A l’instar de nombreuses organisations sociales et professionnelles, le MUNCI a transmis une contribution aux partenaires sociaux (cf. lettre ci-dessus) sur les thèmes que nous jugeons prioritaires pour nos professions : la sous-traitance de services (plus précisément la prestation de services), le prêt de main d’oeuvre et les externalisations.
Rappelons en effet que les services représentent 60% des flux de la sous-traitance totale en France.
Hélas, ces questions n’ont pas été abordées pendant ces deux journées… seule la sous-traitance industrielle a été rapidement évoquée (sans la moindre piste concrète de mesures) dans l’optique du redressement productif de la France.
Ceci est d’autant plus dommage que certains syndicats avaient pourtant abordés (timidement…) ces thèmes en préparation à la conférence :
CGT (cf. page 8) :
"Il faut réglementer et encadrer la sous-traitance en créant des comités interentreprises, en limitant le niveau d’entreprises sous- traitantes, en instaurant des clauses sociales dans les contrats commerciaux."
CFE-CGC (dans certaine prises de position de Bernard Van Craeynest)
De nombreuses autres questions majeures ont été totalement occultées pendant ces 2 journées, parmi lesquelles : les discriminations à l’embauche, l’emploi des seniors, les questions de mobilité, le mal-être au travail… (sans parler d’autres sujets sociaux importants tels que la dépendance ou le système de santé, passons…)
Il est d’ailleurs regrettable que le Gouvernement n’ait pas pris la peine de lancer une grande consultation publique à cette occasion…
Au delà de certains aspects positifs (constitutionnalisation du dialogue social notamment), nous tirons les deux conclusions suivantes :
1. Le programme des réformes sociales est donc bloqué jusqu’à fin 2013 (avec certes, d’ici là, du pain sur la planche pour les partenaires sociaux…), tant pis pour les oubliés !
2. Les syndicats historiques de notre branche ne semblent pas avoir été très actifs (ou pas très écoutés ?) vis à vis de leurs centrales respectives pour défendre les intérêts des salariés de nos sociétés !
Plus généralement, si les syndicats historiques sont incapables de représenter correctement les salariés dans notre pays et en particulier les cadres (à lire : [Sondage] Syndicats et cadres : la confiance reste à établir... et Un salarié sur deux s’estime mal représenté par les confédérations syndicales), le MUNCI ne se reconnait définitivement pas dans ce "jacobinisme syndical" à la française !
Autres réactions suite à la conférence sociale :
Conférence sociale : l’opposition critique la méthode et le fond
"Conférence sociale : tout cela pour quel résultat ?" (La Tribune, 13.07.2012)
Le commissaire à la Diversité Yazid Sabeg démissionne de son poste (AFP, 13.07.2012)
Extrait :
" « Le gouvernement a d’autres sujets urgents que les questions de l’égalité des chances et de lutte contre les discriminations », a-t-il confié à l’AFP qui l’interrogeait pour confirmer les informations sur sa démission. « Je pensais que ces questions étaient un domaine essentiel pour le pays et que le Commissariat pouvait y contribuer, mais ce n’est pas la vision du gouvernement », a-t-il ajouté sans plus de précisions."
Laurence Parisot : « La conférence sociale s’est achevée sur un sérieux désaccord qui, à ce jour, n’est pas levé » (Le Monde.fr avec AFP | 18.07.2012)
La conférence sociale dans ton cul ! (blog d’Alain Bousquet)
"Réguler l’organisation de la production en mettant fin aux pratiques généralisées de sous- traitance des grands groupes qui organisent artificiellement « l’externalisation » pour contourner ce qui reste des règles du droit social…"



















