1) « Un taux de chômage de 2.5% dans la branche Logiciels & Services Informatiques » (p.34)
Le Syntec triche !
Ce chiffre farfelu est calculé (par les « non-informaticiens » de la Chambre patronale
) à partir du nombre d’informaticiens demandeurs d’emplois dont le dernier employeur était une SSII ou un éditeur (environ 8000) rapporté aux effectifs de la branche (environ 300 000 salariés).
Pour les raisons expliquées dans notre article Taux de chômage des informaticiens : la tromperie du Syntec Numérique, ce calcul fantaisiste n’a aucun sens et n’a d’autre but que de cacher la réalité un peu moins reluisante du seul véritable taux de chômage de l’ensemble de la profession qui est compris fin 2006 entre 5.1% (cat.1) et 7.7% (toutes catégories).
2) « 42% des collaborateurs ont + de 40 ans » (p.32)
Ce chiffre est extrêmement douteux et doit susciter la plus grande méfiance pour les raisons suivantes :
On se demande d’abord comment il a pu être obtenu quant on sait que les SSII ne s’embarrassent pas de bilans sociaux (le Syntec Informatique n’a pas donné de précisions à ce sujet
)
Selon l’Insee (voir http://mimosa.cereq.fr/psb/Donnees/..., cliquer sur "Age" à la ligne 27), seuls 26% des informaticiens dans les services informatiques ont plus de 40 ans. En comparaison le chiffre est de 40% tous secteurs confondus. Ces chiffres datent un peu (2002) mais il n’y a aucune raison de penser qu’ils se sont améliorés
Il serait intéressant de connaître les chiffres du Syntec Informatique pour les plus de 50 ans
rappelons que selon la Dares (http://www.travail.gouv.fr/IMG/pdf/..., page 29), le secteur informatique est celui où le taux d’activité des +50 ans est le plus faible de tous les secteurs étudiés (10%).
3) « 95% de CDI » (p.32)
Un chiffre toujours élevé mais en baisse du fait de la progression des contrats précaires dans la branche : désormais 26 % des recrutements se font en en intérim ou CDD, pour 74 % de recrutements en CDI (sources : Anpe)
4) « 2/3 des entreprises ont rencontré des difficultés à recruter » (p.33)
Elles sont, comme toujours, à relativiser : voir à ce sujet notre article Emploi informatique : le retour de la bulle... médiatique
Pour le Syntec Informatique, ces difficultés de recrutement tiennent à des considérations de manque de ressources humaines ou d’inadéquation des compétences par rapport aux besoins du marché.
Il serait intéressant au contraire de se poser les vraies questions en ramenant ces « difficultés de recrutement » :
d’une part au « manque d’attractivité du secteur » (dixit le syndicat patronal) et en se demandant pour quelles raisons les utilisateurs, quant à eux, ne rencontrent pas ou très peu de difficultés de recrutements d’informaticiens (sur l’ensemble des entreprises françaises, le taux moyen de difficulté de recrutements d’informaticiens se rapproche plus de la moyenne
)
Réponse : les SSII sont plutôt boudées par les informaticiens (à lire à ce sujet : Emploi et conditions de travail en SSII : tour d’horizon des problèmes et désavantages les plus fréquents), tandis les entreprises utilisatrices ont davantage leur faveur !
d’autre part aux critères de recrutement des SSII : les SSII parlent de « difficultés de recrutement » quand elles n’arrivent pas à recruter rapidement certains profils sur mesure (bac+5, moins de 40 ans, compétences bien adaptées au marché, spécialistes rares ou moutons à 5 pattes, faible ancienneté au chômage
) avec des salaires modérés.
5) « Observatoire social : enquête Opiiec/Ireq auprès des Développeurs Informatiques (DI) » (p.38) :
Nous n’avons pas encore publié notre réaction à cette étude, mais au vu de certains résultats fortement opposés à la réalité (en particulier la sur-représentation des développeurs travaillant au forfait dans leur SSII ), nous remettons en cause la méthodologie de cette enquête où il apparaît clairement que la situation des développeurs interrogés ne correspond pas aux réalités du secteur, à savoir une forte majorité de collaborateurs détachés en clientèle et en régie.
La où le Syntec Informatique évoque :
« Une perception très positive du métier pour 96% des développeurs informatiques »
une petite nuance s’impose :
Selon l’étude, pour être plus précis 55% des DI sont "plutôt satisfaits" de leur métier et 41% "tout à fait"
« Un métier ou l’on peut évoluer facilement
Le plus souvent au sein même de l’entreprise
�15 à 36% évoluent au sein de leur entreprise
�5 à 11% évoluent vers une autre entreprise du secteur
�3 à 11% quittent le secteur pour aller vers une entreprise utilisatrice »
Une autre vision des choses s’impose :
Selon l’étude :
Dans 45 % des entreprises, il n’y a aucune évolution possible dans la SSII.
En moyenne seuls 15 % des développeurs évoluent (généralement en chef de projet) dans leur SSII au bout de 3 à 5 ans.
De plus, en matière de formation :
La durée moyenne est seulement 2 à 3 jours par an (1% du temps).
62 % des informaticiens n’ont eu aucune formation sur les 3 dernières années.
6) Offshore (p.16)
L’évaluation de l’offshore faite par le Syntec Informatique, en terme de pourcentage d’activité et surtout d’impact sur l’emploi, est extrêmement partielle car l’étude ne concerne que les SSII membres de la chambre patronale
Pour en savoir plus : Etude Syntec : situation actuelle et développement de l’offshore dans les services informatiques en France
Revue de presse :
Le « contre-bilan social » du Munci
http://www.01net.com/article-actual...
http://www.lemondeinformatique.fr/a...
http://www.zdnet.fr/entreprise/mana...
http://solutions.journaldunet.com/0...
http://www.itrmanager.com/63584-log...






















