En 2006-2007, la mise en place du système d’immigration choisie en France avait suscité, à juste titre, la critique d’une grande partie de notre "intelligentsia" principalement sur le thème du "pillage des cerveaux". Le MUNCI s’était d’ailleurs associé à cette critique (à lire).
Dans l’informatique, certains titres de presse avaient eu le mérite d’ouvrir le débat, exemples :
[Presse] Le recrutement informatique prend le train de « l’immigration choisie » (01net)
[Presse] Projet de loi sur l’immigration : les informaticiens vont subir les choix gouvernementaux (Le Monde Informatique)
[Presse] Immigration choisie et secteur informatique : bol d’air ou asphyxie ? (Cadremploi.fr)
Mais aujourd’hui, force est de voir que ce sont les MÊMES médias, les MÊMES partis politiques, les MÊMES intellectuels/experts qui condamnent à nouveau la politique du Gouvernement en matière d’immigration économique alors que celui-ci revient (implicitement…) sur ce concept avec la révision de la liste des métiers en tension et la circulaire Guéant du 31 mai 2011 : quelle étrange schizophrénie ! Il semble que nos "élites" ne sachent vraiment plus sur quel pied danser en matière d’immigration…
Par ailleurs, le "débat" actuel est particulièrement étroit, rarement contradictoire et donc très peu démocratique, en ne laissant la parole qu’aux seuls adversaires de la politique gouvernementale.
Dans la traditionnelle hypocrisie et division idéologique qui le caractérise (souvent à des fins de récupération politicienne), ce débat fait totalement l’impasse sur la question du "pillage des cerveaux".
Ce problème est pourtant une réalité, en particulier dans l’informatique : les pays en voie de développement (PVD) sont en effet ceux où sont traditionnellement recrutés les ingénieurs informaticiens étrangers (soit principalement le Maghreb, mais aussi l’Afrique noire, Madagascar, l’Ile Maurice, la Roumanie/Bulgarie, l’Inde, la Chine…) et souffrent déjà, bien souvent, d’une réelle pénurie de main d’oeuvre en informatique.
Un autre cas d’école est celui des médecins africains :
- La France pille-t-elle l’Afrique de ses médecins ? (Atlantico, 06.01.2012)
- Médecine : la fuite des cerveaux coûte cher à l’Afrique (Jeune Afrique, 08.12.2011)
- « Il y a plus de médecins béninois en Ile-de-France qu’au Bénin » (Libération, juillet 2007)
Aussi, la question se pose : l’immigration économique doit-elle résulter d’un choix strictement individuel, en l’occurrence celui des travailleurs qualifiés des pays pauvres qui recherchent en France ou dans les autres "pays riches" un salaire et un confort de vie supérieurs à ce qu’ils pourraient obtenir dans leur propre pays (et qui pouvaient souvent profiter, jusqu’ici, "d’effets d’aubaine" engendrés par des dispositifs permissifs tels que les accords bilatéraux et la liste des métiers en tension) ?
Celle idée repose une approche très libérale où l’intérêt individuel prime sur la responsabilité collective, car c’est oublier que la multiplication de ces choix individuels porte fréquemment préjudice au développement économique des pays d’émigration.
L’argument de ses défenseurs consiste à dire qu’une première expérience professionnelle est profitable aux travailleurs étrangers qualifiés avant de revenir exercer dans leurs pays d’origine. Certes, sauf que les cartes de séjour sont régulièrement renouvelées : dans leur grande majorité, les ingénieurs étrangers bénéficient en France d’un titre de séjour valable 10 ans…
Une solution pourrait donc être de limiter à 2 ou 3 ans, sans renouvellement possible, la durée de la carte de séjour "Salarié" pour certaines professions.
Le co-développement semble néanmoins la meilleure solution, tout au moins s’il se base sur les principes du commerce équitable et non sur un libre-échange déloyal…
Cachez cette réalité que je ne saurais voir…
Voici un certain nombre d’articles de presse (et d’institutions) qui s’alarment du "pillage des cerveaux africains" :
Les SSII françaises puisent dans les ressources stratégiques de la Tunisie (Khaled Ben Driss, 01net, 09/05/11)
Extrait :
"C’est évidement la « théorie du moindre effort » qui pousse une grande partie des SSII françaises, à adopter le modèle de la régie – par ailleurs hors-la-loi, mais ceci est un autre débat franco-français – et à puiser dans le stock des ressources stratégiques de ses voisins lorsque son filon interne commence à s’épuiser."
Ainsi que :
Etudiants étrangers : et la fuite des cerveaux ? (AgoraVox, dec.2011)
La fuite des cerveaux, source de sous-développement en Afrique (Le Griot, nov. 2010)
Des pistes pour contrer la fuite des cerveaux africains (Le Monde, sept. 2010)
France24 - Lutter contre la fuite des cerveaux (France 24, juil. 2010)
Migrations et fuite des cerveaux africains a l’ere de la mondialisation (IMI, janv. 2010)
La Fuite des Cerveaux africains, le drame d’un continent réservoir (L’Harmattan, dec. 2009)
Fuite des cerveaux : 20.000 Africains quitteraient le continent chaque annéee (afriquechos, dec.2007)
L’immigration choisie, carburant des économies avancées (Le Figaro, oct. 2007)
Immigration choisie : l’Afrique crie au pillage des "cerveaux" (Le Nouvelliste, juillet 2006)
La fuite des compétences en Afrique francophone (Unesco, 2004)
L’hémorragie de la "fuite des cerveaux" africains (Afrik.com, oct.2003)






















