Étude "EMPLOI ET CHÔMAGE DES 50-64 ANS EN 2009" (juin 2010)
Page 10, Tableau 9 : Nombre d’emplois par secteur d’activité et part des seniors dans les effectifs en 2009
Taux de seniors dans le secteur "INFORMATION & COMMUNICATION" : 17%, contre une moyenne de 24.6% sur l’ensemble des secteurs d’activité.
On peut lire un peu plus haut :
"(…) les seniors sont peu nombreux dans des secteurs d’expansion récente comme celui de l’information et de la communication (surtout
dans l’informatique et le multimédia)"
En réalité, si l’on disposait d’une statistique plus fine pour le sous-secteur des Activités informatiques (qui prédomine dans le secteur Information & Communication depuis la nouvelle NAF Insee 2008), on s’apercevrait que le taux des seniors y est encore plus bas ! En effet, ce taux était de 15% pour les ingénieurs en informatique en 2010 (source : Dares sept. 2011, tableau 1 page 25).
Pour le MUNCI, cette situation résulte AUTANT d’une forte discrimination à l’embauche des seniors (et même des +35/40 ans pour les postes techniques) dans nos professions (et ce dans les SSII COMME DANS LES DSI) QUE de la (relative) jeunesse de nos métiers et donc du (relatif) faible taux de demandeurs d’emploi seniors en informatique.
Par dessus tout, le faible taux de seniors dans le secteur informatique est le résultat d’un modèle économique basé principalement sur le JEUNISME (moyenne d’âge dans les SSII de 33 ans selon le Syntec numérique), où les marges sont faites principalement sur les débutants (jeunes diplômés jusqu’à 5-10 ans d’expérience) et où les plus expérimentés se retrouvent paradoxalement les moins employables pour des questions de réduction des coûts salariaux, de mobilité professionnelle et géographique ou encore de mise à jour des connaissances…
Une situation opposée à celle qui prévaut dans les pays anglo-saxons, comme aux USA ou au CANADA, où le "senior developper" notamment a toute sa place…
Certes, les SSII rejettent fréquemment "la responsabilité du sous-emploi des seniors sur leurs clients trop frileux" (à lire), mais a-t-on déjà entendu le Syntec informatique dénoncer cette réalité ?
A lire sur ce sujet : Seniors [dans l’informatique] : les premiers discriminés sur le marché du travail
Ceci nous amène à rappeler à certains dirigeants de notre secteur qui mettent ABUSIVEMENT en avant la diversité dans les SSII au premier plan de la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises), que celle-ci ne se résume pas seulement à celle des origines ethniques… et encore moins au jeunisme.
La diversité, en effet, c’est aussi la place des seniors, des handicapés, des femmes…etc.
OR :
En ce qui concerne la diversité des origines ethniques, certes elle est bien présente dans nos SSII… mais elle résulte notamment d’une forte immigration économique (*) des informaticiens en provenant des pays à bas coûts (essentiellement du Maghreb, secondairement d’autres pays d’Afrique et d’Asie) que nous expliquons DAVANTAGE par des motivations de dumping social dans nos SSII (…) que par un véritable besoin de rechercher à l’étranger des profils (généralement débutants…) qui feraient défaut en France ou que nos employeurs rechigneraient à former (rappelons qu’il y actuellement près de 30 000 informaticiens au chômage, soit environ 5,8% de la profession).
(*) . Selon les statistiques de l’OCDE (division des migrations internationales), les immigrés représentent, en France et en 2007, 17,4% des actifs (hors chômeurs) exerçant dans l’informatique et 16,5 % dans les services aux entreprises, contre une moyenne de 11,3 % pour l’ensemble de la population active (source : Le Monde, 27.02.2010).
. De même, selon l’étude d’impact réalisée en mars 2010 par l’Assemblée Nationale dans le cadre du projet de loi "relatif à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité", les métiers de l’informatique représentent pas moins de 70 % de l’ensemble des autorisations de travail délivrées pour les métiers figurant sur la liste des métiers ouverts sans opposition de l’emploi, quand les métiers du BTP en représentent eux 15 % !!!
En ce qui concerne, par contre, les personnes handicapées, elles représentent 0,58 % des effectifs dans les entreprises informatiques, contre 2,9 % en moyenne dans les entreprises françaises (à lire : Emploi des personnes handicapées : le secteur informatique est à la traîne).
Mais nous supposons qu’il s’agit là surtout (surtout mais pas seulement…) d’un problème de formation des handicapés aux métiers de l’informatique. Des progrès récents sont signalés dans certaines SSII (article à lire, Atf Gaia…).
Quant aux femmes, elles ne représentent environ que 15% des effectifs des TIC, mais nous pensons qu’il s’agit là davantage d’une question de choix personnels (…) que d’un problème de discrimination négative. A signaler toutefois ce contre-exemple récent.
Quoi qu’il en soit, la réalité est implacable : qu’il s’agisse de problèmes intrinsèques (discriminations…) OU de facteurs extrinsèques (pénurie de candidates…), les entreprises des TIC, et notamment les SSII, sont - encore et toujours - l’un des PIRES EXEMPLES en France en matière de DIVERSITÉ… au sens global du terme.






















