La lutte contre l’offshore (délocalisations de prestations informatiques dans les pays à bas coût, en particulier l’Inde), l’onshore (tâches informatiques effectuées chez le client par des prestataires informaticiens étrangers travaillant fréquemment sur les bases légales et salariales de leur pays d’origine) et leurs dérives (le dumping social !) s’accentue au niveau mondial et tout particulièrement aux USA, avec une opposition croissante à l’offshore en Inde ("anti-outsourcing backlash"), qui représente 80% du marché mondial de la sous-traitance informatique délocalisée, et à la délivrance des visas H-1B, L-1, H-1C.
Plusieurs Etats américains ont déjà interdit ou sont sur le point d’interdire l’offshore et l’onshore dans leurs administrations et services publics (New Jersey, Michigan, Connecticut, Maryland, Missouri, Washington
).
Un projet de loi du Congrès ("anti-outsourcing bill"), déjà voté par le Sénat US, est également à l’étude pour protéger l’emploi dans les entreprises high-tech américaines face à la sous-traitance informatique en Inde.
Une importante réduction des quotas de visas H-1B vient d’être autorisée par le Congrès.
En Europe, l’offshore est en pleine expansion (le marché devrait tripler d’ici 3 ans).
Quant à l’onshore, c’est précisément ce qui pourrait arriver dans tous les pays adhérent à l’OMC, dont la France, avec la libéralisation totale du commerce des services, l’AGCS (avec notamment son mode 4), en cours de négociation finale à l’OMC.
Il reste à espérer maintenant que les Etats-Unis et l’Europe sauront tirer les conséquences du protectionnisme radical de l’Inde affiché pendant la conférence de Cancun (voir L’Inde refuse l’entrée des travailleurs informaticiens étrangers et "Le double jeu de l’Inde" dans la page AGCS.htm).
⇐= AUX USA =⇒
La Californie tente de se barricader contre l’offshore
Libération 22/06/2003 : New Delhi redoute une panne informatique
Le mouvement de délocalisation s’intensifie dans la high-tech américaine (31.07.2003)
Extrait :
"Face à cette hémorragie annoncée, la résistance américaine commence à s’organiser. Début juin, le Congrès a commencé à travailler sur un projet de loi visant d’abord à stopper le recours à une main-d’oeuvre immigrée dans les entreprises high-tech américaine. La dérogation permettant aux informaticiens de travailler avec un simple visa touristique sera supprimée. Les parlementaires ont également envisagé plusieurs mesures complémentaires comme par exemple l’obligation pour les grands groupes du secteur de l’assurance de déclarer le nombre de professionnels high-tech qu’elles emploient à l’extérieur des Etats-Unis."
Offshore à domicile, les USA haussent le ton
* Etats-Unis - Immigration : employés qualifiés ou domestiques sous contrat (Le Point N°1604)
Extraits :
"Alors que le travail se fait rare, les employeurs abusent de leur pouvoir, en matière de visas. Les infractions montent en flèche.
Jusqu’ici, ce type de problème concernait surtout les couches les plus basses du monde du travail, comme les ouvriers agricoles mexicains qui franchissent illégalement la frontière. Mais, aujourd’hui, l’économie américaine - plutôt faiblarde ces derniers temps - a vu se multiplier les victimes de traitements abusifs, parmi ces légions de « cols-blancs » qui débarquèrent aux Etats-Unis en plein boom de la fin des années 90, munis de visas en bonne et due forme. En règle générale, leur situation relève d’employeurs qui refusent de leur octroyer un salaire intégral, ou de leur accorder les avantages auxquels ils ont droit. Souvent, comme dans le cas de Kutty, les employeurs sont eux-mêmes d’anciens immigrants, qui connaissent donc parfaitement les arcanes du système.
Les abus ont été particulièrement nombreux dans le secteur des technologies de pointe, qui ont mis à profit les visas de type H1-B pour faire venir des dizaines de milliers de programmeurs et autres spécialistes lorsque leurs entreprises, alors en croissance accélérée, cherchaient désespérément à embaucher. Mais, avec un taux de chômage de l’ordre de 6 % parmi les chercheurs en informatique et les mathématiciens - à comparer à 0,7 % au début de l’année 1998 -, de nombreux employés sont devenus plus vulnérables
"
Lire aussi (articles US) :
50 US legislators for anti-outsourcing bill
Congress Allows H-1B Limit to Drop (réaction des adversaires : H-1B visa cut to benefit India)
Unions and States Aspire To Block Job Outsourcing
Outsourcing backlash targets India
Report : Outsourcing to cost U.S. jobs (CNET News.com, 29/07/03)
Quand les travailleurs américains s’expriment
:
Labor activists picket outsourcing event (ZDNet, le 18/09/03)
Silicon Valley hit by outsourcing protests (Silicon, le 19/09/03)
La protestation sur le Net :
Americans get on Net to protest outsourcing
Sites web :
http://www.washtech.org/
http://www.techsunite.org/
http://www.outsourcecongress.org
http://www.hireamericancitizens.org/
http://www.rescueamericanjobs.org
http://www.h1bprotest.com/
Quand les grands patrons s’inquiètent de l’offshore :
Les Etats-Unis vont-ils perdre leur leadership technologique ? (Silicon, le 05/10/2003)
Andy Grove (Intel) Speaks out on Offshore Outsourcing
Intw John Steadman, président de l’IEEE-USA : « La délocalisation menace directement notre compétitivité nationale »
Les adversaires
des adversaires :
Analyst : India backlash to last two years (ZDNet, le 23/07/03)
US backlash will not hit BPO trends (Gartner)
IT Industry Gears Up to Fight Anti-Outsourcing Bill
⇐= EN ANGLETERRE =⇒
L’opposition croissante des syndicats :
Grève des salariés de British Telecom contre la délocalisation en Inde de leur centre d’appel.
Outsourcing may doom future IT careers ( ZdNet UK, le 09/07/2003)
Un forum en pointe sur ces questions.
⇐= EN AUSTRALIE =⇒
Why outsourcing should be regulated in Australia (ZDnet, 24/06/03)
⇐= OFFSHORE : LES PLUS BELLES HYPOCRISIES ! =⇒
Quelques articles allant dans le sens de la défense des délocalisations offshore et rivalisant d’ironie et d’hypocrisie, où l’on apprend par exemple que l’offshore crée des emplois dans les pays qui délocalisent
Report : Global outsourcing helps U.S (ZDNet, le 10/10/03)
CEOs defend moving jobs offshore at tech summit
India group : Outsourcing saves U.S. jobs
Venant des lobbies indiens :
Automation to replace outsourced clerical jobs : McCarthy
Outsourcing imperative for US growth (de : Nasscom)
Has the BPO backlash been contained ?






















