Extraits pertinents :
( ) l’heure est désormais au « free desk ». En clair, les bureaux sont à tout le monde donc à personne. Après chaque réunion, les consultants sont priés de faire place nette.
Ce fonctionnement quasi militaire ( ) se double d’une discipline de fer. « Il n’y a pas d’horaires officiels, mais arriver après 8 h 30 et repartir avant 21 h 30 est perçu comme un signe de démotivation, assure un junior. Et quand il faut terminer un projet, il n’est pas rare d’enchaîner les nocturnes et les week-ends de boulot. » « C’est d’autant plus vrai lorsque l’équipe est en sous-effectif parce qu’on a dû serrer les coûts pour battre la concurrence », souffle un ancien senior manager.
Ce rythme d’enfer finit par avoir raison de beaucoup d’entre eux. D’où un turnover qui oscille, selon les années, entre 12 et 18%. « Passé quatre ou cinq ans, une fois l’expérience Accenture validée sur le CV, vous aspirez à une vie normale, surtout quand vous fondez une famille », explique cet ancien consultant, fraîchement débauché par un client chez qui il travaillait.
Une fuite des talents à la fois préjudiciable et nécessaire. « Dans l’économie globale des firmes de consulting, il est vital que les expérimentés cèdent leur place à de jeunes diplômés moins chers » (
)
Afin de compenser cette saignée, il faut embaucher en permanence. En 2010, 600 nouveaux collaborateurs ont rejoint Accenture France. « Notre politique de recrutement est très ciblée, avec 50 à 60% de jeunes diplômés issus des plus grandes écoles » ( )
« En 2008 et 2009, raconte Nayla Glaise, la déléguée CGT, on a poussé de nombreux consultants et même des senior executives à signer des ruptures conventionnelles en leur mettant des mauvaises notes ou en leur confiant des projets en dehors de leurs compétences. » L’inspection du travail s’en est émue, soupçonnant Accenture de dissimuler des licenciements économiques. La direction a levé le pied. Et, grâce à l’embellie du business en 2010, le banding a retrouvé sa vocation première : récompenser.
Commentaires MUNCI :
. Forte pression et horaires de travail intenses,
. Productivité extrême, course à la rentabilité et industrialisation poussée des services,
. Politique RH de jeunisme,
tous les ingrédients sont réunis chez Accenture pour arriver à un taux de turnover plus élevé que la moyenne du marché !
Accenture : un modèle dans les sociétés de conseil et prestations intellectuelles ?
Rappelons que le patron mondial d’Accenture, Pierre Nanterme, est aussi le président de la Fédération SYNTEC.






















