REVUE DE PRESSE :
Le rapport Attali et les TIC :
http://www.01net.com/editorial/3702&hellip ;
http://www.cio-online.com/actualite&hellip ;
http://www.itrmanager.com/articles/&hellip ;
http://www.zdnet.fr/actualites/inte&hellip ;,39020774,39377739,00.htm
Le rapport Attali et les logiciels libres :
http://www.journaldunet.com/solutio&hellip ;
http://www.lemondeinformatique.fr/a&hellip ;
http://www.journaldunet.com/solutio&hellip ;
http://www.itchannel.info/articles/&hellip ;
Visions critiques :
http://www.agoravox.fr/article.php3&hellip ;
http://la-forge.info/site/wp-conten&hellip ;
1. LE NUMÉRIQUE, PASSEPORT DE LA CROISSANCE : DÉCISIONS 49-65
Des propositions qui vont, certes, dans le bon sens mais qui manquent néanmoins d’ambition…
La société de l’information exige une vision à long terme qui passe nécessairement par le soutien à notre industrie du logiciel, par le développement de grands projets technologiques via des partenariats public-privé (PPP), mais aussi par les moyens de donner au Vieux Continent une plus grande indépendance technologique.
Sur ce dernier point, et face aux constats qui suivent, l’Europe doit faire preuve en effet d’un bien plus grand réalisme économique vis-à-vis des « prédateurs » américains et asiatiques :
- Les prises de participation des américains (et maintenant des asiatiques) dans les sociétés IT européennes augmentent chaque année (à lire).
- Les américains ont la mainmise sur les trois pans essentiels de la gestion de l’information : chercher, stocker, et afficher l’information, ce qui entraîne à terme des risques pour l’Europe, tout d’abord en matière de confidentialité et de sécurité de l’information, ensuite en termes d’impartialité de l’information. La compétitivité de nos entreprises est aussi étroitement liée à notre intelligence économique, laquelle dépend aussi des moyens employés.
- L’Europe ne représente que 30% du marché mondial du logiciel. Les 100 premières entreprises européennes du secteur (le « Truffle 100 ») représentent un chiffre d’affaires total inférieur à celui de Microsoft : 20,7 milliards d’euros contre 34,5 milliards d’euros. Sur les quinze premiers éditeurs mondiaux, un seul est européen (SAP), les quatorze autres sont américains. L’Allemagne génère la moitié du chiffre d’affaires total du Truffle 100, devant le Royaume-Uni (20,6%), la France (14,7%).
Or, les propositions du rapport Attali demeurent pour l’essentiel franco-françaises…
Seule la décision 62 se positionne a un niveau plus européen que les précédentes, recommandant d’utiliser la présidence française de l’Union européenne pour proposer un programme de développement du numérique. Mais ce programme demeure peu ambitieux.
La décision 54, visant à renforcer les normes, règles interprofessionnelles et services labellisés en matière de sécurité et de qualité au niveau européen, complétée par la décision 58 visant la fixation de normes internationales garantissant l’interopérabilité, va également dans le bons sens.
La décision 58 veut surtout promouvoir la "concurrence entre logiciels propriétaires et logiciels libres" : c’est une vision des choses qui ne nous parait pas réellement correspondre aux réalités du marché… néanmoins, le logiciel libre (et tout ce qu’il induit en terme de développements supplémentaires, de formation et de support) peut apparaître également comme un bon concurrent des technologies propriétaires extra-européennes, surtout pour les PME (principal réservoir de croissance à long terme pour les services IT).
Toutes ces propositions font d’ailleurs partie du document de position du MUNCI (cf. plus bas).
Pour faire de l’Europe un véritable acteur technologique dans le monde des TIC, aucune proposition ne doit être tabou :
- Préférence communautaire, voire même patriotisme économique, pour les investissements publics en TIC (logiciels et services).
- Protection du capital de certaines entreprises IT européennes (à l’instar de ce qui se fait dans d’autres secteurs stratégiques…).
- Small Business Act en faveur des PME européennes.
Voir l’ensemble de nos propositions dans notre Document de position (partie : V – TIC, Industrie du logiciel et Société de l’information).
2. LE RAPPORT ATTALI et L’EMPLOI
MODERNISER LE DIALOGUE SOCIAL : DECISIONS 115-121
Nous approuvons le diagnostic et les propositions faites par la Commission Attali pour relancer la démocratie sociale, confisquée en France depuis plus de 40 ans par huit centrales syndicales (cinq salariales et trois patronales).
Hélas, cette spoliation anti-démocratique risque bien de durer : en effet, la réforme de la démocratie sociale vient d’être placée par le gouvernement sous la responsabilité…de ceux qui en sont précisément les bénéficiaires !! Il est peu probable que les partenaires sociaux accepteront de perdre leurs privilèges…
Voir nos propositions dans notre Document de position (partie : IV – Démocratie sociale, syndicalisme et responsabilité sociale des entreprises).
FACILITER L’ACTIVITE DES SENIORS : DECISIONS 133-135
Les propositions ("Permettre à chacun de retarder, s’il le désire, son départ à la retraite, Lever toutes les interdictions de cumul emploi-retraite") sont évidemment totalement insuffisantes pour relancer l’emploi des seniors. Elles sont typiquement le fruit d’une vision hyprocrite et trop répandue chez nos dirigeants qui refusent de voir le problème à la base : les discriminations à l’embauche des quinquas (et même parfois des quadras dans l’informatique).
Voir nos propositions dans notre Document de position (partie : I – Emploi, formation et droit du travail / C – Seniors).
FACILITER LA RUPTURE À L’AMIABLE DU CONTRAT DE TRAVAIL : DECISIONS 143-145
La rupture à l’amiable du contrat de travail figure déjà dans l’accord sur la « modernisation du marché du travail » du 11 janvier 2008 et sera bientôt une réalité, ce qui est plutôt une bonne chose de notre point de vue afin de diminuer la judiciarisation des licenciements.
Par contre, le rapport Attali voudrait « redéfinir le licenciement pour motif économique en complétant la liste des motifs possibles pour assurer la pérennité des entreprises par les motifs : réorganisation de l’entreprise et amélioration de la compétitivité ».
C’est là évidemment une proposition complètement irresponsable et désormais superflue du fait de l’adoption de la proposition précédente.
LA MOBILITE INTERNATIONALE et L’IMMIGRATION ECONOMIQUE : DECISIONS 222-223
Le rapport Attali prône une ouverture massive, très libérale, aux travailleurs étrangers qualifiés :
« . Comme en Norvège et au Royaume-Uni, les travailleurs étrangers hautement qualifiés doivent être autorisés à venir chercher du travail pour une durée déterminée sans exiger qu’ils soient en possession d’un contrat de travail ou d’une proposition d’embauche.
. Il faut inverser la charge de la preuve du besoin de recrutement d’un étranger pour occuper un emploi déterminé : lorsqu’une entreprise dépose une offre d’emploi à l’ANPE ou auprès des autres opérateurs du SPE (Service public de l’emploi), et si, au bout d’un certain délai (3 mois), si celle-ci n’a trouvé aucun candidat français qui lui convienne, un titre de séjour avec autorisation de travail est délivré de plein droit à un candidat étranger.
. Par ailleurs, une entreprise ne devra plus, si elle veut accentuer sa dimension internationale, avoir à faire la preuve qu’il n’est pas possible de trouver un équivalent français pour recruter un étranger. »
Or, dans le secteur informatique, pour ne citer que lui, l’immigration économique cache de nombreuses faiblesses depuis plusieurs années :
Elle se base sur une évaluation souvent faussée, et actualisée parfois avec des années de retard (…), des données réelles de notre marché du travail (mythe de la pénurie de main d’oeuvre : illusion des offres non pourvues, surnombre fictif des offres d’emplois et nombreux recrutements abandonnés, recrutements importants pour cause de turnover élevé, chômage des informaticiens toujours de l’ordre de 5% …), et peut donc avoir pour conséquence une concurrence abusive avec les demandeurs d’emplois du marché français. Rappelons de plus que notre marché du travail est fortement cyclique au vu de son évolution sur les 15 dernières années (2 phases de crise suivies de 2 phases de forte croissance).
Elle diminue implicitement les chances de réinsertion des demandeurs d’emplois par la formation professionnelle et par conséquent les capacités de développement de l’offre de formation qui leur est destinée et qui aurait largement besoin d’être modernisée (…)
Elle est souvent synonyme de dumping social (et de recherche de salariés plus « flexibles »…) avec des salaires souvent inférieurs aux salaires habituels du marché (surtout dans le cadre des détachements de prestataires étrangers).
Elle entraîne un pillage des ressources humaines de ces pays qui se plaignent déjà d’une forte pénurie d’informaticiens (Maghreb, Pays de l’Est, Inde…) face à leurs propres besoins de développement (…et aux besoins de l’offshore !)
Par conséquent, nous sommes assez critiques sur les propositions ci-dessus, tout comme les ambitions actuelles du gouvernement visant à favoriser fortement l’immigration économique dans le secteur informatique au lieu de privilégier notamment le développement de la formation professionnelle (un dossier complet du MUNCI sur ce thème est actuellement en cours de préparation).
Ce qui ne signifie par pour autant que nous soyons favorables à une "immigration zéro" dans le secteur informatique, ceci n’aurait aucun sens !
Une position intéressante toutefois, que nous partageons pleinement : le rapport Attali estime que « la politique des quotas ne semble pas la mieux adaptée : une ouverture sur des critères de qualification plutôt que de métier serait plus appropriée. »
Voir nos propositions dans notre Document de position (partie I – Emploi, formation et droit du travail / A – Evaluation des tensions sur le marche du travail et des besoins en main d’œuvre + partie III – Délocalisations offshoring, libéralisation des services et migrations économiques / B - Migrations économiques).
CE QUI EST INTERESSANT DANS LE RAPPORT ATTALI, C’EST AUSSI …CE QU’IL NE CITE PAS :
L’informatique n’est pas citée dans les secteurs en manque de main d’oeuvre :
"P.173 :
En France, en raison de la situation démographique du pays et de la politique restrictive de l’immigration, les entreprises françaises peinent à trouver la main-d’oeuvre nécessaire dans plusieurs secteurs clés de l’économie : le bâtiment, le commerce, l’industrie lourde, l’hôtellerie, la restauration, les services de santé et l’agriculture."
Un désavoeu flagrant aux récentes décisions prises par le Ministère de l’immigration qui considère le secteur informatique comme un secteur à forte pénurie de main d’oeuvre, et qui a donc décidé d’ouvrir l’ensemble des métiers de l’informatique, sur l’ensemble du territoire, à la main d’oeuvre étrangère (intra comme extra-européenne) sans que puisse être opposée la situation de l’emploi (le MUNCI prépare actuellement un dossier sur ce thème).
De même, la proposition irresponsable (et sans-doute même irréfléchie) du CIGREF visant à "supprimer la loi sur le délit de marchandage" n’a évidemment pas été retenue (à lire).






















