En France, le secteur informatique revient de loin : entre 2001 et 2003, le nombre d’informaticiens au chômage avait triplé, selon le Munci, association professionnelle. Cette dernière estime, à partir de chiffres de la Dares (ministère du Travail), que depuis 2004 le taux de chômage sectoriel diminue régulièrement pour s’établir entre 4 % et 6 % en 2007. Bien qu’inférieur à la moyenne nationale, ce chiffre reste nettement supérieur au taux de chômage moyen des cadres en France - 3,6 %, selon l’Apec - alors que 75 % des informaticiens sont cadres. La Dares juge aussi que les tensions sur l’emploi restent élevées dans le secteur : pour un informaticien enregistré comme demandeur d’emploi au 4 e trimestre 2007, il y avait seulement 0,89 offre d’emploi déposée.Le MUNCI veut ainsi nuancer le discoursde l’Unedic, pour qui le secteur souffrirait de difficultés de recrutement. Pour l’association, 90 % des intentions d’embauche sont dansle conseil et l’assistance (SSII et sociétésde conseil), ce qui traduit une réalité peu attrayante, à savoir que les entreprises font peser le recrutement sur les SSII, qui deviennent des agences d’intérim de luxe.Et les SSII " parlent de ’’difficultés de recrutement’’ dès qu’elles n’arrivent pas à recruter rapidement des bac + 5, moins de la quarantaine, bien adaptés au marché du travail, ayant peu d’ancienneté au chômage et à des salaires modérés ", souligne le Munci. Ce qui rappelle une autre caractéristique du secteur : dans l’informatique, on est vieux à 40 ans La baisse du chômage actuelle s’explique ainsi en partie par les reconversions fréquentes de quadras et de quinquas.
S. S.






















