Bonjour de Bretagne,
En ce qui me concerne, c’est tout vu : les SSII n’auront ni mon CV ni mes compétences, une fois de plus. Je préfère préserver ma capacité à innover, mon enthousiasme et ma combativité pour des projets et des personnes qui valent réellement la peine, plutôt que de tomber sur ces viandards sans scrupule. J’ai d’ores et déjà refusé des postes de consultants, lors de la reprise en 1998, tant ce système [ Grands-Comptes / SSII / Exclusion ] m’a semblé dangereux à tout point de vue (entretiens bidons et débiles, bordel chez le client, tout est prévu à l’avance par la Convention Collective "SAINT-TEC-PRIEZ-POUR-NOUS" pour vous "casser" en cas de retournement de la conjoncture ; j’ai trop d’exemples de bons amis et même un prôche, tous démolis par ce système scandaleux, etc…..). J’aurais, de toutes façons, été remercié pour "faute grave" dès le retournement de conjoncture en 2001. Je ne regrette donc rien de rien (comme dit la chanson), d’autant que ces SSII souhaitaient m’imposer une mission chez UN SEUL ET MEME client, c’est-à-dire le véritable employeur de fait : délit de marchandage si je ne m’abuse, non ? J’étais en quelques sortes perçu par le "marché" comme ingénieur informaticien de la société "TRUC" sans que TRUC ne m’embauche jamais directement hormis via ces SSII sordides. Facteur aggravant pour ma sécurité : TRUC est une société du secteur de l’armement ! Comment, en effet, concilier un tel statut d’exclu pieds et poings liés à des "marchands de viande" sans scrupule et un job d’ingénieur (même à un petit niveau) dans le secteur de la défense, inféodé à UNE SEULE société qui plus est ? Tout cela n’est pas sérieux, à vrai dire, et j’ai préféré prendre le large avec ce milieu irresponsable sans hésitation aucune. Ce serait intéressant de confronter mon cas particulier avec d’autres témoignages, car je me doute bien que je ne suis pas un "cas" particulier : cette affaire de "délit de marchandage" n’est pas imaginaire, mais structurelle, inhérente au système [Grands Comptes / SSII / Exclusion ] et somme toute logique pour peu que l’irresponsabilité GRATUITE sévisse à tous les étages. Je précise que je ne dénonce personne ni aucune entreprise en particulier. Je dénonce plutôt un système foncièrement illégal, mais complaisamment toléré depuis belle lurette, car très "arrangeant" en apparence sur le plan économique : on forme, on consomme et on jette grâce à un chantage à l’exclusion permanent exerçant une violence symbolique inouîe sur les corps et les esprits…Toujours est-il que la France est criblée de dettes aux dernières nouvelles, donc cela ne marche pas : heureusement et Dieu merci !
Non seulement les clients sont complices de ce système inique, mais l’Education Nationale, qui forme trop d’informaticiens afin sans doute d’entretenir l’emprise stérile du chantage au chômage sur les esprits, me semble également partie prenante dans cette gabégie nationale. Quelle instance décide du nombre d’ingénieurs ou d’informaticiens formés chaque année et selon quels critères ? Sans doute ces industriels (les clients), juges et parties, qui consomment et détruisent les jeunes ingénieurs et qui auront tôt fait de crier à la fausse pénurie d’ingénieurs, une fois de plus.
Comment voulez-vous innover et préparer l’avenir si ce système aberrant empêche la moindre cohésion entre des ingénieurs mis artificiellement en concurrence, alors qu’il faudrait plutôt privilégier des microclimats ou la gratuité et l’imagination créatrice auraient droit de cité et ou l’entreprise ne serait qu’un moyen parmi d’autres et en aucun cas une fin ? Ces ingénieurs en informatique sont obligés de passer par l’entremise de "mères maquerelles" pour travailler ensemble : un comble ! Vauban, ingénieur du Roi, ne serait pas content…
En attendant, tout cela commence à se savoir dans les chaumières et, bizarrement, de moins en moins de jeunes gens s’orientent vers les études scientifiques : sans doute le début de la fin pour la culture scientifique française, à moins que ces viandards ineptes soient, enfin, mis hors d’état de nuire par des responsables courageux et lucides. Certaines SSII, parmi les pires, aggravent encore davantage la désaffection des jeunes pour les études scientifiques en nouant des partenariat avec l’Education nationale afin justement de susciter plus de vocations. "Lancez-vous dans des études scientifiques à corps perdu : ayez-confiance : nous les "viandards", nous serons toujours là pour vous "viander" en beauté " : effet inverse de celui escompté, cela va de soi. Ces SSII "citoyennes", parmi les plus hypocrites des faux-culs, sont les premières à s’étonner et à s’inquiéter bruyamment de la baisse "inexplicable" du nombre d’étudiants scientifiques : lorsque le symptôme est la maladie…
Mais, après tout, vous avez bien le "délit de marchandage" et le "délit de prêt illicite de main d’oeuvre". Non ? Ces délits n’auront malheureusement pas été sanctionnés comme ils auraient dû l’être dans un pays dit "civilisé" (sauf peut-être à Toulon, mais je n’ai pas suivi l’affaire de près à vrai dire). Faut-il rappeler que les SSII ne sont définitivement pas des boîtes d’intérim ?
L’APEC également n’est pas "blanche" dans cette affaire ubuesque : pourquoi ses annonces sont-elles presque toujours bidons ? C’est très lâche de la part de cette officine gérées par des syndicats, qui se fichent des chômeurs comme de leur dernière chaussette. Mais les annonces de l’ANPE sont tout aussi bidons, n’est-ce-pas. Pourtant le code du travail a prévu des sanctions là aussi, me semble-t-il. Non ? Quant aux bases de données de CV (vivier de candidats), elles devraient être interdites par la CNIL, car les candidats (piégé par le chantage à l’exclusion de ces entreprises ) ne sont pas en position de force pour refuser individuellement ce stockage destructeur et dépersonnalisant de LEUR CV sur ces bases privées et nominatives gérées à leur insu par ces entreprises sans scrupule. Je ne parle même pas de ces multiples entretiens d’embauche bidons tous semblables (pour voir, dès fois que, une opportunité, pour la St Glinglin…) qui ne manqueront pas de se reproduire, une fois de plus, avec, là aussi, stockage du candidat avec compte-rendu d’entretien sur ces bases de données privées et nominatives qui devraient être rigoureusement INTERDITES, au risque de me répéter.
A vrai dire, tout le monde s’en fou et c’est le bordel partout, car un chômeur, même diplômé, même hypercompétent, n’est plus qu’un objet en phase de dépersonnalisation et ces SSII détestables ne le savent que trop bien. Cette irresponsabilité collective ouvre un boulevard à ces proxénètes cyniques qui s’engouffrent sans vergogne dans la faille, avec la complicité tacite des syndicats officiels. Qui seront les prochaines victimes sinon les plus jeunes parmi les diplômés, c’est-à-dire les plus malléables, les plus fragiles et les plus naifs ? C’est pourtant bien marqué République Française sur les diplômes, non ? Quel gâchis, encore une fois !
L’annonce d’une "reprise économique", dans de telles conditions, me semble un marché de dupe si rien n’est fait pour assainir ce secteur une fois pour toute : une "croissance sans joie", feu de paille sans lendemain comme en 1998, nous attend une fois de plus.
J’avoue que je suis plutôt en colère.
A plus !
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