C’est un avertissement sans frais. Selon la première édition de l’indice Truffle 100 European Clusters, les éditeurs de logiciels français restent, certes, bien positionnés au niveau européen, mais peinent à tenir leur rang.
(…)
COMMENTAIRES MUNCI :
Pour le Munci, la société de l’information exige une vision à long terme qui passe nécessairement par :
une approche plus valorisante et plus protectrice de notre industrie du logiciel
le développement de grands projets technologiques, si possible européens (via des partenariats public-privé)
les moyens d’aller vers une plus grande indépendance technologique dans le Vieux Continent.
L’Europe, en effet, doit faire preuve d’un bien plus grand réalisme économique vis-à-vis des « prédateurs » américains, et maintenant asiatiques, dont les acquisitions et prises de participation dans les sociétés IT européennes augmentent chaque année (à lire).
Le rapport Carayon de Juillet 2006 (voir aussi l’article Le député Carayon propose la création d’un Conseil de sécurité économique), tombé dans l’oubli comme la plupart des rapports publics (on pourrait citer également le [Rapport] du député Jean-Paul Charié sur la compétitivité numérique des entreprises ainsi que le [Rapport] L’économie de l’immatériel, la croissance de demain…), avait préconisé d’une part la nécessité d’une industrie du logiciel (et de l’internet) plus indépendante au niveau européen, d’autre part un plus grand soutien à la compétitivité numérique des PME.
En ce qui concerne le logiciel, les 100 premières entreprises européennes du secteur (le « Truffle 100 ») représentent un chiffre d’affaires total inférieur quasiment de moitié à celui de Microsoft. Sur les quinze premiers éditeurs mondiaux, un seul est européen (SAP), les quatorze autres sont américains. L’Allemagne génère la moitié du chiffre d’affaires total du Truffle 100, devant le Royaume-Uni (environ 20%) et la France (environ 15%).
Le logiciel français est en voie de satellisation, sa part dans l’industrie diminue à la faveur d’une tendance à la concentration qui voit chaque année nombre des acteurs français changer de nationalité.
Le MUNCI considère que l’aide au financement et le soutien à l’international sont des approches nécessaires mais insuffisantes pour le développement de notre industrie du logiciel et notamment pour faire dépasser nos éditeurs du stade de la PME.
Pour faire émerger des CHAMPIONS nationaux et européens du logiciel et de l’Internet, aucune proposition ne doit être TABOUE :
RECOMMANDATIONS D’ACHAT de Logiciels & Services (voire OBLIGATIONS par quotes-parts) auprès de l’ensemble des acheteurs (para-)publics favorisant PRIORITAIREMENT les FOURNISSEURS FRANÇAIS et EUROPÉENS, ainsi que le LOGICIEL LIBRE, avant les fournisseurs EXTRA-EUROPÉENS.
A ceux qui nous répondent que toute velléité de "patriotisme économique", ou "préférence européenne", serait sanctionnée en retour sur les marchés internationaux, nous répondons :
- que de nombreux pays (USA, Asie…) pratiquent déjà ce "patriotisme économique" avec leur propre industrie du logiciel plus ou moins discrètement (…)
- qu’il ne s’agit pas non plus d’acheter exclusivement français ou européen et que les commandes publiques ne représentent que 10 à 15% du marché
- que cela n’entraverait pas le développement de notre industrie du logiciel… dans les pays qui ne sont pas eux-mêmes exportateurs de logiciels !
Création d’une PLATEFORME COLLABORATIVE, à forte valeur ajoutée, de l’industrie française du logiciel recensant les acteurs de la filière, leurs communications, les appels d’offres et les demandes (il s’agit d’ailleurs d’une idée initiée par la DRIRE-IDF pour la région Ile de France)
TVA RÉDUITE sur le logiciel (… uniquement français ou européen ? … uniquement pour les PME ?)
A noter que cette demande de TVA réduite est également exprimée par les professionnels du secteur des biens et services culturels depuis une quinzaine d’années.
Ajout du secteur du logiciel dans la liste des SECTEURS STRATÉGIQUES de l’économie française (loi « Breton » du 26 juillet 2005 et décret du 31 décembre 2005 définissant les secteurs stratégiques dans lesquels le gouvernement peut s’opposer à la prise de contrôle d’une entreprise française par un investisseur étranger)
MESURES FISCALES favorisant l’implantation des sociétés IT (éditeurs, centres de services…) en province dans le cadre de l’aménagement du territoire afin, d’une part, de régionaliser davantage l’emploi hi-tech (concentré à 60% sur l’Ile de France), d’autre part de combattre les délocalisations offshore de services IT.























