Réactions du Munci au Plan Besson "France Numérique 2012"
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Mot(s)-clé(s) : Economie numérique
, Industrie du Logiciel
Publié le 29 octobre 2008, mis à jour le 1er novembre 2008
SITE "FRANCE NUMERIQUE 2012"
Liste des principales propositions en rapport avec le secteur IT (extraits du plan)
Toutefois, nous y voyons des lacunes importantes entre autres dans le domaine du logiciel.
COMMUNIQUE DE PRESSE :
"France Numérique 2012" met en avant un ensemble de propositions intéressantes susceptibles d’accompagner le développement de l’économie numérique en France, encore faut-il escompter des changements culturels conséquents pour permettre l’essor des nouveaux usages… et une réelle détermination du gouvernement pour mettre en oeuvre ce plan.
Toutefois, à l’instar d’autres organisations professionnelles, nous ne pouvons que déplorer la faiblesse des propositions dans le chapitre consacré à l’industrie du logiciel, malgré le constat que « la France et l’Europe sont clairement dépositionnées dans ce secteur ».
Il est, de surcroît, étonnant de constater qu’une bien plus grande attention a été porté au secteur des jeux vidéos…
Le Munci considère que l’aide au financement et le soutien à l’international sont des approches nécessaires mais insuffisantes pour le développement de notre industrie du logiciel.
La société de l’information exige une vision à long terme qui passe nécessairement par :
une approche plus attractive, valorisante et protectrice de notre industrie du logiciel
le développement de grands projets technologiques, si possible européens (via des partenariats public-privé)
les moyens d’aller vers une plus grande indépendance technologique dans le Vieux Continent.
Pour faire émerger des champions nationaux du logiciel et de l’Internet, aucune proposition ne doit être tabou :
Recommandations d’achats (voire obligations par quotes-parts), pour les investissements publics en TIC, en faveur des fournisseurs français et européens ainsi que des logiciels libres, prioritairement avant les fournisseurs extra-européens ; TVA réduite sur le logiciel ; Ajout du secteur du logiciel dans la liste des secteurs stratégiques de l’économie française (protection du capital) ; Création d’une plateforme collaborative, à forte valeur ajoutée, de l’industrie française du logiciel…
Le logiciel libre poursuit "de lui même" un développement important qui ne doit pas être surestimé pour autant (…).
Une politique industrielle coordonnée pour le logiciel et l’internet doit être menée à l’échelon européen avec le lancement d’un grand programme de développement du numérique (partenariats publics-privés dans des pôles de compétitivité européens, prêts publics, agence européenne des TIC…).
Un malaise est de plus en plus perceptible au sein des professions IT en France : d’autres perspectives que la prestation de services (SSII) doivent être mises en avant avec le soutien à l’innovation. C’est là un facteur essentiel d’attractivité de nos métiers sur le long terme.
En ce qui concerne le chapitre dédié à l’adaptation des formations aux besoins de l’économie numérique, une plus grande professionnalisation des formations initiales en informatique est en effet souhaitable.
Le MUNCI regrette par contre vivement l’absence de soutien au secteur de la formation professionnelle des demandeurs d’emploi en informatique, plus généralement dans les métiers des TIC, qui souffre pourtant de nombreuses insuffisances.
Néanmoins, face à ce constat, les éditeurs ont eux-mêmes une grande part de responsabilité.
En ce qui concerne le chapitre dédié à la compétitivité et la croissance des entreprises par le numérique, les actions « d’évangélisation » des PME aux TIC vont certes dans le bons sens mais devront être conditionnées au respect d’une vraie indépendance vis à vis des prestataires et fournisseurs, ce qui est loin d’être assuré…
Nous espérons que les actions en faveur d’un « Small Business Act » (Adapter les politiques publiques dans le domaine des PME innovantes du numérique) favoriseront un meilleur accès aux marchés pour les plus petites entreprises.
Nous regrettons enfin l’absence (quasi-)totale de dispositions concernant la démocratie électronique (ex. les machines à voter ; En matière de vote électronique, la seule proposition concerne les élections étudiantes) ainsi que l’intelligence économique (rôle possible des collectivités territoriales et des CCI), autant de domaines pourtant abordés lors des assises du numérique et pour lesquels la France a pris un retard parfois important.
(Une étude plus détaillée du Plan Besson, avec l’ensemble des analyses et propositions du MUNCI, se trouve plus bas dans cette page)
PETIT RETOUR sur le lancement des ASSISES du NUMÉRIQUE le 29 mai 2008 à Paris-Dauphine :
50% de représentants politiques ou d’organismes d’états
20% de représentants de lobbies principalement de grands groupes
10% de représentants internationaux
10% ou 5 grands groupes français (Sfr, Orange, Casino, Bull, Iliad)
10% ou 5 grands groupes étrangers (Microsoft, Ibm, HP, Intel, Ericsson)
Les représentants des grands groupes étant les principaux sponsors de l’évènement…
… mais aucun éditeur de logiciel français (un seul représentant de start-up française) !
… ni aucun syndicat ou association de professionnels des TIC (hors syndicats/associations de dirigeants et représentants des logiciels libres) !
Par contre :
Dans la table ronde sur "La modernisation administrative et les TIC : Administration électronique" : la seule entreprise est Microsoft France, représentée par Eric Boustouller (président) !
(Rappelons que Microsoft est un membre fondateur et éminent de l’Afdel, l’Association FRANCAISE des Editeurs de Logiciels…).
Dans la table ronde sur "Les TIC, facteur d’ouverture de la Méditerranée sur l’international" :
Présence de Ahmed Chami (remplacé), Ministre de l’Industrie et des TIC du Maroc, ainsi que Lamia Chaffai, Secrétaire d’Etat aux TIC en Tunisie… tous deux ardents promoteurs des délocalisations offshore (informatique, BPO, centres d’appel…) dans leurs pays !
(Nous avons pu apprécier toutefois leur "retenue" à ce sujet dans leur allocution, qui était plus que la bienvenue dans le contexte des assises…)
Dans la brochure remise à cette occasion :
Une ITW d’une page entière pour des dirigeants de Ebay et HP…
Par contre, le Munci, principale association professionnelle d’informaticiens en France, n’a pas eu le moindre encart !
REVUE DE PRESSE :
(pleine de nuances…)
France numérique 2012 : un plan centré sur le consommateur
Plan Besson : l’industrie des nouvelles technos globalement satisfaite
Plan Numérique 2012 : un accueil en demi-teinte
Jean Mounet, Syntec Informatique : « France Numérique 2012 est très pauvre pour le logiciel »
Jean Mounet (Syntec Informatique) : "Le Plan Numérique 2012 apporte des solutions face à la crise"
Le Club de l’économie numérique satisfait du plan France Numérique 2012
Déçue par le plan Besson, Renaissance numérique lance son plan d’action contre la fracture numérique
« Le plan Besson pour le numérique, c’est de la poésie » (Renaissance numérique)
France Numérique 2012 : Afdel qui rit, April qui pleure
Plan numérique 2012 : Les réactions de l’Asic, de l’April et de l’Afdel
Plan Numérique 2012 : les "pros", "les antis" et les "réservés" affûtent leurs arguments
Les professionnels répondent au plan Besson
Plan numérique 2012 : peu de mesures concrètes pour les PME
Plan Numérique 2012 : beaucoup de promesses mais peu de moyens
Que manque-t-il au plan Besson ?
Nos COMMENTAIRES sur le PLAN BESSON :
2.7 Développer le secteur du logiciel (p.43)
Constats pertinents :
"La France et l’Europe sont clairement dépositionnées en termes d’industrie logicielle.
(…)
La France a déployé des efforts certains pour dynamiser la Recherche et Développement, indispensable au secteur du logiciel qui y emploie 30 % de ses ressources. La création d’entreprise est aujourd’hui foisonnante
dans le secteur du logiciel comme dans de nombreux autres. Toutefois, les jeunes pousses peinent à atteindre la stature d’un acteur de taille mondiale.
Or la présence d’acteurs de taille conséquente (chiffre d’affaire supérieur à 500 millions d’euros, présence internationale) est essentielle à l’écosystème du logiciel en France pour polariser l’activité du secteur autour de thématiques convergentes. De nombreux témoignages ont confirmé que l’avenir des jeunes pousses est incertain : elles peinent à trouver les ressources de financement nécessaires à l’installation sur la scène mondiale ; les plus dynamiques sont rachetées par des acteurs étrangers de taille mondiale, libérant la technologie et les emplois associés de leur ancrage territorial.
(…)
Les entreprises de logiciel doivent viser dès les premières années le marché mondial. Les sociétés éditrices de logiciel (SEL) ont un taux d’internationalisation de 30 %. Pour beaucoup, l’internationalisation conditionne la croissance."
En effet, l’Europe ne représente que 30% du marché mondial du logiciel. Les 100 premières entreprises européennes du secteur (le « Truffle 100 ») représentent un chiffre d’affaires total inférieur à celui de Microsoft : 20,7 milliards d’euros contre 34,5 milliards d’euros. Sur les quinze premiers éditeurs mondiaux, un seul est européen (SAP), les quatorze autres sont américains. L’Allemagne génère la moitié du chiffre d’affaires total du Truffle 100, devant le Royaume-Uni (20,6%), la France (14,7%).
Mais au-delà de ces constats, nous ne voyons aucune proposition d’envergure qui permettrait de faire entrer notre industrie du logiciel dans un cercle vertueux !
L’action n°63 ("Créer un réseau “Logiciel” de correspondants dans au moins dix villes clés de l’industrie du logiciel…") est évoquée plus loin (paragraphe 3.7 Accélérer la compétitivité et la croissance des entreprises par le numérique).
Quant aux actions n°64 ("Promouvoir un affichage séparé des prix des logiciels et systèmes d’exploitation pré-installés…") et n°65 ("permettre la vente découplée de l’ordinateur et de son logiciel d’exploitation…"), on peut s’interroger sur leur rapport véritable avec le développement du secteur de l’édition de logiciels !
Toutefois, ces actions sont très clairement les bienvenues.
Nous considérons, à l’instar du Syntec Informatique, que le plan est donc très pauvre en matière de logiciel, et qu’il est fort étonnant de constater une plus grande attention portée au secteur des jeux vidéos (7 propositions sur 2 pages) dont le poids économique est pourtant sans commune mesure avec celui de l’industrie du logiciel dans sa globalité.
Le plan envisage la création d’un fonds pour les jeux vidéo à l’image de ceux mis sur pied pour l’audiovisuel et le cinéma : c’est une mesure dont l’application aurait pu être proposée à l’ensemble du secteur du logiciel.
Il n’y a bien que l’Afdel, particulièrement mise en valeur par Eric Besson pendant les Assises du Numérique (et ce visiblement un peu au dépend du Syntec Informatique…), pour "se réjouir de l’attention qui est portée au logiciel dans le plan numérique 2012. En effet, en dépit d’une communication générale du gouvernement principalement axée sur le développement des infrastructures et des usages, le plan numérique 2012 comporte de nombreuses propositions d’actions en faveur des contenus, en phase avec les défis du développement de l’industrie du logiciel" !
La société de l’information exige une vision à long terme qui passe nécessairement par :
une approche plus attractive, valorisante et protectrice de notre industrie du logiciel
le développement de grands projets technologiques, si possible européens (via des partenariats public-privé)
les moyens d’aller vers une plus grande indépendance technologique dans le Vieux Continent.
L’Europe, en effet, doit faire preuve d’un bien plus grand réalisme économique vis-à-vis des « prédateurs » américains, et maintenant asiatiques, dont les acquisitions et prises de participation dans les sociétés IT européennes augmentent chaque année (à lire).
Les américains ont la mainmise sur les trois pans essentiels de la gestion de l’information : chercher, stocker, et afficher l’information, ce qui entraîne à terme des risques pour l’Europe, tout d’abord en matière de confidentialité et de sécurité de l’information, ensuite en termes d’impartialité de l’information. La compétitivité de nos entreprises est aussi étroitement liée à notre intelligence économique, laquelle dépend aussi des moyens employés.
Le rapport Carayon de Juillet 2006 (voir aussi l’article Le député Carayon propose la création d’un Conseil de sécurité économique), tombé dans l’oubli comme la plupart des rapports publics (on pourrait citer également le [Rapport] du député Jean-Paul Charié sur la compétitivité numérique des entreprises ainsi que le [Rapport] L’économie de l’immatériel, la croissance de demain…), avait préconisé d’une part la nécessité d’une industrie du logiciel (et de l’internet) plus indépendante au niveau européen, d’autre part un plus grand soutien à la compétitivité numérique des PME.
En ce qui concerne le logiciel, les 100 premières entreprises européennes du secteur (le « Truffle 100 ») représentent un chiffre d’affaires total inférieur à celui de Microsoft : 20,7 milliards d’euros contre 34,5 milliards d’euros. Sur les quinze premiers éditeurs mondiaux, un seul est européen (SAP), les quatorze autres sont américains. L’Allemagne génère la moitié du chiffre d’affaires total du Truffle 100, devant le Royaume-Uni (20,6%), la France (14,7%).
Le logiciel français est en voie de satellisation, sa part dans l’industrie diminue à la faveur d’une tendance à la concentration qui voit chaque année nombre des acteurs français changer de nationalité.
Le Munci considère que l’aide au financement et le soutien à l’international sont des approches nécessaires mais insuffisantes pour le développement de notre industrie du logiciel.
Pour faire émerger des champions nationaux du logiciel et de l’Internet, aucune proposition ne doit être taboue :
RECOMMANDATIONS d’achats (voire OBLIGATIONS par quotes-parts) auprès de l’ensemble des investisseurs publics (administrations, collectivités, entreprises (semi-)publiques…) et pour tous types d’investissements en TIC (logiciels, services, matériels…), en faveur des FOURNISSEURS FRANÇAIS et EUROPÉENS ainsi que des LOGICIELS LIBRES, prioritairement avant les fournisseurs EXTRA-EUROPÉENS
TVA RÉDUITE sur le logiciel (… uniquement français ou européen ? … uniquement pour les PME ?)
A noter que cette demande de TVA réduite est également exprimée par les professionnels du secteur des biens et services culturels depuis une quinzaine d’années.
Ajout du secteur du logiciel dans la liste des SECTEURS STRATÉGIQUES de l’économie française (loi « Breton » du 26 juillet 2005 et décret du 31 décembre 2005 définissant les secteurs stratégiques dans lesquels le gouvernement peut s’opposer à la prise de contrôle d’une entreprise française par un investisseur étranger)
Création d’une PLATEFORME COLLABORATIVE, à forte valeur ajoutée, de l’industrie française du logiciel recensant les acteurs de la filière, leurs communications, les appels d’offres et les demandes (il s’agit d’ailleurs d’une idée initiée par la DRIRE-IDF pour la région Ile de France)
A ceux qui nous répondent que toute velléité de "patriotisme économique", ou "préférence européenne", serait sanctionnée en retour sur les marchés internationaux, nous répondons :
que de nombreux pays (USA, Asie…) pratiquent déjà ce "patriotisme économique" avec leur propre industrie du logiciel plus ou moins discrètement (…)
qu’il ne s’agit pas d’acheter non plus exclusivement français ou européen et que les commandes publiques ne représentent que 10 à 15% du marché
que cela n’entraverait pas le développement de notre industrie du logiciel… dans les pays qui ne sont pas eux-mêmes exportateurs de logiciels !
Le chef de l’Etat a annoncé récemment que la France s’apprêtait à investir 175 milliards d’euros en trois ans dans l’économie, et en particulier dans l’économie numérique, nous espérons que le message passera…
Le plan France Numérique 2012 est par ailleurs très franco-français…
A l’image des efforts actuellement entrepris par le Syntec Informatique auprès de la Commission européenne et de Viviane Reding, commissaire européen à la société de l’information, nous pensons qu’il faudrait utiliser la présidence française de l’Union européenne pour proposer un grand programme de développement du numérique (décision 62 du rapport Attali) à travers :
des PARTENARIATS PUBLICS-PRIVES (des pôles de compétitivité européens ?) pour le développement de grands projets technologiques en Europe. Nous pensons notamment à un système d’exploitation européen basé sur Linux (les chinois, et bientôt les russes, ont déjà leur propre système d’exploitation) ainsi qu’à un moteur de recherche européen (par exemple à partir du moteur français Exalead, ou Quaero).
De même, des fonds publics (ex. France Investissement) devraient favoriser la création de grands sites de e-commerce dans des domaines où la concurrence est devenue inexistante avec les sites US (ex. Ebay).
la création d’une AGENCE EUROPÉENNE des TIC pour harmoniser et conseiller les politiques nationales en matière de développements et de choix technologiques, renforcer les normes, règles interprofessionnelles et services labellisés en matière de sécurité, qualité et interopérabilité au niveau européen (décision 54 du rapport Attali), mais aussi promouvoir la participation d’un plus grand nombre d’experts européens auprès des ORGANISMES INTERNATIONAUX de normalisation (W3C, IETF, ICANN, OASIS…)
Enfin, en ce qui concerne les logiciels libres et l’administration électronique :
A l’instar de l’April, nous regrettons que l’objectif de 20% de logiciels libres dans les marchés publics et le soutien au mécénat en faveur du logiciel libre soient passés à la trappe.
Néanmoins, ce n’est pas ce qui va entraver sa forte croissance dans l’administration comme dans les entreprises…
Les logiciels libres gagnent toujours plus en maturité, ils génèrent des emplois de services (intégration et développements évolutifs, support, formation…) et sont facilement accessibles aux informaticiens pour leur formation personnelle.
Ils sont à même de satisfaire les enjeux de l’administration électronique (interopérabilité et respect des standards ouverts, accessibilité, accès au code source, pérennité et maitrise du système d’information…).
Toutefois, il conviendrait de ne pas surestimer excessivement le développement du logiciel libre à travers des chiffres qui peuvent paraitre pour le moins douteux…
(Exemples : étude de la Commission européenne ( ?) comme quoi 80% de la production de logiciel libre (OSS) serait d’origine européenne et comme quoi les services liés à l’open source devraient représenter 32% de l’ensemble des services liés à l’informatique en Europe, ou encore une information comme quoi le 1/3 de la croissance du marché des L&S en France serait porté par le logiciel libre à lui seul…)
En ce qui concerne la question de l’interopérabilité (action n°126 : "Assurer l’interopérabilité entre administrations"), nous partageons la vision de l’Afdel : "l’Etat régulateur est bien inspiré d’encourager l’interopérabilité des systèmes d’information, il le serait moins d’en figer la définition et d’apporter son soutien exclusif à un modèle, le logiciel libre, plutôt qu’à tout autre".
Nous constatons que l’application de standards interopérables est promue à plusieurs endroits du plan mais seulement dans des domaines précis (DRM, audiovisuel, données personnelles, télésanté…).
En conclusion :
Il n’est pas encore trop tard pour que l’Europe devienne un grand acteur technologique dans le monde des TIC, de même poids que les USA.
Mais si par contre aucune décision d’envergure n’est prise dans les années à venir, notre industrie du logiciel et de l’Internet continuera inexorablement à décliner par rapport au reste du Monde…
Toutes nos propositions sont issues du Document de position du MUNCI (partie : V – TIC, Industrie du logiciel et Société de l’information).
D’autres sources d’inspiration peuvent être également trouvées dans les rapports « L’économie de l’immatériel » et « A armes égales » (qui n’ont visiblement pas beaucoup convaincu le cabinet de M. Besson…).
3.6 Adapter les formations aux besoins de l’économie numérique (p.55)
Action n°100 : "Adapter les formations initiales aux besoins des entreprises".
Une plus grande professionnalisation des formations initiales en informatique est en effet souhaitable à partir des principaux outils (propriétaires comme libres) du marché.
Toutefois un juste milieu est à trouver afin d’éviter le risque (déjà présent) d’enfermement (voire de "privatisation" dans le cas d’outils propriétaires) de certains cursus sur un outil particulier.
Il n’est pas acceptable en effet que certains éditeurs aient imposé un monopole sur leur(s) outil(s) dans certaines formations publiques.
Le bon sens voudrait que ces formations présentent plusieurs outils phares du marché en même temps qu’un ou plusieurs logiciels libres.
Nous regrettons, par contre, vivement l’absence de soutien au secteur de la formation professionnelle des demandeurs d’emploi en informatique, plus généralement dans les métiers des TIC, qui souffre pourtant de nombreuses insuffisances.
Les actions N°101 et n°102 peuvent aller dans ce sens mais se concentrent exclusivement sur l’université, qui ne représente qu’une petite part du marché de l’offre de formation professionnelle.
(Action N°101 : "Mettre en place, dans les universités, des cursus pour les jeunes diplômés et pour les professionnels, offrant un complément de formation pluridisciplinaire et professionnalisant orienté sur les métiers du logiciel et de l’Internet".
Action n°102 : "Mettre en place, dans les universités, des filières de formation tout au long de la vie dans le domaine des technologies numériques").
Pourtant, il existe de fortes inégalités en France dans ce domaine, l’offre accessible aux chômeurs (actuellement 20 000 environ dans le secteur informatique) ayant en effet peu de rapport avec celle destinée aux salariés des entreprises.
Dans le premier cas, il s’agit de formations, qualifiantes ou diplômantes, de moyenne ou longue durée, qui présentent plusieurs inconvénients :
l’offre est insuffisante sur le territoire français et se concentre essentiellement sur la région parisienne
la sélection à l’entrée a pour but de favoriser les profils les plus rapidement ré-employables (critères de financement des pouvoirs publics, régions comme Assedic)
dans leur majorité, ces formations ne correspondent pas aux compétences les plus recherchées sur notre marché du travail et bénéficient de peu de moyens.
Dans le second cas, ce sont des formations courtes assurées par des centres de formations interentreprises, ou directement par les fournisseurs, qui sont essentiellement axées sur le développement et la mise à jour des compétences sur les outils du marché.
Leur coût (par rapport à leur durée) rend impossible, pour un demandeur d’emploi, toute possibilité de financement (même partiel) par les pouvoirs publics.
De même, pour un indépendant, il est très coûteux d’accéder à ces formations : dans la plupart des cas, il ne peut compter que sur lui-même pour se les financer.
Face à ces constats, le Munci a lancé un appel à partenariat aux éditeurs et fournisseurs implantés sur le marché français, mais qui malheureusement n’a pas encore obtenu le succès espéré.
Aujourd’hui, nous considérons que les éditeurs français, dans leur immense majorité, ne font pas d’effort de leur côté pour favoriser la formation des publics non salariés (étudiants, stagiaires, chômeurs, indépendants…) sur leurs outils et, plus généralement, pour "démocratiser" davantage leur offre dans la société (des offres spéciales pourraient être destinées aux associations, TPE, particuliers…).
Par ailleurs, en ce qui concerne les actions n°103 ("créer un référentiel des métiers du numérique…") et n°110 ("inviter les CCI et CMA à créer un référentiel métier dans les domaines du conseil et de l’accompagnement informatique…"), nous ne croyons pas que la création d’nièmes référentiels des métiers des TIC soit une priorité…
3.7 Accélérer la compétitivité et la croissance des entreprises par le numérique (p.56)
Des constats pertinents :
"Les entreprises françaises investissent ainsi deux fois moins dans les TIC que leurs homologues aux Etats-Unis et ce retard d’investissement a créé depuis une vingtaine d’années un écart de croissance entre les économies européenne et américaine d’un demi-point annuel de PIB.
Alors que le développement des PME est l’une des clés de notre avenir économique, celles-ci ne disposent souvent pas des ressources ou des connaissances nécessaires pour évaluer les bénéfices qu’elles pourraient retirer des TIC ou définir une stratégie d’amélioration de leurs processus et de leur organisation grâce aux TIC."
"De plus, il est aujourd’hui difficile pour une PME de trouver le “bon“ interlocuteur pour la conseiller, que ce soit au sein de la sphère publique ou privée. Les services proposés par des sociétés de conseil sont souvent surdimensionnés (en jours de conseil par exemple), et il peut s’avérer complexe de trouver un prestataire alliant garantie suffisante de qualification et indépendance par rapport aux offres d’outils."
En ce qui concerne le 2eme constat, signalons la présence sur le marché d’environ 30 000 indépendants en informatique, alliant compétitivité (tarifs), flexibilité, expertise, autonomie et indépendance, bien placés par conséquent sur le marché des PME mais qui manquent de visibilité et de facilité pour l’accès aux marchés.
Une meilleure "évangélisation" des PME aux TIC est prévue notamment à travers les actions suivantes :
Action n°104 : "Mettre en place des “ambassadeurs du numérique pour les PME“"
Action n°105 : "Mobiliser les réseaux d’appui aux entreprises pour indiquer aux TPE/PME les bonnes pratiques et les initier aux usages. 1 000 conseillers au numérique seront déployés à partir des réseaux d’appui aux entreprises (…)"
Action n°108 : "Soutenir le développement d’un réseau social de “webschool“ sur l’ensemble du territoire fondé sur des initiatives personnelles et associatives, de formation aux usages des TIC par les utilisateurs."
Ces actions vont certes dans le bons sens mais devront être conditionnées au respect d’une vraie indépendance vis à vis des prestataires et fournisseurs, ce qui est loin d’être assuré…
Nous attirons vivement l’attention du cabinet de M.Besson sur ce point dans un contexte de "concurrence" croissante entre les lobbies des logiciels libres et propriétaires, au sein même de ces lobbies, et bien entendu entre fournisseurs et prestataires.
Nous faisons d’ailleurs la même recommandation pour l’action n°63 ("créer un réseau “Logiciel” de correspondants dans au moins dix villes clés de l’industrie du logiciel, en parallèle du réseau “TIC” d’Ubifrance. Les correspondants auront pour mission de concentrer leur action de veille et de prospection dans le secteur du logiciel, et d’assurer la bonne circulation de l’information au sein du réseau, pour le plus grand profit des SEL").
Enfin, rappelons que d’autres idées intéressantes figurent dans le rapport Charié de septembre 2003 (…) sur la compétitivité numérique des entreprises.
4.1 Adapter les politiques publiques dans le domaine des PME innovantes du numérique (p.68)
Constats pertinents :
"Malgré de nombreux atouts pour profiter de l’essor de l’économie numérique, la France souffre néanmoins d’une trop faible contribution des TIC à sa croissance et d’une faiblesse économique dans les domaines du logiciel, des services en ligne et de la fabrication d’ordinateurs. Seuls deux “champions nationaux” s’inscrivent au palmarès des 5 premiers groupes mondiaux dans les six principaux secteurs de l’économie numérique. La France n’a presque aucun acteur de taille mondiale dans les industries d’Internet. Aucune société française ne figure parmi les 15 premières sociétés éditrices de logiciels."
Les commandes publiques peuvent jouer un rôle essentiel dans le développement des PME innovantes du secteur du numérique. En 2006, la part des PME innovantes dans les marchés publics passés par l’État s’est élevée à 12 %. Ce résultat est à comparer aux 23 % obtenus par les PME américaines dans les marchés publics fédéraux grâce au Small Business Act (SBA). Une action au niveau de la politique d’achat de l’État permettra aux PME innovantes de bénéficier d’un marché intérieur, de créer la confiance, d’encourager les grands groupes à accompagner cette confiance par des commandes, et donc aux PME de grandir suffisamment pour s’attaquer de manière crédible au marché mondial. Une mesure dans ce sens a été ajoutée à la Loi de Modernisation de l’Économie (LME), adoptée le 23 juillet 2008 : à titre expérimental et pour une période de cinq années, 15 % des marchés publics pourront être réservés aux PME innovantes.
Il conviendrait également de développer la part de sous-traitance aux PME lors de l’attribution d’un marché public à une grande entreprise. À ce titre, le SBA américain veille à ce que les grandes entreprises qui contractent avec l’administration s’engagent à offrir aux PME, par la voie de la sous-traitance, une participation au bénéfice de la commande publique. L’attribution de marchés publics dans le cadre de consortiums contribuerait ainsi à la formation d’écosystèmes associant grandes entreprises et PME."
Les action n°138 ("Faciliter l’accès des PME innovantes du secteur du numérique aux marchés publics…") et n°139 ("Faciliter et renforcer les relations entre les PME innovantes du secteur du numérique et les grands comptes…") rentrent précisément dans le cadre d’un "Small Business Act" dont l’idée est défendue par le Munci depuis sa création il y a 4 ans…
Toutefois, afin de gagner en efficacité et en "justice économique", nous estimons :
1. que ce SBA devra être européen et s’efforcer de favoriser aussi bien les petites que les grandes PME
2. qu’il convient d’encadrer parallèlement la sous-traitance en cascade, tout au moins dans le domaine des prestations intellectuelles.
La situation devient en effet intolérable pour un nombre croissant de TPE et professionnels indépendants des TIC, dont la marge de manoeuvre est trop souvent entravée par l’intermédiation généralement inutile (et coûteuse) de grandes ou moyennes sociétés de services/conseil qui se trouvent être les seules à être référencées par les directions des achats des clients privés comme publics.
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Dommage que votre communiqué ait été moins diffusé dans la presse que les réactions d’autres organisations (Syntec, Afdel, April…). Vos positions sont plus pertinentes et ont davantage de "hauteur"… Vous êtes aussi les seuls à faire le lien entre le développement de l’économie numérique et notre secteur professionnel, bravo.















