EXTRAITS :
(…) En Allemagne, en France et en Scandinavie, nous avons signé pour l’équivalent de 120 000 jours.homme de prestations offshore en 2008. Notamment sur des secteurs comme les télécoms, mais aussi dans la banque-assurance ou l’administration(…)"
(…)L’an dernier, les effectifs indiens du groupe ont progressé de 11% pour atteindre 5 671 salariés fin 2008 (sur un effectif mondial de 19 141 personnes). Le rythme des embauches dans cette région devrait encore augmenter cette année, a confirmé ce matin le président de la SSII.
Cet été, pour ses 40 ans d’existence, le groupe pourrait totaliser autant de salariés sur le sous-continent indien qu’en France où la SSII compte aujourd’hui 6 000 personnes.
Dans l’Hexagone, en revanche, aucun plan de recrutement n’est prévu cette année.(…)
(…) Question (LeMagIt) : "Offshore, quasi gel des salaires (moins de 1 % de progression de la masse salariale de Steria France en 2008) : est-ce que les SSII, qui il y a quelques mois seulement parlaient de guerre des talents, n’envoient pas un message très déprimant aux jeunes qui pourraient être tentés par ces métiers ?"
François Enaud : Je crois au contraire que nous envoyons un message très positif. Au fil de cette crise, les services vont démontrer que l’IT est devenu un secteur vital pour l’économie. Un investissement essentiel pour les entreprises, y compris en période de crise. Je pense que vous n’assisterez à aucune faillite dans les SSII ; tous les secteurs ne pourront pas en dire autant. (…)
COMMENTAIRES MUNCI :
Avec des effectifs offshore (rien qu’en Inde…) bientôt supérieurs aux effectifs en France, STERIA mais aussi CAP GEMINI sont aujourd’hui les SSII qui font preuve de la PLUS GRANDE IRRESPONSABILITÉ SOCIALE mais aussi stratégique et économique.
Il est totalement INADMISSIBLE en effet que des sociétés de services dont toute la valeur ajoutée repose sur la "matière grise", à savoir des emplois hautement qualifiés, comptent davantage de salariés dans les pays à bas coûts plutôt qu’en France et dans les autres pays où sont implantés leurs principaux clients.
Et quand le journaliste du MagIT pose à M. François Enaud la question du lien possible (en réalité évident…) entre développement de l’offshore et manque d’attractivité du secteur chez les étudiants, celui-ci botte en touche dans un CYNISME particulièrement RÉVOLTANT !
Mais ceci n’a rien d’étonnant car l’emploi IT en France, l’intérêt national et européen, la qualité des projets… sont généralement les derniers soucis des dirigeants de SSII (et donneurs d’ordres) pro-offshore obnubilés par la réduction des coûts.
Mais aussi par leur rémunération, car les salariés ne doivent pas être dupes sur les tenants et aboutissants de l’offshore : la stratégie se veut avant tout payante, au final, pour le porte-monnaie de nos dirigeants ! Sans oublier le titre en bourse bien sur… et donc les stock-options.
Comment interpréter de surcroît le silence des syndicats de ces grandes SSII, telles que STERIA et CAP GEMINI, face au développement de l’offshore dans les pays à bas coûts parallèlement au blocage des recrutements en France ? Deux idées nous viennent à l’esprit :
primo l’impuissance et la résignation, tant il est vrai que les représentants du personnel n’ont hélas pas réellement de pouvoir sur la stratégie de l’entreprise
secundo l’approche qui consiste à se focaliser sur les seuls problèmes touchant directement et uniquement les salariés de l’entreprise (salaires, conditions de travail…etc) en se disant que l’offshore et la question des recrutements ne sont pas le problème des syndicats et que les gains permis par l’offshore sont peut-être même bénéfiques en retour pour les salaires et la participation aux bénéfices… ce qui au bout du compte ne se vérifie jamais dans la réalité, bien au contraire !
Probablement s’agit-il d’un peu des deux.
Face à ces constats :
Notre premier message s’adresse aux INFORMATICIENS : dans votre intérêt professionnel, nous vous conseillons fortement D’ÉVITER les SSII les plus implantées à l’offshore pour ne pas vous retrouver dans des projets "offshorisés" !
En effet, les témoignages que nous recevons depuis plusieurs années vont régulièrement dans le même sens, à savoir que les projets offshore sont très souvent une source de désagréments et d’ingratitudes pour les équipes pilotes en France : surabondance des spécifications et des tests, problèmes de communication, différences culturelles ou liées au management, lourdeurs et lenteurs du travail (généralement asynchrone) à distance, turnover des équipes offshore, etc.
De plus, travailler dans une SSII implantée à l’offshore présente un risque pour la pérennité de son poste : non seulement votre emploi risque lui-même de finir offshorisé… mais il est alors possible, de surcroît, que vous ayez auparavant à "transférer vos compétences" (nouveau concept de nos managers) à votre "successeur à bas coût" ! (Il n’y a probablement rien de plus humiliant…)
Enfin, ne croyez surtout pas que les SSII répercutent les gains réalisés grâce à l’offshore (gains par ailleurs très relatifs et souvent discutables…) sur leur politique salariale en France : Steria, Cap Gemini et Atos (pour ne citer qu’elles), avec leurs politiques de modération salariale, en sont la preuve éclatante du contraire.
Notre second message s’adresse aux POUVOIRS PUBLICS, à qui nous demandons l’application de MESURES pour lutter contre ces pertes d’emplois :
PRISE EN COMPTE des dé|relocalisations de services (tâches informatiques, BPO, centres d’appel…) au même titre que les délocalisations industrielles dans les politiques publiques : ceci est loin d’être le cas à l’heure actuelle en raison de "l’archaïsme" d’une bonne partie de notre classe politique et de la forte influence qu’elle reçoit des lobbies économiques concernés (toujours plus syndicalisés côté moyennes et grandes entreprises de services comme au Syntec… toujours moins hélas côté salariés, freelance et TPE).
Ceci entraine un certain nombre d’excès de la part de nos dirigeants politiques qui doivent être impérativement STOPPÉS : Offshore informatique : chroniques de l’aveuglement et de la complaisance des pouvoirs politiques, publics et économiques
INTERDICTION formelle de tout recours à l’offshore (partiel ou total, direct ou indirect) dans le cadre des marchés publics.
EXCLUSION des marchés publics des sociétés de service ayant recours excessivement à l’offshore (ex. Cap Gemini, Steria, Atos, Sopra, Logica, Accenture, Ibm, Hp-Eds, Csc, Unisys, Valtech, Business & Decision… etc etc etc).
INTERDICTION de toute aide publique (et autres avantages ou distinctions) à toutes les sociétés de service pratiquant l’offshore.
MESURES FISCALES favorisant l’implantation des centres de services en province (politiques d’aménagement du territoire) plutôt que dans les pays à bas coûts, ce qui permettrait par ailleurs de régionaliser davantage l’emploi hi-tech excessivement concentré (à 60%) sur la région parisienne. De telles mesures d’attractivité fiscale existent déjà dans les DOM-TOM et en Corse où existent d’ailleurs des centres de formation en informatique : qu’attendent donc nos SSII pour y implanter des centres "nearshore" ?
SOUTIEN A LA RE-LOCALISATION : création d’une cellule spéciale avec moyens financiers et fiscaux (ex. primes variables en fonction des montants d’investissement et du volume d’emplois recréés…) pour aider à la re-localisation des activités délocalisées
TVA SOCIALE pénalisant les délocalisations par une taxation plus élevée
SUPPRESSION immédiate du sous-groupe "Offshoring" du Groupe d’Impulsion des Relations économiques France Maroc (GIEFM) créé en septembre 2005 à l’initiative des premiers ministres français et marocain. Ce sous-groupe est une véritable provocation à l’égard de la communauté informaticienne de France et représente un soutien SCANDALEUX de notre Gouvernement à l’égard des délocalisations de services au Maghreb.
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