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par MUNCI, le 24 mai
Bonjour, Nous avons rajouté des réponses supplémentaires dans le texte. Cdlt.


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Voici le nouveau Bolkestein
Rubrique : ACTUS, INFOS > Immigration économique, Libéralisation des services > Libéralisation des services (Directive Bolkestein, AGCS...)
Mots-clés : Directive EU services (ex.Bolkestein)
Publié le 12 février 2006
Nombre de visiteurs uniques : 1812


Le Journal du Dimanche du 12 février 2006 – Yann Philippin
"Peur sur l’informatique"
Les professionnels français redoutent l’arrivée d’une vague d’ingénieurs venus de l’Est. Mais les délocalisations restent la première menace.

Après le plombier polonais l’ingénieur roumain ? Le retour de la directive Bolkestein ravive les peurs des 5 à 600 000 informaticiens français. « C’est une menace très inquiétante » estime Régis Grenarolo, président du Munci, une association indépendante qui défend les salariés du secteur. Il a été l’un des premiers à dénoncer l’emploi dans l’Hexagone d’ingénieurs étrangers à bas coûts. Ils ne seraient plus aujourd’hui que quelques milliers tout au plus. « Mais l’expérience prouve que les entreprises n’ont pas attendu la directive Bolkestein pour faire du dumping social » rappelle Régis Grenarolo.

Tout a commencé en 1998. La France manque de matière grise pour faire face au bug de l’an 2000. Le gouvernement décide de faciliter l’embauche d’étrangers. Plus de 15 000 informaticiens indiens maghrébins et est européens sont embauchés ou détachés en l’espace de cinq ans. « Cet afflux massif était une vache à lait pour les entreprises roumaines. Certaines ne faisaient plus que ça », raconte Jean-Claude Sylvestre, Président de Kepler société informatique basée dans ce pays très prisé pour sa population francophone.

Les entreprises devaient respecter Ia législation sociale française, et rémunérer leurs employés au moins 1700 euros par mois. « Ça permettait de s’offrir un ingénieur chevronné pour le prix d’un bac + 2 débutant » explique Jean-Claude Sylvestre. Sans compter les salariés entrés en douce avec un visa de tourisme et payés aux conditions indiennes ou marocaines. L’une des affaires les plus connues concerne une filiale de General Electric basée dans les Yvelines. En 2002, 158 informaticiens indiens arrivent dans l’entreprise sous couvert de stages ou de formations, et remplacement progressivement leurs homologues français. Il faudra une plainte des syndicats pour que les Indiens retournent chez eux. Puis en janvier 2004, le système s’est tari, lorsque le gouvernement a fermé les vannes de I’immigration. Le nombre d’informaticiens en détachement temporaire est tombé à moins de 500 l’an dernier contre 1 368 en 2001.

La future directive services va t-elle inverser la tendance ? Le Syntec, syndicat patronal du secteur, prépare un rapport sur le sujet. « En attendant nous ne voulons pas nous exprimer sur un sujet aussi sensible », explique un porte parole. Les professionnels interrogés par le JDD n’y croient pas. L’Inde, principal vivier mondial d’ingénieurs, n’est pas concernée. Les Slovènes et les Polonais seraient déjà un peu chers. Quant à la Roumanie, « elle ne compte que 17 000 ingénieurs travaillant dans des sociétés informatiques, dont 5 000 tout au plus sont francophones et prêts à s’expatrier », estime Frédéric Lasnier, PDG de la société Pentalog.

Les vrais risques sociaux sont ailleurs. Depuis la fermeture des frontières, les entreprises ont découvert les joies de la délocalisation. « Le détachement d’informaticiens en France va se développer. explique Nicolas Goldstein, PDG du cabinet de conseil Offshore Développement. Mais il va rester bien moins important que l’externalisation parce qu’un ingénieur coûte beaucoup moins cher dans son pays d’origine. » Les prestations informatiques offshore pèsent déjà 2% du marché français (soit 3 a 5 000 emplois perdus), et devraient bondir de 230% d’ici 2009, selon l’estimation officielle du Syntec. Un rapport remis l’an dernier au Sénat estime quant à lui que 37 000 postes d’informaticiens vont filer à l’étranger d’ici quatre ans. Avec ou sans directive.


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