Article du Monde :
Depuis le 1er février, les mouvements se succèdent, à l’appel de l’intersyndicale CGT, CFDT et CFTC. Ce jour-là, 1 300 salariés ont tenu des assemblées générales dans une dizaine de sites en France, au moment où avait lieu la négociation annuelle sur les salaires. Résultat : un quasi-gel, seule une hausse de 0,45 % étant accordée aux rémunérations inférieures à 35 000 euros brut par an.
Du coup, d’autres actions ont été lancées chez ces cols blancs, d’habitude peu remuants. Depuis le 4 février, c’est l’opération "bureaux vides" : les syndicats appellent les salariés de tous les sites français à rentrer chez eux dès 17 h 30 chez Atos Worldline et aussi chez Atos Integration, aussi concernée par un quasi-gel des salaires. Jeudi 4 et vendredi 5 février, "dès 17 h 25, il ne restait presque plus personne dans les bureaux, à part une vingtaine de top managers et la direction", témoigne un délégué CGT d’Atos Worldline à la Défense (Hauts-de-Seine). Le même scénario devrait se reproduire jusqu’au 11 février, où l’heure de départ pourrait être encore avancée si les salariés n’obtiennent pas satisfaction.
Que veulent-ils ? La réponse tient en trois mots sur une pancarte lors des manifestations du 1er février : "Breton, du pognon !" Les syndicats ne sont pas étonnés par ce régime sec. Dès son arrivée à la tête d’Atos Origin, l’ex-ministre des finances avait lancé un plan de réduction des coûts. Son but : améliorer la rentabilité du groupe, dont la marge opérationnelle était de 4,6 % en 2008, pour la porter d’ici à 2011 vers les 8 %, soit celle de ses meilleurs concurrents. Celle d’Atos Worldline s’envole déjà autour de 15 %
Quasi-gel des salaires
Les syndicats de cette division, que M. Breton appelle "la pépite", ont compris que les salariés risquaient d’y perdre beaucoup, d’autant qu’une harmonisation des statuts entre les différentes divisions a été annoncée en janvier. "Et elle se fera forcément vers le bas pour Atos Worldline" dont les salariés ont divers avantages liés aux bons résultats de la filiale, estime le délégué CGT.
Ce quasi-gel des salaires intervient en pleine déprime liée au déménagement annoncé pour juin. Les 4 500 salariés des sites franciliens du groupe doivent être réunis à Bezons (Val-d’Oise), ce qui permettra une économie de 20 à 25 millions d’euros par an en loyer. Mais selon le comité d’entreprise, 92 % des salariés verront leur temps de trajet augmenter. "La résistance à la politique sociale menée est générale dans le groupe", note Marie-Christine Lebert, coordinatrice CFDT chez Atos Origin. Contactée, la direction n’a pas répondu à nos sollicitations.
Même la galette des rois a été prise pour cible. Le 26 janvier, à la tour Manhattan de la Défense, note le délégué CGT, "seules 26 personnes sont venues la partager avec Thierry Breton, alors que d’habitude, on était 800".
Francine Aizicovici
Voir aussi :
Les conflits sociaux dans le secteur informatique (SSII, DSI, télécoms...)























