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par Admin [Munci], 20 Juin 2016, 20:05

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par Sdu56, le 5 novembre 2015
" Par contre, toujours sur Ouest France Entreprise, un autre article datant du 09 Septembre 2014 existe : http://www.entreprises.ouest-france.fr/article

• [Foutage de gueule ?] “Il embauche 50 informaticiens mais manque de candidats” (Ouest France)
par Sdu56, le 5 novembre 2015
" Bonjour, je n'ai de lien pour l'instant malheureusement, car ce nouvel article a été publié dans la version papier du journal Ouest France, édition (...)

• [Foutage de gueule ?] “Il embauche 50 informaticiens mais manque de candidats” (Ouest France)
par MUNCI, le 5 novembre 2015
" Merci, Sdu56, pour votre message. Pourriez-vous nous indiquer dans quel média vous avez vu ce "renouvellement de campagne", comme vous dites, de (...)


Le travail pour tous : plaidoyer pour un nouveau modèle socio-économique
Publié le 8 juin 2015, mis à jour le 12 janvier 2016
Rubrique : DOSSIERS, POSITIONS > Emploi, marché du Travail
Mots-clés : Economie (général)
Nombre de visiteurs uniques : 5839 • Lien pérenne : https://munci.org/article2162.html


Source(s) : Régis Granarolo (président du MUNCI), 08.06.2015 | MAJ 12.01.2016
A l’heure où la France (et le monde…) traverse une crise globale, profonde et certainement durable au vu des évolutions actuelles, qu’il me soit permis de sortir exceptionnellement de notre périmètre “socio-numérique” et de partager ma vision pour un nouveau modèle socio-économique en faveur du plein emploi (ce qui est d’ailleurs le point essentiel de l’objet social de nos statuts)…

 Chômage, précarité, inégalités…

Cachez cette réalité que je ne saurais voir…
Dans le monde, seule une poignée de petits pays (principalement en Europe du Nord) parviennent à combiner à la fois le (quasi) plein emploi et des conditions de travail décentes pour les salariés (salaires, temps de travail…).

Partout ailleurs :

  • le chômage réel demeure à des niveaux élevés
  • le sous-emploi (temps partiel, contrats précaires…) progresse fortement
  • le taux d’emploi à temps complet stagne voire diminue
  • les salaires stagnent
    … au final un partage du travail se fait inégalement entre ceux qui travaillent en CDI à temps complet VS ceux qui travaillent à temps partiel et/ou avec des contrats précaires.

Exemples :

  • En Allemagne : taux de chômage réel (*) supérieur à 12% (lien 1), blocage des salaires + 7 millions de mini-jobs non pris en compte dans les chiffres du chômage (lien 1, lien 2, lien 3, lien 4…)
  • Au Royaume-Uni : baisse des salaires, forte hausse de la précarité et des mini-jobs (lien 1)
  • Au Danemark : taux de chômage réel (*) d’environ 15% (lien 1, lien 2)
  • Au Japon : temps de travail moyen d’environ 55h/semaine, très faible nombre de congés payés (lien 1, lien 2…)

…etc etc etc

Quant à la France, le taux de chômage réel (*) est d’environ… 25% !!!!
=> [7M de demandeurs d’emploi / 28,6M (population active)] = 24,5%
Et encore, dans ces 28,6M on compte les fonctionnaires et les TNS… qui ne peuvent pas être au chômage.
(lien 1, lien 2, lien 3).

(*) Il s’agit plus précisément du “taux réel de demandeurs d’emploi” (soit le contraire du taux d’emploi), c’est à dire le rapport entre le nombre total d’actifs en situation de travailler à plein temps et qui n’ont aucune activité salariée ou bien une activité à temps partiel subi (1)… sur le nombre total d’actifs.
(1) Ce sont les :
. demandeurs d’emploi inscrits à Pole Emploi toutes catégories confondues
. demandeurs d’emploi non inscrits à Pole Emploi (ex. un certain nombre de jeunes diplômés)
. bénéficiaires de minima sociaux / handicapés / invalides partiels et non inscrits à Pole Emploi mais en recherche effective de travail via d’autres intermédiaires (ex. missions locales, cap emploi…)
(2) Pour approfondir, un excellent article à lire : Chiffres du chômage : une autre vision.

Parallèlement, le temps partiel subi, la précarité, les inégalités et la pauvreté n’en finissent plus de s’accroître (lien 1, lien 2, lien 3, lien 4, lien 5…).

 Flexibilité ?

Le MUNCI estime qu’il n’y aucune raison d’accroître exagérément la flexibilité sur le marché du travail en raison des nombreux outils déjà offerts à nos employeurs : recours (le plus souvent abusifs…) aux nombreux contrats précaires déjà existants (CDD, contrats d’intérim…), recours aux professionnels autonomes (indépendants, portage salarial… qui sont de plus en plus nombreux), rupture conventionnelle (qui se pratique le plus souvent à l’initiative de l’employeur…), accords de maintien de l’emploi, facilitation du chômage partiel, modulation du temps de travail, prêt de main d’œuvre à but non lucratif…etc etc etc.
On peut éventuellement assouplir à la marge les licenciements économiques, les PSE, les effets de seuil et le CDD (ex. passage de la durée max du CDD à 24 mois, possibilité de le renouveler jusqu’à 2 fois), donner plus de pouvoir aux accords d’entreprise et de branche (dans certaines limites et sous certaines conditions…), ou encore limiter les indemnités de licenciement dans certains cas… mais ce n’est pas ça qui relancera suffisamment l’activité et la création d’emplois.
Il serait plus opportun de créer de nouveaux dispositifs sociaux et fiscaux en faveur des petites entreprises (ex. réserver les contrats aidés comme le CUI-CIE aux TPE, allotir obligatoirement les marchés publics en réservant - réellement - au moins 20% des marchés aux TPE/PME…).

Rappelons que pendant les années 1998 à 2000, la croissance du PIB était supérieure à 3% en France et plus d’1 million d’emplois ont été créés : pourtant le Droit du Travail était encore moins “flexible” qu’il ne l’est actuellement (il n’y avait alors ni la rupture conventionnelle, ni les accords compétitivité-emploi, ni le volume actuel de professionnels autonomes…) et personne ne réclamait plus de flexibilité (ni même d’ailleurs une diminution des charges sociales…) !
Faut-il sans cesse ré-écrire le Droit du Travail en fonction de la conjoncture ?
Peu de gens savent que des pays aussi différents que le Japon ou le Danemark ont un CDI encore plus protecteur que le CDI français… ce qui ne les empêche pas d’avoir un taux de chômage beaucoup plus faible.

Quant à la fameuse “lourdeur” et “complexité” du Code du Travail, elle est fortement à relativiser : c’est le rôle des juristes/avocats, des DRH et des syndicalistes de se l’approprier et ce n’est pas eux qui s’en offusquent généralement !
De plus, il existe des dizaines de sites juridiques sur le Droit du Travail permettant à chacun de s’approprier les grands principes sans trop de difficultés.
Une simplification massive de notre Code du Travail se traduirait certainement par une judiciarisation encore plus massive des relations de travail avec des jurisprudences… bien plus nombreuses, complexes et inaccessibles que les pages du Code du Travail (sans parler des inégalités de traitement selon les accords d’entreprises/branche et des inégalités de jugement selon l’appréciation des tribunaux).
Par ailleurs, si le Code du Travail fait 3809 pages, voici la taille des autres Codes français :

A lire aussi sur ce sujet :

En conclusion, il est évident que ce n’est pas le Droit du Travail qui handicape la croissance et la création d’emplois (ou alors de façon très marginale…), cette idée courte est tout simplement celle de politiciens, pdg & économistes en mal d’inspiration.

 Ce qui nous attend

Face à :

  • l’automatisation et la robotisation croissantes des processus de travail et de production ainsi que les progrès de l’intelligence artificielle et des systèmes experts (lien 1, lien 2, lien 3, lien 4, lien 5, lien 6, lien 7, lien 8…)
  • l’essor de l’économie collaborative (ou du partage) jusqu’au “coût marginal zéro” ainsi que la course sans fin à la réduction des coûts notamment salariaux (lien 1, lien 2, lien 3, lien 4, lien 5, lien 6…)
  • la “prime au premier entrant” (ou “First-mover advantage”) qui entraîne des monopoles numériques, essentiellement américains, toujours plus nombreux (lien 1, lien 2, lien 3…)
  • les limites vraisemblablement atteintes dans certaine domaines technologiques, dans l’équipement des ménages et dans celui des entreprises avec la transition vers une économie moins consumériste (lien 1…)
  • la forte progression du travail des femmes depuis les années 60 dans tous les pays développés
  • le développement des marchés de l’occasion et de la location d’une part (qui font baisser la consommation), des achats groupés d’autre part (qui font baisser les prix)
  • la hausse continue de la productivité du travail VS la quasi-stagnation des salaires (lien 1…)

… il parait évident que le volume de travail ira inexorablement en diminuant dans les décennies à venir !

Rappelons d’ailleurs que dans l’informatique, pour ne citer que nos métiers et contrairement à la pensée unique habituelle (…), le chômage est en très forte hausse depuis 2008 (+36% de demandeurs d’emploi dans la FAmille Professionnelle Informatique & Télécoms, et même +55% pour les seuls développeurs, contre +24% pour l’ensemble des métiers !!!) et qu’il atteint même des niveaux records depuis 2005. La situation est la même dans beaucoup d’autres pays, y compris anglo-saxons : à lire.

C’est pourquoi on peut raisonnablement adhérer à la thèse de plus en plus communément admise qu’est la “Fin du Travail” (quoique l’expression peut paraitre excessive et maladroite…), à ne pas confondre avec celle de la “décroissance”…) : lien 1a, lien 1b, lien 2a, lien 2b

 Un nouveau modèle socio-économique

Parallèlement, la population active continue de s’accroître (notamment en France où le taux de fécondité est plus élevé que la moyenne européenne), tout comme l’immigration légale et illégale.
Plutôt qu’une 3e guerre mondiale (facteur de baisse drastique de la population mondiale, certes…), il est donc impératif d’aller vers un nouveau modèle social, ou plutôt socio-économique, basé sur une nouvelle diminution du temps de travail (partage du travail) allant de pair avec le développement socio-économique des activités du “temps libre” (loisirs / culture / sports / voyages…) et de “l’économie sociale & solidaire” (éducation / formation / services à la personne…).
Au delà de sa dimension économique, ce nouveau modèle social pourrait diminuer sensiblement les risques psycho-sociaux (burn-out…) au travail, et surtout permettre davantage d’épanouissement de soi, de cohésion sociale et finalement de “Bonheur National Brut” …à l’heure où plus de 7 français sur 10 estiment manquer cruellement de temps à côté de leur travail (sondage Via Voice juin 2015). Idem chez nos amis québecquois et assurément dans de nombreux autres pays du monde…

Rappelons que dans les services informatiques, le temps de travail moyen est d’environ 41H par semaine et le mal-être au travail atteint des niveaux record en raison du stress professionnel et des pressions en tous genres (…)

La baisse continue du temps de travail va nécessairement dans le sens de l’Histoire Économique & Sociale.

Si les 35H n’ont pas créé le nombre d’emplois escomptés (“seulement” 350 000 : lien 1, lien 2, lien 3…) mais ont engendré par contre de nombreuses difficultés et inégalités, c’est surtout en raison de l’insuffisance de la réduction du temps de travail (la Loi Aubry n’a pas été conçue dans le sens d’un véritable “partage du travail”…) et les nombreux colmatages qui ont suivis (Loi Aubry II…). Au final, l’effort de formation de masse n’a pas été nécessaire et la compétitivité de nos entreprises a baissé.

En revanche, plus de 400 entreprises (parmi lesquelles : la Macif, Fleury Michon, Mami Nova…) ont pu profiter de l’excellente Loi Robien de 1996 sur l’aménagement du temps de travail (sous un gouvernement de droite, rappelons-le…) entre juin 1996 et juin 1998 : ayant embauché 10 %, ou plus, de salariés supplémentaires, ces entreprises ont bénéficié d’une exonération de 8% de leurs cotisations sociales.

Et ailleurs dans le monde ?

  • Aux États-Unis, l’Utah a décidé en 2008 de réduire le temps de travail de ses fonctionnaires. Pour éviter des coupes dans les effectifs en période de crise, le gouverneur impose à 18.000 des 25.000 employés publics une semaine de quatre jours. Après six mois, deux tiers des employés estimaient que la mesure les rendait plus productifs et que cela améliorait l’ambiance au travail mais aussi à la maison en réduisant les conflits. L’État a également fait des économies substantielles grâce à la fermeture des administrations le vendredi. Mais l’expérience a pris fin trois ans plus tard à l’automne 2011 lorsqu’un nouveau gouverneur opposé à la mesure est arrivé à la tête de l’État. > Lire cet article à ce sujet
  • Le système de réduction du temps de travail ayant fait le plus efficacement ses preuves est probablement celui du “travail partagé” en vigueur au Canada : lire cet article à ce sujet.

Quelques réponses aux objections habituelles :

  • “Le Travail ne se partage pas, il se crée…”
    => Cette objection des milieux libéraux, bien que courante, est d’une idiotie phénoménale et démontre la petitesse d’esprit de ses défenseurs… En effet, le (volume de) travail est bien évidemment DÉJÀ PARTAGÉ parmi les salariés de l’immense majorité des organisations (sauf à la rigueur pour les cadres dirigeants, et encore…) par l’application même d’un temps de travail, qu’il soit de 32h, 35h ou 39h !!! Bien évidemment, le travail se crée aussi… l’un n’empêche pas l’autre.
  • “Les salaires vont baisser…”
    => C’est le principal point d’achoppement, mais on peut y apporter deux objections majeures :
    1. Le retour à l’emploi de plusieurs millions de chômeurs devrait entrainer une réaffectation des allocations chômage au profit d’une diminution des charges sociales dont le volume de cotisations serait par ailleurs en forte hausse. Au final, les salaires ne devraient donc pas baisser.
    2. Une possible baisse mécanique des salaires à court terme devrait être rapidement compensée par une baisse des prix intérieurs et donc une hausse à la fois de la consommation “Made in France” (condition sine qua non pour relancer notre industrie) et de la compétitivité de nos entreprises à l’export. Sans oublier la forte baisse des déficits publics et la forte hausse de l’activité économique avec le retour à l’emploi de plusieurs millions de chômeurs.

    Pour aller plus loin :
  • http://www.slate.fr/story/30585/le-...
  • http://www.alternatives-economiques...
  • http://www.vie-publique.fr/politiqu...

 Des protagonistes pas encore assez nombreux

En France, à notre connaissance, seule une poignée d’organisations et de personnalités défendent publiquement un modèle offensif de réduction du temps de travail à travers notamment la semaine de 4 jours (ou les “32 heures”) :

A lire aussi :

Ailleurs dans le monde :

  • En BELGIQUE : l’idée fait désormais consensus à travers la Gauche Belge, les Syndicats et même au niveau du Gouvernement (Min. de l’Emploi) : lien 1, lien 2, lien 3
  • En ALLEMAGNE : collectif de plus de cent économistes, chercheurs et responsables syndicaux allemands en 2013 : lien 1, lien 2, lien 3
  • Larry PAGE, co-fondateur/pdt de GOOGLE : lien 1, lien 2
  • Carlos SLIM, magnat des télécoms mexicains et 2e plus grosse fortune mondiale] : lien 1, lien 2
  • John ASHTON, président de la faculté de santé publique du Royaume-Uni : lien 1

A lire : Qui croit encore à la semaine de 32 heures (Le Figaro)

Selon un sondage réalisé en GB en avril 2014, 57 % des travailleurs britanniques soutiennent l’idée d’une semaine de travail de quatre jours et 71 % d’entre eux pensent que cela ferait de la Grande-Bretagne un pays plus heureux.

Pas sûr qu’on obtienne un tel résultat en France compte tenu des puissants conservatisme & individualisme qui prédominent dans notre monde du travail…


Régis GRANAROLO,
Président du MUNCI,
(ardent défenseur de la “valeur travail”… et donc du “travail pour tous” !)



PS :

« Toute vérité franchit trois étapes :
D’abord, elle est ridiculisée.
Ensuite, elle subit une forte opposition.
Puis, elle est considérée comme ayant été une évidence »

(Schopenhauer)

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