Commentaires MUNCI :
Un article globalement équilibré et objectif sur ce sujet souvent polémique qu’est l’emploi informatique !
Quelques observations :
Avec une hausse de 15 % de leurs effectifs en deux ans, les éditeurs de logiciels affichent des résultats insolents eu égard à l’évolution du chiffre du chômage en France.
=> Cette hausse de 15% des effectifs est malheureusement très sujette à caution… à lire : Panorama Top 250 des éditeurs de logiciels français : des créations d’emploi sujettes à caution...
Les entreprises gèrent la pénurie de candidats. (…) Toutefois, le manque d’informaticiens est aussi imputable au fait que les entreprises, SSII en tête puisque ce sont elles qui recrutent le plus, concentrent essentiellement leurs recherches sur le même profil : un jeune ingénieur avec première expérience…
=> Le MUNCI récuse les termes de "pénurie de candidats" et de "manque d’informaticiens" sachant qu’il existe plus de 34 000 informaticiens au chômage en France (environ 6% de la profession), dont 1/4 de chômeurs de longue durée, et qu’en moyenne une offre d’emploi pour cadre informaticien recueille 22 candidatures (sources Apec).
De plus, l’emploi informatique n’est pas du tout comparable aux métiers de l’hôtellerie-restauration, des services à la personne ou des aides-soignantes par exemple (considérés eux-mêmes comme des métiers "pénuriques"…) : il s’agit d’un marché fortement évolutif et diversifié avec des dizaines de métiers différents, des centaines de qualifications et plusieurs milliers de compétences différentes !
C’est pourquoi l’inadéquation entre l’offre (postes proposés) et la demande (profils des candidats) est en grande partie structurelle et inévitable sur un tel marché. Etant dominé de surcroît par les sociétés de prestation de services (SSII, SICT), ce marché du travail obéit à des règles plus spécifiques induites par les donneurs d’ordres (recrutements en réponse aux appels d’offres, pressions tarifaires => âgisme, critères de sélectivité multiples notamment sur les compétences requises…).
Aussi, à moins de vouloir un sureffectif de chômeurs dans nos professions qui permettrait à nos employeurs, SSII en tête, de pouvoir sélectionner des moutons à 5 pattes sur mesure pendant les appels d’offres des clients (les "intermittents de l’informatique"…), il ne fait aucun doute que SEULS une plus grande flexibilité… des employeurs ET un effort massif sur la formation continue des chômeurs comme des salariés pourront réduire cette inadéquation sur notre marché du travail.
Si nos employeurs n’évoluent pas dans ce sens et n’acceptent pas davantage les fameuses "difficultés de recrutement", nous allons DROIT DANS LE MUR et nos métiers subiront une désaffection croissante bien compréhensible de la part des jeunes générations (comme des plus anciennes)…
Car nous voyons bien au MUNCI que beaucoup d’informaticiens sont de plus en plus excédés par l’hypocrisie de la "pénurie d’informaticiens" : si le temps des "poly-informaticiens" est révolu (quoique que l’on en croise toujours un certain nombre dans les TPE/PME…), il n’est pas question pour autant de réduire les informaticiens à de simples "piles de compétences" (techniques et fonctionnelles…) ou au contraire à des profils de "spécialistes hyper pointus" incapables de s’adapter à de nouveaux métiers !
(ceci concerne seulement le salariat : il en est différemment dans le cas des professionnels autonomes où la spécialisation est un gage d’expertise et un argument commercial, et où les niveaux de revenus beaucoup plus élevés compensent les périodes d’inactivité qui peuvent être mises à profit pour se former…).
Si nous ne croyons pas à la "pénurie de candidats" de manière générale, il est vrai qu’il existe toutefois des pénuries sur certaines compétences et sur certains profils (notamment le jeune ingénieur informaticien francilien…).
Pour approfondir : Les “difficultés de recrutement” en informatique et la “pénurie d’informaticiens” : entre mythe et réalités et La France forme suffisamment d’étudiants aux métiers de l’informatique
« (…) les habitants de régions moins dynamiques en termes d’emplois dans l’informatique éprouvent donc plus de difficultés que les autres à trouver ou retrouver un emploi »
=> Plus simplement les informaticiens qui vivent hors des 3 régions de France (IDF, Paca, Rhône-Alpes) qui se partagent 75% de l’emploi informatique (la région parisienne concentrant à elle seule 60% de l’emploi informatique)…
Paradoxalement, les jeunes diplômés ne tirent pas tous profit de ce marché tendu. « Les très jeunes diplômés sont aussi boudés, constate Clémentine Eurieult de Careerbuilder. Ils entrent sur le marché notamment par le biais de l’alternance. » La professionnalisation est l’une des clefs d’insertion pour les jeunes diplômés de l’informatique.
=> A ne pas confondre avec les jeunes diplômés bac+4/bac+5 qui sont plus que jamais les chouchous de nos grandes SSII (Cap Gemini, Atos et Sopra, pour ne citer qu’elles, annoncent désormais autour de 80% de recrutements à ce niveau…).
Oui, le jeunisme a encore de beaux jours devant lui dans nos SSII…



















