On pourrait penser qu’en période de crise l’Etat serait davantage soucieux de l’utilisation des deniers publics, visiblement il n’en est rien quand on voit certaines dépenses abusives… y compris dans un domaine qui nous est cher : le développement de sites web !
Le Gouvernement avait déjà fait fort en 2010 avec France.fr, le portail officiel de la France : entre 1M et 4M d’€ le site-vitrine !
Mais il est permis de penser que "la déclinaison en cinq langues, les 3 000 pages du site et le million de documents indexés" pouvaient justifier un prix élevé (quoique peut-être pas aussi élevé non plus…).
En ce qui concerne le nouveau site du Ministère de la Culture et de la Communication (dont on peut discuter par ailleurs de la pertinence de l’ergonomie très "carrée et institutionnelle" s’agissant d’un site à connotation culturelle…), le coût total du développement s’élève à 529 000 € pour un site-vitrine sans technologies particulières et contenant quelques dizaines de pages.
L’heureux bénéficiaire : la SSII Silicomp devenue IT&L@bs en 2008, entité d’Orange Business Service.
EXTRAITS PERTINENTS (cf. articles ci-dessus) :
"D’après Orange s’exprimant à Actualitte.com, 530 000 euros pour un site vitrine, ce n’est pas « une grosse affaire ». Nous avons donc demandé l’avis d’un spécialiste, webmaster sur un site d’e-commerce bien connu. Pour lui, le prix est presque dix fois trop élevé.
« Je dirai entre 50 000 et 100 000 euros et encore, je suis gentil » estime-t-il, ne cachant pas son étonnement. Bien que la structure qui organise le site web derrière soit assez développée reconnaît-il, demandant des ressources serveurs importantes, il souligne pour autant qu’il ne s’agit que d’un simple site vitrine. Autrement dit : pas de fonctionnalités élaborées ou de technologies innovantes mises en place.
La question du temps de développement serait en cause ? Théoriquement, « en terme de développement, ce n’est pas extrêmement long. Une question de quelques mois » assure-t-il. Le marché ayant été attribué en août 2010, on est pourtant à près de 14 mois de développement.
Une rallonge qui a peut-être une explication : « Le temps de développement est souvent triplé quand il s’agit d’une administration. » Ceci afin d’effectuer toutes les vérifications à tous les étages de la hiérarchie. Elle pose surtout un problème d’efficacité, à la fois au sein de l’administration mais aussi chez le sous-traitant.
Il a également rappelé que le développement de tels projets prend du temps, soulignant la phase de définition des besoins qui est d’autant plus longue qu’elle nécessite la validation de nombreuses personnes.
Selon Jean-Yves Forêt, directeur Grand Ouest d’IT & L@bs, la phase de développement strictement technique de ce site a pris « environ 5 mois ».
Silicomp est « fournisseur de la quasi-totalité des ministères et des services de l’État en France et depuis des années ».
"Existe-t-il un lien entre cette Silicomp et l’ancien nom donné à l’actuelle entité d’Orange Business Service, IT&L@bs (voir Wikipedia), ainsi rebaptisée en 2008 ? Difficile à croire. Orange aurait donc refait le site internet du ministère de la Culture ? Et si oui, pourquoi mentionner Silicomp AQL en Attributaire du marché ?
Difficile de ne pas se pencher sur l’actuel organigramme de la société Orange.
Quelle personne retrouve-t-on au poste de Directrice Exécutive, communication, Mécénat, Stratégie dans les Contenus ? Aïe… Christine ’Anéfé’ Albanel. L’agrégée de Lettres modernes avait occupé entre mai 2007 et juin 2009 le poste de ministre de la Culture."
Le MUNCI tient à rassurer les clients : il est parfaitement possible de s’adresser à des agences de développement web (lien intéressant) pour réaliser de beaux sites web sans dépenser des fortunes !
… mais que fait la DISIC ?
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