Tous les 3-4 mois en moyenne, nous voyons apparaitre un nouveau site d’emploi et/ou de missions pour les informaticiens (plus généralement les professions du numérique), qu’ils soient demandeurs d’emploi, salariés en intercontrat ou indépendants…
Le MUNCI en a déjà recensé PLUSIEURS DIZAINES : voir les rubriques 4. Recherche d’emploi et 27. Places de marché (projets, formations…) pour indépendants et demandeurs d’emploi dans notre rubrique de "Liens utiles".
(au passage, si nous en avons oublié quelques-uns, ce qui est fort probable, n’hésitez pas à nous les signaler…)
Aucun autre secteur d’activité de l’économie française ne connait bien évidemment une telle profusion de sites de ce genre, ce qui en dit long sur les réalités de l’emploi dans le secteur IT…
Côté salariés et demandeurs d’emploi :
Cette multiplication des "jobboards" est le résultat :
de la propension habituelle des SSII à diffuser (illégalement) un sur-nombre d’offres d’emplois qui ne correspondent pas réellement à un poste effectivement disponible, le plus souvent en multi-diffusion (offres récurrentes diffusées sur plusieurs sites à la fois) via des packages d’abonnements (bi)annuels aux jobboards.
Principales raisons : offres utilisées à des fins commerciales et concurentielles (porteuses de bonne image pour la société), "sourcing" de candidats et constitution de CV-thèques, offres diffusées dans la perspective d’un contrat de prestation ou en réponse à un appel d’offres (puis recrutements annulés en raison de la non-conclusion du contrat commercial par tous les autres prestataires non retenus dans l’appel d’offres…), annulations pour diverses raisons d’ordre budgétaire ou économique, entretiens bidons par des commerciaux à des fins de renseignement économique…
Rappelons que le taux de recrutements abandonnés par les SSII est le double du taux moyen tous secteurs confondus (sources : Apec).
Lire à ce sujet :
De l’illusion des “offres d’emploi non pourvues”… à l’illégalité des “recrutements bidons”
Une approche critique des données de l’emploi informatique (et ses nombreuses disparités...)
d’un turnover record qui traduit les difficultés de fidélisation des salariés en SSII et qui s’explique tant par l’opportunisme des informaticiens (…) que par les problèmes souvent rencontrés dans nos sociétés :
- stagnation du salaire (à lire)
- évolution de carrière bloquée ou non désirée : mission inintéressante ou inadaptée aux compétences (sans formation d’adaptation), mission d’assistance technique qui s’éternise ou à faible valeur ajoutée ("intérim de luxe" ie. prêt illicite de main d’oeuvre)…
- problèmes de management ou d’éthique (entourloupes fréquentes au droit du travail, mauvaise reconnaissance au travail…)
- mobilité géographique excessive ou non désirée
- absence de formation et de gestion des compétences
- intercontrat "oisif" qui se prolonge
…etc etc etc
Rappelons par ailleurs que les licenciements individuels et les ruptures conventionnelles), particulièrement nombreux dans le secteur, sont également en pris en compte dans le calcul du turnover (à lire) contrairement au discours des SSII qui assimile abusivement le turnover aux seules démissions (et pour cause…).
Côté indépendants :
Il faut savoir que la grande majorité des places de marché n’ont essentiellement pour clients que… des intermédiaires (SSII principalement) !
Rappelons en effet qu’en raison des (scandaleuses) politiques de sous-traitance en cascade résultant des pratiques anti-concurentielles de référencement restreint des prestataires par les directions des achats des grands comptes (via des accords-cadre en général), environ 2/3 des indépendants sont contraints de passer par un ou plusieurs intermédiaires (sans valeur ajoutée) dans le cadre de leurs missions.
Certes, ces places de marché sont généralement « gratuites » pour les indépendants mais, la marge moyenne des intermédiaires étant de 80 à 150 euros / jour, c’est une « gratuité »… qui revient cher au final !
Pour ces raisons, le MUNCI a conclu un partenariat avec iDirect.fr : l’unique place de marchés mettant en place un filtrage des intermédiaires de telle façon que les clients puissent contracter directement avec les indépendants : source d’économie pour les premiers, maintien du rapport qualité/prix pour les seconds, ce site offre ainsi une alternative réciproquement profitable aux deux parties.
Lire à ce sujet :
Pratiques abusives en matière de sous-traitance dans les services informatiques : le médiateur national est saisi
Sondage iDirect sur la sous-traitance auprès des freelances du secteur informatique
[Partenariat] IDIRECT.FR : 1ere plateforme de mise en relation directe entre informaticiens indépendants et clients






















