Sur l’année 2002, le secteur a certes enregistré une baisse générale de 3% de son Chiffre d’Affaires.
Mais un examen plus attentif des résultats financiers des MOYENNES ET GRANDES SSII sur cette année montre que les difficultés réelles engendrées par la mauvaise conjoncture et par les pressions tarifaires des clients
sont tout de même à relativiser.
Ce sont pourtant ces SSII qui pratiquent la gestion humaine la plus critiquable en comparaison des plus petites SSII qui sont "paradoxalement" les plus attaquées par la crise
1) Concernant leurs résultats financiers :
Il ressort que 60 des 100 premières sociétés informatiques (services + logiciels) du marché français ont affiché un CA 2002 en croissance (ou stable) par rapport à celui de 2001 : ex. IBM Global Services (+2 %), Accenture (+ 4% à +13% selon sources), HP Services (+4% à +9% selon sources), EDS (+15% à +30% selon sources) , Unilog (+ 6%)
=> cf. http://www.01net.com/article/208055.html (enquête du cabinet PAC)
(Notez que le sous-titre de cet article annonce pourtant : "2002, une année de récession" ! Effet de mode ou désespoir
la récession n’est visiblement pas encore au RDV pour une majorité de sociétés
??!)
Encore mieux : 21 des 34 premières sociétés de services informatiques du marché français ont réalisé un CA 2002 en croissance (ou stable) par rapport à celui de 2001, soit les 2/3 d’entre elles !!!
=> cf. http://www.01net.com/article/208056.html (enquête du cabinet PAC).
Il est vrai que dans un certain nombre de cas, cette hausse d’activité que reflète le CA est due à des opérations de croissance externe (surtout pour les sociétés les plus grosses justement) MAIS SI L’ON REGARDE AUSSI LES RESULTATS NET DE CES SOCIETES (nous n’avons pas trouvé de tableau de synthèse pour cela
), ON CONSTATE QU’UNE MAJORITE D’ENTRE ELLES ONT PUBLIE EN 2002 UN RESULTAT NET POSITIF (c’est le cas pour Steria, Unilog, Sopra, Atos, Altran, GFI
etc)
=> La plupart des moyennes et grosses SSII se portent donc en fait plutôt bien financièrement et arrivent même pour certaines à se désendetter (ex. Atos, GFI)
(Attention : si certaines SSII semblent parfois en grandes difficultés jusqu’à se placer en redressement judiciaire, c’est parfois aussi pour mieux se restructurer : voir aussi cet EXEMPLE SIGNIFICATIF d’une CERTAINE REALITE
derrière CERTAINES ANNONCES : http://www.weblmi.com/news_store/20...
bien lire l’article jusqu’à la fin !)
Les problèmes financiers sont par-contre plus sérieux pour les :
LES WEBAGENCIES : beaucoup ont fait faillite (NAGORA, FISYSTEMS
) ou bien ont été placées en redressement judiciaire.
Elles souffrent principalement de la forte chute des projets 100% web et de la concurrence des SSII traditionnelles qui ont capitalisé autant d’expérience dans ce domaine et qui peuvent surtout mener des projets plus complexes d’intégration web au SI (EAI, portails
etc)
LES PETITES SSII qui sont surtout victimes de la réduction des listes de prestataires par les grands comptes.
MAIS CURIEUSEMENT CE NE SONT GENERALEMENT PAS CES SSII QUI PRATIQUENT LES LICENCIEMENTS ABUSIFS etc !!! CE SONT BIEN AU CONTRAIRE LES MOYENNES ET GRANDES SSII QUI AFFICHENT POURTANT LES "MEILLEURS" RESULTATS FINANCIERS !!!
2) Concernant la chute des prix des prestations depuis 2 ans, les baisses ne sont pas aussi importantes qu’on pourrait le croire : ca varie de -5 à -25% selon les prestations
avec une moyenne (certainement très approximative) de -15%.
Il est plus inquiétant de se demander jusqu’ou cela ira avec l’effet dumping des prestations offshore
Cette chute des prix semble néanmoins stoppée depuis la mi-2003.
Il ne doit faire aucun doute que le marchandage sur les prix entraine automatiquement une baisse de la qualité et une compromet une relation de confiance durable entre le client et le prestataire
Nous sommes là encore dans une logique d’opposition des visions à court terme et à long terme.
Lire cette interview intéressante du PDG de Valoris
Extrait :
"Q : Cette pression sur les prix peut conduire à une baisse de la qualité ?
R : C’est une logique qui concerne l’ensemble des acteurs du marché (Accenture Cap Gemini, IBM, etc.) et dans laquelle tout le monde est perdant, la société de services comme les clients. Elle met les marges des SSII à rude épreuve, les niveaux salariaux étant généralement trop élevés au regard de la demande.
Face à cet enjeu, une nouvelle restructuration n’est pas la solution pour nous. Elle engendrerait en effet un appauvrissement de nos équipes et par là même une baisse de notre niveau d’expertise. Nous espérons l’émergence d’une prise de conscience collective qui permettrait d’aboutir à un point d’équilibre."
3) Concernant le taux d’utilisation des consultants, il est revenu en moyenne vers 70-80% (Ex. 60% chez Fisystem, 70% chez Cap Gemini, 80% chez Valoris, 85 % chez Transiciel d’après des données récentes de ces sociétés )
=⇒ En définitive, et pour toutes ces raisons, il nous apparaît plus que jamais que les ECONOMIES DRASTIQUES ET PARFOIS ILLEGALES réalisées notamment sur :
les nombreux licenciements abusifs pour "motifs personnels" au lieu de licenciements économiques
les nombreux licenciements sans plans sociaux (par paquets réguliers de 9
etc)
les transactions souvent irrégulières et désavantageuses (pour les salariés !)
l’effondrement des salaires d’embauche (-20% depuis 2 ans)
le recours abusif au stages pour de longs projets complexes
les remboursements de frais
etc
SONT INACCEPTABLES !!
Idem pour les DELOCALISATIONS OFFSHORE QUI N’ONT, PAR CONSEQUENT, PAS PLUS DE JUSTIFICATIONS VALABLES (jusqu’ou faudra-t-il aller pour réduire les coûts et aggraver le chômage ??!)
Bien sur, nous n’ignorons pas que c’est aussi "grâce" à ces "économies" que ces résultats peuvent être obtenus, parfois pour "convenance boursière" d’ailleurs il n’empêche que nos SSII ont encore le plus souvent une bonne marge et n’ont NULLEMENT BESOIN d’en arriver à autant d’excès !!
MEME SI LA CRISE ET LES PRESSIONS TARIFAIRES DES CLIENTS LES ATTAQUENT +OU- FORTEMENT, C’EST AUSSI LA LE MEILLEUR PRETEXTE POUR "JUSTIFIER" DE TOUTES CES ECONOMIES SUR LE PLAN SOCIAL
COMBIEN DE TEMPS ENCORE LES INFORMATICIENS SERONT-ILS LES DINDONS DE LA FARCE ET CONSIDERES COMME UNE CATEGORIE INFERIEURE DE CADRES ??!
Extrait de notre Editorial :
Nos analyses et propositions (de même que notre Charte et nos Statuts) publiées sur ce site ont été rédigées pour le moment par le Bureau national du MUNCI mais ne sont pas figées pour autant : elles évolueront avec les apports de nos adhérents principalement à travers les Commissions de notre Conseil d’Orientations.
Pour l’instant le style "spontané" utilisé dans nos pages cherche simplement à exprimer le vécu, le sentiment et le point de vue d’un grand nombre d’informaticiens
Aussi le MUNCI ne cherche-t-il pas à rassembler sur ses idées et propositions actuelles mais bien sur son projet de création d’une grande association professionnelle pour notre secteur avec un mode de fonctionnement collégial.






















