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MOTS-CLES

Le Comité Stratégique de Filière (CSF) STIC : une représentativité déséquilibrée, un fonctionnement opaque
Rubrique : DOSSIERS, POSITIONS > Filière numérique
Mots-clés : CSF STIC / Filière numérique
Publié le 28 avril 2011


Le CSF “Services et Technologies de l’Information et de la Communication” est l’un des 11 comités stratégiques de filières créés par le Ministère de l’Industrie dans le prolongement des Etats Généraux de l’Industrie (EGI).
Sa composition, laissée étrangement à la seule discrétion de son co-président Guy Roussel, témoigne d’une représentativité déséquilibrée et d’une opacité de fonctionnement : "petits arrangements entre amis"… ?

Extrait de : Les Comités Stratégiques de Filière (Min. Industrie)
“ En réponse à ce constat, les comités stratégiques de filière ont pour ambition de renforcer la compétitivité des filières, notamment par la construction d’une relation durable entre les différents acteurs. Leurs missions en découlent logiquement : diagnostic et suivi de l’évolution des activités, stratégie à moyen terme, propositions d’actions de la filière, dialogue entre l’ensemble des acteurs de la filière sur la stratégie définie.
Chaque comité stratégique de filière a pour objectif essentiel de définir et mettre en œuvre une feuille de route stratégique partagée par l’ensemble des acteurs. L’élaboration de cette feuille de route, qui a vocation à être régulièrement mise à jour et enrichie, constituera la première tâche des comités stratégiques.
Ces comités associeront organismes représentatifs des entreprises de la filière, syndicats professionnels ou fédérations professionnelles, syndicats de salariés, personnalités qualifiées, organismes spécialisés (pôles de compétitivité, centres techniques ou professionnels, universités, écoles, organismes de recherche).
Ils seront présidés par le ministre chargé de l’industrie, et le cas échéant, par les autres ministres concernés. Un vice-président sera nommé pour en animer le fonctionnement régulier, en s’appuyant sur un comité de pilotage associant en particulier les organismes représentatifs des entreprises de la filière, les syndicats de salariés et l’administration. ”

Extrait de : Discours de Monsieur Christian ESTROSI, à l’occasion du lancement du CSF STIC (Sophia Antipolis, 08.11.2010)
“ Ce qui est en jeu, c’est notre capacité à rassembler tous les acteurs d’une même filière autour d’une stratégie commune, durable, et profitable à chacun. Ces filières doivent s’organiser autour de projets concrets. (…) Etablir un diagnostic, définir une stratégie commune, mais aussi fixer des règles de bonnes conduites entre les donneurs d’ordre et les sous-traitants, tels sont les premiers enjeux du comité de filière que nous lançons aujourd’hui.
J’en assurerai moi-même la présidence et je remercie Monsieur Guy Roussel, ancien président d’Ericsson France et président d’honneur d’Alliance TICS d’avoir bien voulu accepter d’en être le vice-président.
Les premiers échanges qu’a eus Guy Roussel avec les membres du comité ont permis de définir le périmètre de ce comité, qui recouvre les services et technologies de l’information et de la communication dans leur globalité.
Il m’apparaît particulièrement important que le comité prenne en compte aussi bien l’aspect services que le volet strictement industriel des technologies de l’information et de la communication.
En effet, ce sont les services (par exemple de télécommunications ou informatiques) qui constituent le premier débouché des industries des TIC. C’est dans les services que se situe la majorité des emplois de la filière.
Je rappelle que des études récentes ont mis en évidence le fait qu’un emploi industriel dans les TIC génère trois à six emplois nouveaux dans les services associés. Il est donc important que la France s’adapte à ces évolutions.
Les mutations technologiques très rapides et la recomposition permanente des chaînes de valeur qu’elles impliquent soulignent la nécessité de faire évoluer les compétences et de soutenir l’attractivité de la filière. Les politiques en matière sociale et de formation n’ont sans doute pas pleinement intégré ces questions. Je souhaite bien évidemment que le comité s’en saisisse. ”

 1. Une représentativité inéquitable

Malgré les recommandations du Ministre, notamment à propos de l’équilibre services/industrie et la représentation des partenaires sociaux, la représentativité du CSF STIC parait pour le moins déséquilibrée :

21 SOCIÉTÉS dont 9 TÉLÉCOMS, 4 SSII-SICT, 3 INDUSTRIE, 2 LOGICIEL, 2 WEB, et 5 ADH SYNTEC
15 ORGANISATIONS PATRONALES, dont 4 COMPOSANTS ELEC, 3 INDUSTRIE, 3 TIC, 2 TÉLÉCOMS, et 5 ADH MEDEF
5 SYNDICATS SALARIES : 3 MÉTALLURGIE, 1 TÉLÉCOMS, 1 SYNTEC-CICF
4 PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ
4 RECHERCHE/ÉDUCATION
4 INSTITUTIONS PUBLIQUES
4 DIVERS

Conclusions :
- 1. Sur-représentation des télécoms et de l’industrie par rapport aux services (ssii, logiciel…)
- 2. Forte représentation du SYNTEC et du MEDEF (grandes sociétés)
- 3. Absence de représentation des petits acteurs (indépendants, TPE…) des STIC soit environ 55 000 professionnels
- 4. Absence totale de représentation des associations professionnelles des STIC
- 5. Et surtout : SEULEMENT 5 représentants des salariés sur 57 PARTICIPANTS, dont 1 SEUL SYNDICALISTE (le "modéré" Yvan Béraud de la F3C-CFDT, heureusement fin connaisseur du secteur) pour représenter les 370 000 salariés des sociétés IT de la Branche Syntec-Cicf !!!

Malgré l’importance stratégique (potentielle) de ce Comité pour l’avenir de la filière, malgré aussi le fait que son président soit le Ministre de l’Industrie lui-même, il est STUPÉFIANT de constater que sa composition résulte des choix subjectifs… D’UN SEUL HOMME, son vice-président : Guy ROUSSEL, ancien président d’Ericsson France et de Alliance TICS, vice-président de la Fondation/Institut Telecom.

Le MUNCI a écrit (à deux reprises) à M. ROUSSEL, mais aussi à Christophe RAVIER de la DGCIS (rapporteur), pour demander à participer aux travaux du Comité, dont plusieurs thèmes rejoignent les sujets d’expertise et de recherches de notre association (voir infra), mais nous n’avons même pas obtenu de réponse de politesse malgré l’argumentation de nos demandes !

Nous constatons par contre que M. ROUSSEL a invité plusieurs de ses “amis” au sein du Comité : Franck BOUETARD (Ericsson France), Francis JUTANT (Institut Telecom), Christophe STENER (Alliance TICS), Stéphane ELKON (Alliance TICS, rapporteur)…

 2. Un fonctionnement opaque

Le CSF est installé maintenant depuis 6 mois, il se réunit mensuellement, il est censé pratiquer des “auditions larges”… mais hélas son fonctionnement est particulièrement opaque du fait notamment d’une absence quasi-totale de communication.

Aucun site web, aucune consultation publique, aucun programme d’audition à ce jour (à notre connaissance)… le CSF STIC parait bien refermé sur lui-même.

Le MUNCI a eu d’ailleurs le plus grand mal à obtenir les discours de MM. ESTROSI et ROUSSEL, ainsi que la liste des membres du CSF.

 3. Des motifs d’inquiétude

Sur les quatre groupes de travail que comptent le CSF STIC, deux (« Observatoire de la Filière des STIC » et « Environnement favorable ») concernent les questions sociales et réglementaires : Emploi dans la filière STIC, Etat de la filière, Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE), Formation et attractivité des métiers STIC, Règlementation sectorielle

Etant donné la très faible représentation des syndicats de salariés dans ce Comité, il est inquiétant (et même révoltant) de constater que ces thèmes seront abordés essentiellement par de grands patrons et des organisations patronales !

Ceci fait perdre d’ailleurs beaucoup de légitimité à ce Comité pour conseiller le gouvernement sur les problématiques d’emploi et de formation dans la filière STIC.

De surcroit, dans son discours prononcé à l’occasion du lancement de ce Comité, le 8 novembre 2010, à Sophia-Antipolis, Guy ROUSSEL expliquait : "je m’appuierai sur sur un outil que je souhaite mettre en place très rapidement, qui est un Observatoire des STIC ; (…) J’ai noté que des travaux en ce sens avaient été réalisés par la FIEEC et le Syntec Informatique qu’il conviendra donc de valoriser pour être opérationnels rapidement"

Le Groupe de travail « Observatoire de la Filière des STIC » est présidé justement par Jean Mounet, ex. président du Syntec Informatique et DG de la SSII SOPRA.

Quand on connait la propension habituelle du Syntec numérique à travestir les chiffres de l’emploi dans le secteur et à déresponsabiliser les SSII sur les problèmes d’emploi et d’attractivité de nos métiers, il y a vraiment de quoi s’inquiéter !
Voir par exemple :
- Emploi : l’insoutenable légèreté du Syntec Numérique... et de son Président
- Emploi : les premières "erreurs" du Syntec numérique (ex. Syntec informatique)
- Taux de chômage des informaticiens : la tromperie du Syntec Numérique



PS :

REVUE DE PRESSE et ITWs :
- Ce que prépare le comité stratégique du secteur IT (01informatique)
- http://www.electroniques.biz/editor…
- http://www.afdel.fr/3-questions-a-G…
- http://www.dailymotion.com/video/xg…

VOIR AUSSI :
Conseil National du Numérique (CNNum) : une représentativité à revoir !




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