1) La désaffection des études scientifiques
Avis du HCST (Haut conseil des sciences et de la technologie) le 4 avril 2007 :
"Le nombre d’élèves dans les écoles d’ingénieurs a augmenté d’environ 10 % en dix ans".
Une étude de l’OCDE en mai 2006 avait conclu aux mêmes résultats.
Extrait du rapport de Maurice PORCHET (lien1, lien2) à l’attention de Monsieur le Ministre De l’Education Nationale sur Les jeunes et les études scientifiques : Les raisons de la « désaffection » (28 mars 2002)
"Les filières Informatique, STI et Ingénieurs connaissent par contre, une forte augmentation de leurs effectifs (+ 23, 7 % sur cinq ans).
(…) La tendance à la baisse s’est atténuée depuis trois ans. Par exemple, les effectifs des filières universitaires en informatique ont progressé de 40 % sur cinq ans. L’augmentation de 220 % des étudiants de premier cycle universitaire informatique annonce peut-être un certain renouveau."
Extrait du rapport Ourisson de mars 2002 :
"En France, cette désaffection se traduit surtout par une diminution importante des effectifs étudiants dans des disciplines comme la Physique et la Chimie, dans les cursus "non-sélectifs" de l’enseignement universitaire (DEUG et Maîtrises). Par contre, les effectifs se sont développés dans les Écoles d’Ingénieurs, dont le nombre a régulièrement crû et qui ont augmenté la taille de leurs promotions (de 12 000 diplômés en 1993 à environ 50 000 en 2003). Les effectifs sont également maintenus dans des domaines relativement nouveaux, où le succès exige des qualités intellectuelles voisines de celles qui rendent possibles les carrières scientifiques classiques : Informatique et Gestion notamment."
En conclusion, nous ne connaissons à ce jour aucune étude ou aucun rapport faisant mention d’une chute des effectifs dans les filières Informatique, STI et Ingénieurs.
La désaffection des études scientifiques ne porte en réalité que sur certaines filières des 1ers cycles universitaires comme la physique, les mathématiques, la chimie, la biologie…
2) Le papy-boom et l’informatique
Les départs en retraite dans les métiers IT (professions de l’informatique et des télécoms) :
Selon le Panel Entreprises 2010 de l’Apec (page 50), il y a eu seulement 1170 départs en retraite dans les activités informatiques en 2009 sur les 30 760 sorties.
Sachant que les activités informatiques représentent les 3/5 de l’emploi informatique, on en déduie par extrapolation que les départs en retraite concernent environ 2000 salariés par an dans nos métiers, un chiffre comparable à l’étude DEP ci-dessous.
Étude Insee "Départs du marché du travail dans les régions à l’horizon 2020" (septembre 2009) :
“Les métiers de l’informatique, les caissiers, les vendeurs, les cuisiniers et les coiffeurs connaîtront les taux de départ (ndlr : en retraite d’ici 2020) les moins élevés.”
Selon le rapport CAS/DARES "Les métiers en 2015") de janvier 2007, il y aura environ 58 000 départs en retraite chez les informaticiens entre 2005 et 2015 (cf. tableau page 120), soit environ 5800 départs en retraite par an.
Une étude de la DEP (Ministère de l’Éducation Nationale) en avril 2006 (cf. tableau 7 page 5), s’appuyant sur des chiffres du BIPE, table quant à elle sur 2000 départs en retraite d’informaticiens par an entre 2002 et 2015, soit 26 000 jusqu’à 2015 (le taux le plus faible de tous les secteurs étudiés).
Rappelons que la part des +50 ans dans l’informatique est l’une des plus basses de tous les secteurs d’activité, avec 13% de seniors seulement contre 23,4% sur l’ensemble des métiers ((source : Dares 2008, tableau 5 page 8).
La moyenne d’âge est aussi l’une des plus faibles : 36,6 ans (source : Dares 2001, tableau p.28).
Elle est même seulement de 34 ans dans les services informatiques (source : Syntec Informatique).
En comparaison, l’age médian des actifs en France est de 39 ans.
Enfin, plusieurs études (telles que celles de la Cegos) avancent que près d’une entreprise sur trois n’envisagerait pas de recruter pour remplacer leurs cadres qui partiront à la retraite à partir de 2006, mais comptent recourir aux promotions internes plutôt qu’aux recrutements externes.
Petite revue de presse à ce sujet :
Choc démographique : Promotion interne plutôt que recrutement externe (Cegos, avril 2006)
Seniors : des salariés sacrifiés (L’Express du 04/04/2005)
Du papy-boom au papy-flop (LeMondeInformatique, 2004)
Papy-boom : peu de DSI anticipent les départs à la retraite (01informatique, avril 2003)
Extrait : "Au Cigref, le groupe de travail « ressources humaines » planche sur le papy-boom depuis 2001, et les interrogations de ses membres se font de plus en plus fréquentes. « Nous tenons un discours qui se veut ni alarmiste - pas de pénurie à l’horizon - ni myope - il ne s’agit pas d’un faux problème » , résume Renaud Phelizon, chargé de mission."
L’emploi informatique à la traîne pour quelques années (01net, mars 2003)
En conclusion, l’effet "papy-boom" ne devrait profiter que très marginalement à notre secteur qui se distingue des autres secteurs de l’économie par une moyenne d’âge très nettement plus faible, CQFD…























