Extraits :
"Entre 2002 et 2003, la part des pays en développement et de certains pays d’Europe dans les investissements étrangers associés à des délocalisations est passée de 39 % à 52 %, selon la Cnuced."
""Cette tendance qui apparaît dans la division internationale du travail est bénéfique aussi bien pour les pays d’origine que pour les pays d’accueil", affirme la CNUCED. Elle estime que le mouvement permet aux pays d’origine d’améliorer leur compétitivité et de s’orienter vers des activités à plus forte valeur ajoutée."
Commentaires MUNCI :
Le problème est justement qu’un nombre croissant de services délocalisés sont précisément
des services à haute valeur ajoutée ! Sauf, bien sur, à considérer le développement informatique, par exemple, comme une activité tellement "banalisée" qu’elle en aurait perdu son critère d’activité qualifiée
Concernant le bénéfice de la délocalisation des services pour les PVD (pays en voie de développement), il est tout à fait discutable : il ne concerne que des minorités et incite les gouvernements à favoriser (plus ou moins directement
) ces activités au détriment du développement économique et social de ces pays au bénéfice des masses. Conséquence : le creusement des inégalités.
De plus, l’affectation d’une main d’oeuvre qualifiée principalement aux activités offshore peut priver certains pays de la disponibilité de cette main d’oeuvre (en situation de pénurie) pour leurs propres besoins économiques (exemple : l’Inde)
Enfin, il n’a jamais été démontré que la sous-traitance soit un modèle de développement à lui seul. Le commerce international n’est d’ailleurs lui-même qu’un vecteur minoritaire du développement
Concernant les pays d’origine dits "pays riches", l’accentuation du chômage de masse provoqué par les délocalisations (leur motivation essentielle et avérée n’étant rien d’autre que le dérobement au coût du travail) est durable et inévitable : il n’est pas du tout certain que les gains de rentabilité et de compétitivité soient réinvestis dans l’emploi, au contraire la délocalisation croissante de nos services informatiques porte préjudice à une main d’oeuvre jeune et qualifiée qui ne sera pas "remplacée".
C’est la demande qui crée l’investissement, l’investissement qui crée l’emploi
et non pas la croissance des profits. Or, la demande est d’autant plus faible que le chômage est élevé
A ce sujet, le meilleur exemple vient probablement des grandes entreprises américaines, championnes de l’outsourcing offshore : la trésorerie "excédentaire" de la plupart d’entre elles ne sert absolument pas la création d’emplois ! Elle est d’une part redistribuée sous forme de dividendes aux actionnaires d’autre part utilisée pour les rachats d’actions (autrement dit de la destruction de capital
)
Le "calcul" consistant à accroître le chômage dans les pays riches pour favoriser des minorités dans les PVD illustre une vue court-termiste et réductrice de l’investissement et plus généralement de l’économie car le chômage pénalise bien évidemment toute la société à commencer par les entreprises elles-mêmes (consommation stagnante, charges sociales, déficits sociaux
etc)
Les gains de rentabilité ne servent PAS l’emploi.
"La CNUCED souligne toutefois que les délocalisations de services sont loin de se faire uniquement au profit des pays en développement. "La plupart des délocalisations se font entre pays développés et les destinations les plus prisées sont l’Irlande, le Canada et Israël", a ajouté M. Fortin. "L’Inde est aussi une destination importante, mais c’est la seule dans le monde en développement"".
Commentaires MUNCI :
On peut estimer en effet que la délocalisation des services informatiques est partagée pour le moment entre les PVD et certains pays du Nord tels que l’Irlande, l’Espagne, la Russie et les pays de l’Est
Mais c’est bien la part des PDV où les coûts sont les plus faibles qui est en forte progression.
"Bien qu’il soit difficile d’évaluer l’ampleur des emplois perdus dans les pays d’origine, une analyse de 2003 citée par la Cnuced (Bardhan et Kroll) évalue à 3,4 millions le nombre des emplois qui pourraient quitter les Etats Unis vers les pays en développement d’ici 2015. Car la tendance n’en est qu’à ses débuts. L’organisation voit ainsi le chiffre d’affaires des seuls services informatiques délocalisés passer de 1,3 milliard de dollars en 2002 à 24 milliards en 2007."
Commentaires MUNCI :
Nous rappelons notre estimation qui est de l’ordre de 10 000-15 000 emplois "perdus" par les délocalisations/externalisations de services informatiques dans les pays à bas coûts en France en 2004.






















