généralement asynchrone) à distance, turnover des équipes offshore, etc.
Humiliation suprême : si c’est votre emploi lui-même qui finit par être "offshorisé", on vous demandera très certainement de "transférer vos compétences" à votre "successeur low-cost" !
Enfin, ne croyez surtout pas que les SSII répercutent les gains (par ailleurs limités…) réalisés grâce à l’offshore sur leur politique salariale en France : Cap Gemini, Atos et Steria (pour ne citer qu’elles), avec leurs politiques de grande modération salariale, sont la preuve éclatante du contraire…
Notre second message s’adresse aux POUVOIRS PUBLICS, à qui nous demandons l’application de MESURES pour lutter contre ces pertes d’emplois :
PRISE EN COMPTE des dé|relocalisations de services (tâches informatiques, BPO, centres d’appel…) au même titre que les délocalisations industrielles dans les politiques publiques : ceci est loin d’être le cas à l’heure actuelle en raison de "l’archaïsme" d’une bonne partie de notre classe politique et de la forte influence qu’elle reçoit des lobbies économiques concernés (toujours plus syndicalisés côté moyennes et grandes entreprises de services comme au Syntec… toujours moins hélas côté salariés, freelance et TPE).
Ceci entraine un certain nombre d’excès de la part de nos dirigeants politiques qui doivent être impérativement STOPPÉS : Offshore informatique : chroniques de l’aveuglement et de la complaisance des pouvoirs politiques, publics et économiques
INTERDICTION formelle de tout recours à l’offshore (partiel ou total, direct ou indirect) dans le cadre des marchés publics.
EXCLUSION des marchés publics des sociétés de service ayant recours excessivement à l’offshore (ex. Cap Gemini, Steria, Atos, Sopra, Logica, Accenture, Ibm, Hp-Eds, Csc, Unisys, Valtech, Business & Decision… etc etc etc).
INTERDICTION de toute aide publique (et autres avantages ou distinctions) à toutes les sociétés de service pratiquant l’offshore.
MESURES FISCALES favorisant l’implantation des centres de services en province (politiques d’aménagement du territoire) plutôt que dans les pays à bas coûts, ce qui permettrait par ailleurs de régionaliser davantage l’emploi hi-tech excessivement concentré (à 60%) sur la région parisienne. De telles mesures d’attractivité fiscale existent déjà dans les DOM-TOM et en Corse où existent d’ailleurs des centres de formation en informatique : qu’attendent donc nos SSII pour y implanter des centres "nearshore" ?
SOUTIEN A LA RE-LOCALISATION : création d’une cellule spéciale avec moyens financiers et fiscaux (ex. primes variables en fonction des montants d’investissement et du volume d’emplois recréés…) pour aider à la re-localisation des activités délocalisées
TVA SOCIALE pénalisant les délocalisations par une taxation plus élevée
SUPPRESSION immédiate du sous-groupe "Offshoring" du Groupe d’Impulsion des Relations économiques France Maroc (GIEFM) créé en septembre 2005 à l’initiative des premiers ministres français et marocain. Ce sous-groupe est une véritable provocation à l’égard de la communauté informaticienne de France et représente un soutien SCANDALEUX de notre Gouvernement à l’égard des délocalisations de services au Maghreb.
Revue de presse :
PAC analyse l’offshore indien
Offshore en France : la délocalisation en Inde en croissance rapide (LeMagIT)
La crise, alibi pour l’offshore ? (JDNet)
A lire aussi :
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Pourquoi, quand et comment l’offshore doit être combattu























