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• [Foutage de gueule ?] “Il embauche 50 informaticiens mais manque de candidats” (Ouest France)
par Sdu56, le 5 novembre 2015
" Par contre, toujours sur Ouest France Entreprise, un autre article datant du 09 Septembre 2014 existe : http://www.entreprises.ouest-france.fr/article

• [Foutage de gueule ?] “Il embauche 50 informaticiens mais manque de candidats” (Ouest France)
par Sdu56, le 5 novembre 2015
" Bonjour, je n'ai de lien pour l'instant malheureusement, car ce nouvel article a été publié dans la version papier du journal Ouest France, édition (...)

• [Foutage de gueule ?] “Il embauche 50 informaticiens mais manque de candidats” (Ouest France)
par MUNCI, le 5 novembre 2015
" Merci, Sdu56, pour votre message. Pourriez-vous nous indiquer dans quel média vous avez vu ce "renouvellement de campagne", comme vous dites, de (...)


LE CHOMAGE DES INFORMATICIENS NETTEMENT SOUS-EVALUE DEPUIS DES ANNEES !
Publié le 1er juillet 2013
Rubrique : DOSSIERS, POSITIONS > Emploi, marché du Travail
Mots-clés : Chômage des informaticiens / Chiffres publics de l’emploi IT (numérique) / Dares / Insee / Pôle-emploi
Nombre de visiteurs uniques : 12233 • Lien pérenne : https://munci.org/article2079.html


Source(s) : MUNCI, 27.06.2013 | MAJ 01.07.2013
Lien à consulter : Communiqué du MUNCI (26.06.2013)
A lire aussi : Dossier de synthèse sur l’emploi et les difficultés de recrutement dans l’informatique
INCROYABLE MAIS (MALHEUREUSEMENT…) VRAI !
A la suite de nombreux échanges avec la DARES et l’INSEE, nous avons été orienté vers une nouvelle source sur le stock des demandeurs d’emploi en informatique-télécoms plus complète et plus fiable que celle que nous (Munci & presse professionnelle) utilisions depuis des années pour quantifier le chômage des informaticiens !
Résultat : le taux de demandeurs d’emploi dans les professions Informatique-Télécoms (base Insee de 582 000 informaticiens salariés et demandeurs d’emploi) se situe au mois de décembre 2012, non pas entre 5 et 6.5% comme on le pensait jusqu’ici, mais (au minimum…) ENTRE 7.8% (cat.A) ET 9.8% (cat.ABC) avec, non pas 36 000, mais (au minimum…) 57 000 DEMANDEURS D’EMPLOI DANS NOS MÉTIERS toutes qualifications confondues, ce qui remet plus que jamais en cause le mythe odieux de la « pénurie d’informaticiens » en France…
Il existe cependant une énorme disparité entre les cadres & ingénieurs qui connaissent le quasi plein-emploi (5 à 6% de taux de demandeurs d’emploi) et les techniciens supérieurs, ces grands oubliés (qui représentent pourtant 30 à 40% de nos effectifs), qui connaissent un chômage de masse ALARMANT dans nos métiers avec un taux de demandeurs d’emploi allant de… 13.6% (cat. A) à 17.6% (cat. ABC) !!!

 MAJ 01.07.2013

Quelques réponses aux questions et réactions qui nous sont parvenues :

  • La différence entre les stocks mensuels de demandeurs d’emploi en “Systèmes d’information et de communication” (rappel : environ 36 000 cat. ABC fin mai 2013) et ceux trimestriels de la “FAP - Informatique & Télécommunications” (rappel : environ 57 000 cat. ABC fin déc. 2012) fournis par la DARES s’explique principalement par le fait que les demandeurs d’emploi des métiers de “Technicien d’assistance et de maintenance informatique”, particulièrement nombreux, ne sont pas pris en compte dans le 1er stock mais ils le sont par contre dans le 2e.
    Ils étaient donc oubliés (tant par la presse professionnelle que par le MUNCI…) des demandeurs d’emploi de nos professions jusqu’à ce jour !
    Toutefois, ce n’est pas la seule différence entre les deux stocks si bien que, comme nous l’a expliqué la DARES, la source adéquate à prendre en compte est bien celle de la “FAP - Informatique & Télécommunications”.
    (Cf. qquns de nos échanges email avec la DARES)
  • Sans surprise, notre étude a déplu au Syntec Numérique et plus particulièrement à son président M. MAMOU-MANI.
    Voir : https://twitter.com/jaegher/status/350231995890155521 (Twitter) ou encore Le chômage dans le numérique plus important que prévu (L’Usine Nouvelle)
    Il est regrettable que les “chiens de garde” de la profession, garants de sa “bonne image” (…), ne se soient pas donnés la peine de lire notre article avant de répondre à la presse ou de réagir sur Twitter, ils auraient tout de suite compris que nous remettons absolument pas en cause les taux de demandeurs d’emploi dans la profession indiqués dans l’étude BIPE / Syntec Numérique pour la bonne et simple raison que ceux-ci ne sont… qu’un copier-coller de ceux indiqués dans le document trimestriel des tensions sur le marché du travail de la DARES (cf. tableau page 7) !
    De surcroit, l’étude BIPE valide implicitement le chiffre des 57 000 demandeurs d’emploi à l’instar de la DARES en mentionnant un taux de demandeurs d’emploi (cat.A) d’environ 7% dans nos professions !
    Mais tandis que les taux en question correspondent à une moyenne sur l’année 2012 pour la seule cat. A (en prenant le volume moyen des effectifs sur les années 2010, 2011 et 2012 et non sur la seule année 2012), le MUNCI a pour sa part calculé les taux de demandeurs d’emploi cat. A mais aussi cat. ABC à la fin de l’année 2012.
    Néanmoins, comme l’indiquons dans cet article, l’étude BIPE / Syntec Numérique est erronée en ce qui concerne l’évaluation du périmètre des effectifs de nos professions.
  • Pour être tout à fait précis, il faudrait parler de “taux de demandeurs d’emploi” et non de “taux de chômage”, s’agissant en effet de notions légèrement différentes.
    Lire à ce sujet : Distinction entre chômage au sens du BIT et demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi
    Mais, primo, cette distinction est d’importance mineure, secundo ce qui nous intéresse ici est bien le taux de demandeurs d’emploi rapporté aux effectifs de la profession.
  • Nous invitons la presse à vérifier par elle-même nos analyses en demandant confirmation à la DARES (adresse : dares.communication travail.gouv.fr)

27.06.2013 :

 Les anciennes sources : un périmètre incomplet

Depuis de longues années, le MUNCI et la presse professionnelle travaillaient sur des bases incomplètes pour évaluer rigoureusement le chômage dans l’informatique…
Il nous aura fallu de nombreux échanges avec la DARES et l’INSEE (et donc beaucoup de persévérance…) pour arriver à un résultat qui se veut désormais le plus fiable possible.
Comme dit l’adage : mieux vaut tard que jamais…

Explications :

Le taux de demandeurs d’emploi dans une famille professionnelle (FAP) se calcule basiquement de la façon suivante :
[Nombre de demandeurs d’emploi recherchant un travail dans les métiers de cette FAP] (nous l’appellerons paramètre DEM) / [ Volume des effectifs salariés (public/privé) + demandeurs d’emploi de cette FAP] (nous appellerons paramètre EFF).

Il est nécessaire bien entendu que DEM et EFF correspondent exactement au même périmètre professionnel.

Jusqu’ici, deux sources étaient utilisées pour connaitre les paramètres DEM et EFF :

  • EFF : Effectifs de la FAP (Famille Professionnelle) M-Informatique et télécommunications, communiqué chaque trimestre par la DARES (publication Dares Indicateurs - Les tensions sur le marché du travail) à partir de l’enquête emploi en continu de l’INSEE.
    Ex. fin décembre 2012 (source, cf. tableau page 7), ce nombre était de 555 000 d’après la colonne “Emploi
    moyen 2010-2012 (moyenne annuelle en milliers)”.

Le rapport DEM/EFF nous donne donc un taux de chômage de 5.4% (cat.A) et 6.5% (cat.ABC) fin mai 2013 selon l’ancien calcul. En réalité, ce taux de chômage n’est pas exact car le périmètre professionnel du paramètre EFF n’est pas exactement le même que celui du paramètre DEM…

OR, pas moins de trois éléments ont fini par nous interpeller ces derniers mois :

1. Nous avons ré-étudié la liste des codes ROME des métiers du numérique.
Jusqu’au mois d’avril 2013, nous avions listé dans cet article uniquement les 7 fiches (codes ROME) de métiers IT appartenant au domaine professionnel “M18 - Systèmes d’information et de télécommunication”, correspondant précisément au paramètre DEM évoqué précédemment (d’où une cohérence entre les deux).
Or, il s’est avéré que cette liste était en fait incomplète pour englober l’ensemble des métiers de l’IT…
Nous avons en effet pris connaissance de plusieurs autres fiches (codes ROME) se rapportant à nos métiers, et plus particulièrement la fiche “I1401 Maintenance informatique et bureautique” (comprenant essentiellement les métiers de technicien d’assistance et maintenance informatique).
Il apparait que ce code ROME figure bien dans la table de correspondance entre les FAP (Familles professionnelles, au sens de la DARES), les PCS (Professions et catégories socioprofessionnelles, au sens de l’INSEE) et le ROME (au sens de POLE EMPLOI) pour le domaine professionnel M - Informatique et télécommunications - cf. pages 14 et 15 de ce PDF - qui est un document très important pour comprendre ce qui suit.
Cela signifie qu’il est bien pris en compte dans le calcul des effectifs de nos professions (ce qui est parfaitement normal).
A noter qu’il existe également 4 autres fiches (codes ROME) de métiers du WEB et du MULTIMÉDIA (E1101 Animation de site multimédia, E1104 Conception de contenus multimédias, E1205 Réalisation de contenus multimédias, E1402 Élaboration de plan média) qui appartiennent à des domaines professionnels variés et qui ne sont pas pris en compte par la DARES (notamment en raison du fait que leurs métiers ne correspondent pas tous aux métiers du numérique)… nous y reviendrons à la fin de cet article.

2. Dans le document trimestriel de la DARES (1re version) concernant les tensions sur le marché du travail au 4e trimestre 2012 (source, cf. tableau page 7), nous avons lu que le taux moyen de demande d’emploi Cat. A pour notre FAP de l’IT était de 8% (13% pour les techniciens et 5% pour les ingénieurs) en 2012.
Nous nous sommes demandés comment la DARES arrivait à un taux supérieur à celui que l’on calculait jusqu’ici, et surtout comment était calculé le taux de chômage selon les différents niveaux de qualification (employés, techniciens et ingénieurs).
C’est là qu’un premier échange avec la DARES nous a conduit vers une page jusqu’ici inconnue du site institutionnel : la page du “marché du travail par métiers”
Nous avons alors découvert un nouveau fichier XLS, “Les données brutes sur le marché du travail par métiers en FAP 2009”, qui allait être le véritable point de départ de cette nouvelle étude.
La DARES nous a ensuite confirmé que ce fichier était le bon pour connaitre avec précision le volume global des demandeurs d’emploi par FAP (paramètre DEM) : c’est d’ailleurs précisément cette source qui est utilisée par la DARES pour fixer les taux de demande d’emploi par qualification et par FAP (affichés dans la colonne “Taux moyen de demande d’emploi” dans le tableau du document trimestriel des tensions) selon la table de correspondance DARES-INSEE-POLE EMPLOI évoquée précédemment.
Cf. qquns de nos échanges email avec la DARES.
Extrait :
“Dans le cas de l’informatique, le champ couvert par la colonne”système d’information et communication“du 1er fichier n’est pas le même que celui du domaine professionnel”informatique" du deuxième fichier.
(…) Pour disposer d’un chiffrage des métiers de l’informatique, le second fichier par famille professionnelle est donc le plus adapté"
.

3. Enfin, une dernière interrogation portait sur l’évaluation des effectifs de nos professions (paramètre EFF).
Toujours dans le même document trimestriel des tensions au 4e trimestre 2012, la DARES mentionne un “volume d’emploi moyen sur 2010-2012” de 555 000 salariés.
Ce chiffre provient de l’enquête emploi en continu de l’INSEE (voir page 5 du pdf) qui est l’enquête de référence en France sur la situation socioprofessionnelle des résidents.
Plusieurs questions se sont posées : ce chiffre prend-il en compte ou non les emplois du public ? Qu’en est-il des demandeurs d’emploi et des indépendants ?
De même, s’agissant d’une “moyenne” sur les 3 dernières années civiles, où se trouve donc le chiffre des effectifs de l’année 2012 ?
Sur ces questions, la DARES nous a logiquement renvoyé vers l’INSEE.
Nous avons alors été amené par les conseillers de l’INSEE à étudier le fichier détail de l’enquête emploi (.zip de 40 Mo…) qui contient de très nombreuses variables pouvant êtes analysées avec un logiciel spécifique mis à disposition de l’Insee (Beyond 20/20).
Après de fastidieuses recherches et de nombreux échanges avec l’INSEE, nous sommes arrivés à un résultat plus fiable que celui fourni par la DARES et surtout plus récent ( !) pour connaitre les effectifs de nos professions…

 Les sources adéquates, un périmètre beaucoup plus fiable

  • CONCERNANT LE PARAMÈTRE DEM :

Le fichier trimestriel des données brutes sur le marché du travail, accessible depuis la page Le marché du travail par métiers, qui est donc désormais le bon fichier à prendre en considération pour connaitre le nombre total des demandeurs d’emploi en informatique-télécoms, nous donne les chiffres suivants à la fin décembre 2012 (feuillet Familles professionnelles) :

. Cadres et ingénieurs en informatique (bac+4->bac+5) : 21 092 demandeurs d’emploi inscrits en cat.ABC (cellule D3080) dont 17 807 inscrits cat.A (cellule E3080)
. Techniciens de l’informatique (bac+2->bac+3) : 28 838 demandeurs d’emploi inscrits cat.ABC (cellule D3016) dont 22 385 inscrits cat.A (cellule E3016)
. Employés et opérateurs de l’informatique (->bac) : 6 889 demandeurs d’emploi inscrits cat.ABC (cellule D2952) dont 5 509 inscrits cat.A (cellule E2952)

Remarque importante : les techniciens de l’IT au sens INSEE (et donc DARES) appartiennent à la CSP des professions intermédiaires et non à celle des ouvriers/employés.
Il s’agit donc bien des techniciens supérieurs de niveau bac+2 à bac+3 (ETAM).

Donc DEM = 56 819 demandeurs d’emploi en Informatique-Télécoms inscrits cat.ABC (DEFM_ABC), dont 45 701 inscrits cat.A (DEFM_A) à fin décembre 2012.
(ces 2 nombres se retrouvent également en cellules D712 et E712 du feuillet Domaines professionnels)

A noter que ce fichier nous fournit également des informations intéressantes sur d’autres paramètres, tel que la durée moyenne d’inscription des sortants des listes de Pôle emploi (feuillet Domaines professionnel, cellule T712) qui était de 7.2 mois pour les demandeurs d’emploi de nos professions en décembre 2012.

  • CONCERNANT LE PARAMÈTRE EFF :

Le dernier fichier détail de l’enquête emploi mis à disposition de l’INSEE date de fin 2011 mais la DARES dispose de chiffres semi-définitifs de l’INSEE sur 2012 qui ne sont pas encore mis à disposition du public, ce qui lui permet de mentionner un volume d’effectifs moyen sur “2010-2012”).

Il nous faut donc travailler dans un premier temps sur les chiffres datant de (fin) 2011.

Les variables qui nous intéressent sont :

. P pour les 9 PCS des métiers IT (qui correspondent donc à la FAP - Informatique & Télécommunications de la DARES dans la table de correspondance), à savoir :
388a Ingénieurs et cadres d’étude, recherche et développement en informatique
388b Ingénieurs et cadres d’administration, maintenance, support et services aux utilisateurs en informatique
388c Chefs de projets informatiques, responsables informatiques
388e Ingénieurs et cadres spécialistes des télécommunications
478a Techniciens d’étude et de développement en informatique
478b Techniciens de production, d’exploitation en informatique
478c Techniciens d’installation, de maintenance, support et services aux utilisateurs en informatique
478d Techniciens des télécommunications et de l’informatique des réseaux
544a Employés et opérateurs d’exploitation en informatique

. CHPUB (Nature de l’employeur de la profession principale)

Nous avons pu alors exporter ce tableau XLS qui nous fournit les précieuses informations suivantes :

  • Total des effectifs des 4 PCS de cadres & ingénieurs IT : 355 626 actifs (soit environ 60% des effectifs de nos professions)
  • Total des effectifs des 4 PCS de cadres & ingénieurs IT : 163 518 actifs (soit environ 30% des effectifs de nos professions)
  • Total des effectifs de la PCS Employés et opérateurs d’exploitation en informatique : 39 877 actifs (soit environ 10% des effectifs de nos professions)

Miracle ( !) : nous retrouvons grosso-modo les chiffres publiés par la DARES dans le PDF sur les tensions, à savoir :
M0Z Employés et opérateurs de l’informatique : 39 000
M1Z Techniciens de l’informatique : 162 000
M2Z Ingénieurs de l’informatique. : 354 000

C’est là qu’apparait (ce qui ressemble à…) une approximation de la DARES : les chiffres de l’INSEE pour chaque PCS ne couvrent PAS uniquement les salariés mais plus généralement tous les “actifs occupés”, c’est à dire également les indépendants/freelance, les stagiaires rémunérés et les demandeurs d’emploi de catégorie B et C.

Nous arrivons donc à un total de 560 011 actifs occupés fin 2011avec 514 672 actifs occupés dans le privé et 38 463 actifs occupés dans le public.

A noter que le taux de fiabilité de l’enquête emploi de l’INSEE est évalué à 95% (taux très élevé compte-tenu de l’importance de l’échantillon), cf. page 22 de méthodologie de l’enquête, ce qui donne une marge d’erreur de +/- 5% sur le calcul de EFF.

Mais ce chiffre ne nous satisfait pas encore pour deux raisons :

  • primo, il nous faut obtenir pour ce paramètre EFF le chiffre des SEULS salariés + demandeurs d’emploi IT, ce qui signifie qu’il faut enlever les indépendants (qui ne sont évidemment pas pris en compte dans le calcul du chômage puisqu’ils ne sont pas inscrits à POLE EMPLOI et que leur taux d’activité est inconnu à la fin 2012) mais qu’il faut par contre rajouter les demandeurs d’emploi de catégorie A (et eux seuls puisque les autres sont déjà inclus dans les actifs occupés de l’INSEE).
  • secundo, il nous faut obtenir le chiffre de 2012…

Le calcul final est le suivant : EFF = 560 000 - 30 000 indépendants + 45 701 (DEM cat. A) + 6000 (créations d’emploi IT en 2012) = 582 000 salariés et chômeurs dans les métiers IT fin 2012.

D’où vient le chiffre des 30 000 indépendants ?
Il s’agit (pour le moment) d’une estimation relativement fiable (taux de fiabilité estimé à +/- 10%) effectuée à partir de ces deux sources :

  • Le nombre d’entreprises individuelles (EI) hors auto-entrepreneurs (AE) était de 22 551 en 2012 pour les 15 codes APE des Activités informatique & Télécoms (source : export XLS à partir du fichier détail Démographie entreprises 2012, il faut y ajouter les sociétés unipersonnelles (EURL, SASU…) dont le nombre est totalement inconnu, on sait simplement que ce nombre représente en général à peu près le tiers de celui des EI.
  • Le nombre total d’entreprises sans aucun salarié (incluant les AE) était de 64 723 en 2012 pour les 15 codes APE des Activités informatique & Télécoms (source : export XLS à partir du fichier détail Démographie entreprises 2012, il faut y soustraire les AE dont nous savons que le nombre de comptes administrativement actifs début 2013 s’élève à environ 35 000 pour le secteur des Activités informatiques (cf. page 11).

D’où vient le chiffre des 6000 créations d’emploi dans les métiers IT en 2012 ?
Selon l’APEC, il y a 4220 créations d’emploi de cadres IT en 2012 (source : cf. page 13 du pdf), il faut y rajouter environ 30% de non-cadres… ce qui nous donne un chiffre de 6000 créations de postes d’informaticiens
Ce chiffre a également été communiqué dans le bilan 2012 du Syntec Numérique.

 Le véritable taux de chômage de nos professions par niveaux de qualification

Le rapport de DEM / EFF nous donne les résultats suivants à fin 2012 :

Taux de demandeurs d’emplois sur l’ensemble de notre FAP Informatique et télécommunications : entre 7.8% (Cat. A) et 9.8% (Cat. ABC)

Taux de demandeurs d’emplois des Ingénieurs & Cadres (IC) en Informatique-Télécoms : entre 5% (Cat. A) et 5.9% (Cat. ABC)

Taux de demandeurs d’emplois des Techniciens supérieurs (ETAM) en Informatique-Télécoms : entre 13.6% (Cat. A) et 17.6% (Cat. ABC)

La précision est estimée à +/- 0.5% en raison de la marge d’erreur sur le paramètre EFF.

On note que les taux de demandeurs d’emplois Cat. A calculés ci-dessus sont très proches de ceux donnés par la DARES dans le document trimestriel (2e version) des tensions sur le marché du travail (cf. tableau page 7), repris par l’étude BIPE / Syntec Numérique (cf. ci-dessous), à savoir : 7% pour l’ensemble de la FAP M - Informatique et télécommunications, 4% pour les ingénieurs, 12% pour les techniciens et 11% pour les employés et opérateurs.
La différence d’1% illustre simplement la forte progression du chômage dans l’informatique sur l’année 2012 (+16%).

Pour être tout à fait précis, il faut parler de “taux de demandeurs d’emploi” et non de “taux de chômage”, s’agissant en effet de notions légèrement différentes.
Lire à ce sujet : Distinction entre chômage au sens du BIT et demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi
Mais, primo, cette distinction est d’importance mineure, secundo ce qui nous intéresse ici est bien le taux de demandeurs d’emploi rapporté aux effectifs de la profession.

En réalité, ces taux sont encore sous-estimés pour les raisons suivantes :

  • 1) Raison spécifique : comme nous l’avons indiqué plus haut, il existe 4 fiches (codes ROME) de métiers du WEB et du MULTIMÉDIA (E1101 Animation de site multimédia, E1104 Conception de contenus multimédias, E1205 Réalisation de contenus multimédias, E1402 Élaboration de plan média) qui appartiennent à des domaines professionnels variés et qui ne sont pas pris en compte par la DARES dans l’agrégation des demandeurs d’emploi de la FAP - Informatique & Télécommunications.
    Or, il apparait qu’un certain nombre de ces métiers (typiquement : Community manager, Concepteur de jeux vidéo, Game designer, Webmaster, Web designer, Infographiste, Référenceur web…) figurent bien parmi les 9 PCS de l’INSEE correspondant à nos métiers !
    On se retrouve donc dans une situation où le nombre de demandeurs d’emploi (paramètre DEM) au numérateur est légèrement sous-évalué en raison de la non prise en compte des demandeurs d’emploi de certains “nouveaux” métiers du web qui sont par contre bien pris en compte au dénominateur dans le volume total des effectifs de nos professions (paramètre EFF) !
  • 2) Raison valable pour toutes les FAP : les volumes de demandeurs d’emploi pris en compte par la DARES concernent uniquement les catégories ABC de demandeurs d’emploi, or il existe deux autres catégories qui sont ignorées à savoir les catégories D et E :
    . catégorie D : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (en raison d’un stage, d’une formation, d’une maladie…), sans emploi ;
    . catégorie E : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en emploi (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés).
    (cf. description des différents catégories)
    Nous allons donc repartir à l’aventure pour connaître les stocks de demandeurs d’emploi dans nos professions pour ces 2 catégories !
    De plus, certains demandeurs d’emploi (souvent chez les jeunes diplômés) ne sont pas inscrits à POLE-EMPLOI et ne sont donc pas pris en compte par la DARES (à lire)…

 A propos de l’étude BIPE commandée par Syntec Numérique

Le Syntec Numérique, lors de sa conférence de presse d’avril 2013, a publié la V2 du “tableau de bord du secteur et des métiers” réalisé par le cabinet BIPE. Une note d’analyse plus détaillée existe mais elle est réservée aux adhérents du syndicat, néanmoins le MUNCI a pu en prendre connaissance…

Nous avions commenté la 1re étude dans cet article, nous apporterons très bientôt de nouveaux commentaires à la V2.

Dans l’immédiat, voici les discordances que nous avons relevées par rapport à notre étude :

  • Page 22 de la note d’analyse : “liste des métiers retenus dans la PCS pour définir les métiers de l’informatique”
    388a Ingénieurs et cadres d’étude, recherche et développement en informatique
    388b Ingénieurs et cadres d’administration, maintenance, support et services aux utilisateurs en informatique
    388c Chefs de projets informatiques, responsables informatiques
    388d Ingénieurs et cadres technico-commerciaux en informatique et télécommunications
    463a Techniciens commerciaux et technico-commerciaux, représentants en informatique
    478a Techniciens d’étude et de développement en informatique
    478b Techniciens de production, d’exploitation en informatique
    478c Techniciens d’installation, de maintenance, support et services aux utilisateurs en informatique
    478d Techniciens des télécommunications et de l’informatique des réseaux
    544a Employés et opérateurs d’exploitation en informatique

MUNCI => le périmètre choisi par BIPE souffre manifestement de 2 anomalies :
1. Il inclue les fonctions (technico)commerciales (388d Ingénieurs et cadres technico-commerciaux en informatique et télécommunications et 463a Techniciens commerciaux et technico-commerciaux, représentants en informatique) qui n’appartiennent pas réellement aux métiers IT et qui n’apparaissent d’ailleurs pas dans la table de correspondance DARES-INSEE-POLE EMPLOI.
2. Il exclue la PCS 388e Ingénieurs et cadres spécialistes des télécommunications, qui appartient en revanche aux métiers IT et à la table de correspondance.

  • Page 9 de la note d’analyse : “Un taux de demande d’emploi des ingénieurs informatiques de 4% proche du chômage frictionnel” (selon le rapport Jean Pisani Ferry : « Plein emploi », Conseil d’Analyse Economique, 2000, ce taux de chômage frictionnel est proche de 3.5%)

MUNCI => Les taux de chômage indiqués proviennent de la DARES (document trimestriel sur les tensions), ils sont exacts mais ils s’arrêtent à 2010.

  • Page 10 de la note d’analyse : “Effectifs 2011 - Fonction publique”
    "Aux 580 000 informaticiens que dénombre l’Enquête Emploi en 2011 dans le secteur privé, on peut également ajouter les informaticiens de la fonction publique.
    Selon une étude annuelle de la CNFPT (Centre Nation de la Fonction Publique Territoriale) auprès des collectivités locales, on dénombre en 2010 près de 17 000 informaticiens dans la fonction publique territoriale. Ce chiffre est en constante augmentation depuis 2003 avec un taux de croissance annuel moyen de 1,4% sur la période 2003-2010. On estime à 300 le nombre d’informaticiens dans l’administration de la Ville de Paris. Grâce à une étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) en 2005 sur les emplois non médicaux, le BIPE estime que la Fonction Publique Hospitalière compte environ 3000 informaticiens.
    Ces chiffres seront complétés par une estimation du nombre d’informaticiens dans la Fonction Publique d’Etat."

MUNCI => Le nombre de 580 000 diffère légèrement du notre (560 000) puisqu’il ne prend pas exactement en compte le même périmètre professionnel.
Nous ignorons par contre quelle variable a utilisé le cabinet BIPE pour obtenir ce chiffre mais la variable CHPUB (Nature de l’employeur de la profession principale) que nous avons utilisée de notre côté montre bien que les emplois publics sont déjà pris en compte dans les effectifs des PCS au même titre que les emplois privés !
Il est donc faux de rajouter une seconde fois les informaticiens de la fonction publique…

  • Page 10 de la note d’analyse : “Effectifs 2011 - Indépendants”
    “Enfin, le fichier Siren (INSEE) dénombre 22 000 informaticiens indépendants en 2010.”

MUNCI => Selon toute vraisemblance, ce nombre ne concerne que les entreprises individuelles (cf. ci-dessus “D’où vient le chiffre des 30 000 indépendants ?”) ! Il faut donc rajouter comme nous l’avons fait les entreprises unipersonnelles déclarées sous forme de société.

 Conclusions

Deux enseignements importants sont à tirer de cette “triste découverte” :

1. L’informatique connait globalement un chômage élevé, nettement plus élevé qu’on ne le pensait jusqu’ici, c’est pourquoi il est définitivement erroné et indécent de parler de “pénurie d’informaticiens” en France !
Simple question de respect pour les nombreux informaticiens au chômage qui se sentent bien souvent humiliés par ceux qui les négligent en évoquant la pénurie de main d’œuvre…
Contre vents et marées, le MUNCI ne cesse de le répéter depuis 10 ans, il apparait que nous avons (hélas) visé juste.

2. A la différence des ingénieurs & cadres (IC), les techniciens supérieurs (ETAM) de l’informatique et des télécoms (30% de nos professions, rappelons-le, et même 40% si l’on inclue les opérateurs et employés de niveau bac) connaissent un chômage de masse dans notre pays, bien plus élevé qu’on ne l’imaginait…
Ceci est plus particulièrement vrai pour les techniciens d’assistance et de maintenance informatique.
Il y a principalement deux raisons pour lesquelles le taux de demandeurs d’emploi des techniciens d’assistance/maintenance informatique est aussi important :

  • La 1re raison est le développement de l’offshore : ces postes font partie de ceux qui sont le plus délocalisés dans les pays à bas coûts (centres d’appel techniques, monitoring et surveillance à distance de systèmes et réseaux…etc)
  • La 2e raison est la montée en compétence dans nos métiers exigée par nos employeurs (culte du bac+5…)
    Or, pour le MUNCI, il est parfaitement évident que tous les informaticiens doivent être considérés de façon égale, qu’il s’agisse d’ingénieurs ou de techniciens.
    Parce qu’elles voudraient représenter à elles seules toute la profession et qu’elles recrutent essentiellement au niveau bac+5, rarement au niveau bac+2, les SSII et sa seigneurie le Syntec Numérique, plus généralement les partenaires sociaux de la Branche, ont une grande part de responsabilité dans cette situation qu’elles sont laissé “pourrir”…
    Le taux de promotion interne des non-cadres au statut cadre dans le secteur des Activités informatiques est d’ailleurs le taux le plus faible de tous les secteurs d’activité selon l’Apec (9% en 2012, moyenne tous secteurs : 21%, cf. page 21).
    Quant au CIGREF, il ne s’intéresse qu’aux métiers des grandes DSI (et encore beaucoup moins qu’il y a quelques années…) qui concernent elles-mêmes très peu les bac+2.
    Pour toutes ces raisons, le sort des bac+2/bac+3 en informatique est laissé complètement à l’abandon en France depuis de longues années…
    Ceci doit amener impérativement les acteurs de nos professions (entreprises, partenaires sociaux mais aussi enseignement supérieur et pouvoirs publics) à prendre davantage en considération le problème des bac+2/+3 dans l’informatique et les télécoms, en favorisant notamment la VAE, la professionnalisation et en faisant du recrutement des bac+2/+3 un nouveau critère de RSE.


PS :

Revue de presse :


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