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• [Foutage de gueule ?] “Il embauche 50 informaticiens mais manque de candidats” (Ouest France)
par Sdu56, le 5 novembre 2015
" Bonjour, je n'ai de lien pour l'instant malheureusement, car ce nouvel article a été publié dans la version papier du journal Ouest France, édition (...)

• [Foutage de gueule ?] “Il embauche 50 informaticiens mais manque de candidats” (Ouest France)
par MUNCI, le 5 novembre 2015
" Merci, Sdu56, pour votre message. Pourriez-vous nous indiquer dans quel média vous avez vu ce "renouvellement de campagne", comme vous dites, de (...)


Pourquoi, quand et comment l’offshore doit être combattu
Publié le 1er février 2007, mis à jour le 20 janvier 2010
Rubrique : DOSSIERS, POSITIONS > Offshore, délocalisations
Mots-clés : Offshore outsourcing : généralités
Nombre de visiteurs uniques : 15336 • Lien pérenne : https://munci.org/article1275.html


Source(s) : Munci, 01.02.2007 (MAJ 20.01.2010 : paragraphe sur l’évasion fiscale)

 CONSTATS CRITIQUES

L’offshore informatique, qu’il s’agisse de délocalisations ou de relocalisations de postes, représente une concurrence sauvage mal vécue par les informaticiens français : l’aversion contre l’offshore, au sein de la communauté informaticienne, est de toute évidence largement sous-estimée dans notre pays malgré les efforts de “banalisation” tout azimut…
Des sondages ont déjà montré que l’offshore représentait l’un des principaux points noirs pour l’emploi IT aux yeux de la majorité des informaticiens (pertes d’emploi, impact sur les salaires…).
Contrairement à une idée un peu trop répandue, l’offshore ne concerne pas seulement l’externalisation de tâches “à faible valeur ajoutée” (pour lesquelles nous n’allons pas nous offusquer…) mais, de plus en plus souvent, celle de projets exigeant des niveaux de qualification élevés, des activités du même type que celles habituellement confiées à nos jeunes diplômés de niveau Bac+2 à Bac+5 en informatique.
Les informaticiens qui, de par leurs fonctions, se croient épargnés par l’offshore pourraient déchanter plus vite qu’ils ne le pensent : l’offshore s’attaque en effet à un nombre croissant de domaines, tels que les ERP, la gestion financière, la business intelligence, l’administration de réseaux, de bases de données…etc
De plus en plus d’activités de type R&D sont elles mêmes délocalisées.

En premier lieu, l’offshore dévalorise progressivement le métier le plus “noble” de l’informatique, celui de développeur, avec un impact négatif à long terme sur les salaires.
Ce sont plus généralement l’ensemble des métiers les plus “offshorisables” (développement, maintenance applicative/tests, création web/graphique/multimédia, portage/traductions…) qui connaitront au minimum une stagnation des revenus, au pire une hémorragie d’emplois.
Fort heureusement, les défenseurs de l’offshore sont là pour nous rassurer : ces métiers “répétitifs à faible valeur ajoutée” sont déjà en voie de disparition avec l’industrialisation des services, l’offshore ne fait qu’accélérer leur disparition. En revanche, les emplois à “forte valeur ajoutée” (chef de projet, architectes, urbanistes, conseil et MOA…etc) vont pouvoir se développer tout en demeurant nécessairement en France.
De même, dans une étude sur l’offshore, le Syntec informatique considère qu’il s’agit de “piloter les transformations induites par l’offshore pour en faire de nouvelles opportunités de croissance pour la France et poursuivre le développement de l’emploi dans le secteur des logiciels et services (…) Ne pas anticiper et prendre les mesures qui s’imposent en matière de formation initiale et continue, d’innovation, de coût et de flexibilité du travail en France pourrait compromettre durablement la compétitivité de ce secteur (…)”.
Ces visions simplistes sont potentiellement catastrophiques pour l’avenir de l’emploi IT :

  • Loin d’être des métiers “répétitifs à faible valeur ajoutée”, les métiers du développement et du web sont des métiers nécessitant une qualification élevée et une réelle créativité. Ils constituent environ 2/3 des postes d’informaticiens.
    Jusqu’ici, on justifiait l’utilité de l’informatique et de la robotisation entre autres par le soucis d’automatiser les tâches les plus répétitives et ingrates confiées aux employés et ouvriers. On justifiait parallèlement les délocalisations industrielles par le soucis de garder seulement en France les métiers de concepteurs.
    A présent, on délocalise les métiers qualifiés, les prestations intellectuelles, la “matière grise”… à quand la délocalisation de nos dirigeants ?
  • De surcroît, les métiers “non techniques” de l’informatique sont beaucoup moins répandus et ne s’acquièrent que par l’expérience.
    Il serait très dangereux, au nom de l’offshore, de vouloir modifier les cursus de formation initiale et prétendre former des chefs de projet, des architectes ou des consultants réellement compétents dès la sortie de l’école ou même simplement au bout de deux ou trois années d’expérience. C’est la qualité des projets qui en pâtirait encore davantage (…).
    Malheureusement, ce problème de l’accélération des schémas de carrière est plus que jamais d’actualité dans notre secteur qui s’enfonce progressivement dans un modèle économique basé sur le jeunisme où les marges sont faites principalement sur les débutants et où les plus expérimentés se retrouvent paradoxalement les moins employables, d’où une forte discrimination à l’embauche sur le critère d’âge (quadras, quinquas) et des salaires qui stagnent pour les plus anciens.

La participation à des projets offshore est elle-même très souvent une source de désagréments et d’ingratitudes pour les équipes pilotes en France : surabondance des spécifications et des tests, problèmes de communication, différences culturelles ou liées au management, lourdeurs et lenteurs du travail (généralement asynchrone) à distance, turnover des équipes offshore, etc.

L’offshore ne se justifie pas sur le plan économique dans l’immense majorité des cas, d’abord parce que les avantages économiques sont toujours beaucoup plus faibles que ceux espérés initialement (toutes les études le montrent, voir par exemple cette étude Unilog/IDC et celle-ci de Deloitte Consulting), ensuite parce que les motivations sont excessivement fondées sur l’objectif court-termiste de réduction des coûts (qui atteint voire dépasse ici ces limites, comme à travers le cas des banques qui sont les principales consommatrices d’offshore bien qu’elles réalisent habituellement d’énormes profits…) plus que sur la recherche d’avantages compétitifs.
Mais c’est sans compter sur les inflations salariales, monétaires ou encore la fin programmée des avantages fiscaux existant parfois dans ces pays (ex. Inde).
On constate d’ailleurs que la stratégie offshore ne semble pas payer pour les SSII les plus implantées dans ces pays à bas coûts (Cap Gemini, Atos, Steria, Logica…etc) : leurs résultats sous-performent régulièrement ceux du secteur ces dernières années !!!
Peu importe, les analystes, avec leurs visions simplistes et court-termistes, continuent à plébisciter l’offshore au nom de la “réduction des coûts” bien sur…

L’offshore est aussi un scandaleux moyen d’évasion fiscale, voire de fraude fiscale, du fait de la territorialité de l’imposition.
En effet, réaliser ses revenus avec des clients français sur des prestations réalisées (en tout ou partie) dans un pays à bas coût, mais ne pas forcément payer d’impôt sur ces bénéfices dans l’Hexagone, est une pratique légale et très répandue.
Exemple : Capgemini payera ses impôts en Inde si sa filiale indienne a réalisé une partie de la prestation sur place pour le compte de clients occidentaux…
Même problème avec les “prix de transfert”, ces prix auxquels s’effectuent les échanges intra-entreprises entre les maisons-mères et leurs filiales dans les pays à bas coûts : une manière de frauder le fisc d’autant plus aisée pour nos sociétés IT (SSII, éditeurs et sociétés de conseil) qu’elles s’échangent des biens incorporels (logiciels, prestations informatiques…).
Elles se servent ainsi des prix de transfert pour localiser leurs profits dans les pays à faible fiscalité et, a contrario, déclarent leurs pertes dans les Etats à fort taux d’imposition sur les sociétés comme la France.

L’argument phare des promoteurs de l’offshore, qui consiste à dire que les économies (quoique toutes relatives) réalisées grâce à l’offshore ont des répercussions favorables sur l’emploi IT dans les pays riches (hausse des salaires, projets plus intéressants…), ne se vérifie absolument pas dans la réalité : le salaire moyen de la majorité des informaticiens (ceux déjà en poste) n’augmente pas sensiblement pour autant et la réduction des coûts engendrée par l’offshore n’a évidemment pas pour objectif de favoriser l’éclosion de nouveaux projets en France !
De même, sur le plan macroéconomique, des études montrent que non seulement l’offshore a des effets néfastes sur les économies des pays riches, mais qu’en plus il ne participe pas réellement au développement des pays pauvres du fait du creusement des inégalités.
A lire également à ce sujet : Externalisations offshore : l’envers du décor.

En réalité, l’offshore n’est qu’un avatar de la cupidité extrême de nos dirigeants, la même cupidité qui a plongé le monde dans la crise financière de 2008-2009.
En effet, les salariés ne doivent pas être dupes sur les tenants et aboutissants de l’offshore : la stratégie se veut avant tout payante, au final, pour la rémunération de nos dirigeants ! Sans oublier bien entendu l’évolution du titre en bourse… et donc les stock-options.

Autre argument pro-offshore très peu convaincant : l’offshore présenté comme palliatif à la (prétendue) “pénurie de compétences IT” des pays riches…
Très peu convaincant dans la mesure où les pays de l’offshore (Inde, Europe de l’Est et Maghreb essentiellement) rencontrent eux-mêmes un déficit de main d’œuvre dans le secteur IT bien plus important que chez nous !

Et que dire des conditions de travail souvent difficiles des informaticiens de l’offshore (voir L’offshore en Inde nuit gravement à la santé (ou le côté obscur de l’outsourcing...), A Bangalore, un informaticien sur 20 songerait régulièrement au suicide et Inde : la face cachée de l’Éden du high-tech) : en effet, si l’offshore progresse dans le monde, ce n’est pas seulement pour des questions de réduction des coûts mais aussi en raison des différences de conditions de travail, de défense des travailleurs et de protection sociale (cachez cette réalité que je ne saurais voir…).
Ceci est particulièrement vrai en période de crise.

La qualité de service est un autre prétexte des promoteurs de l’offshore.
Notamment avec la certification CMMI où, là aussi, la réalité est souvent différente des beaux discours marketing…
Dans le cas de l’Inde par exemple, l’approche n’est pas des plus strictes : les auditeurs locaux prennent souvent de petits projets, qu’ils certifient, puis ils étendent la certification à toute l’entreprise. De même, dans certaines grandes SSII indiennes, les certificateurs sont à la fois… juges et parties en étant eux-même salariés de la SSII !!
Seul un petit nombre de SSII indiennes sont certifiées CMMI (>V3) en réalité, et ce label ne signifie pas pour autant que les “bonnes pratiques” du modèle soient appliquées à l’ensemble des projets clients !
De même, on vante régulièrement la qualité des informaticiens indiens, mais qu’en est-il réellement ?
Les retours que nous avons témoignent, d’une part, d’une forte inégalité selon la formation d’origine (grandes universités ou formations d’appoint, comme partout ailleurs…) et selon les SSII (petites ou grandes), d’autres part de compétences très fortement axées sur la programmation (avec un manque d’autonomie et de culture générale sur l’ensemble des outils et domaines applicatifs de l’informatique). Voir par exemple ce témoignage sur nos forums.

Bien souvent, l’offshore est synonyme de perte de productivité pour l’entreprise.
Ce sont fréquemment des responsables non techniques (achats, DAF, DG) qui imposent la voie de l’offshore à la DSI en sous-estimant les coûts cachés et en faisant courir des risques importants pour les donneurs d’ordres : frais d’infrastructures supplémentaires, frais de déplacement, risques qualitatifs et techniques (rallongement très fréquent des délais, écarts aux spécifications, “missions-pompiers” de rattrapage, turnover élevé des équipes offshore, sécurité des données et fiabilité incertaine des connexions (lien1, lien 2), financiers (inflation salariale => augmentation du TJM), juridiques (protection des données personnelles, protection intellectuelle, traductions obligatoires, problèmes de réassurance, validité des licences d’utilisation où l’on constate sans surprise que les pays de l’offshore sont ceux où les taux de piratage des logiciels d’entreprise sont les plus élevés au monde, et puis quels tribunaux compétents en cas de litiges ?), dépendances (sous-traitance en cascade), géopolitiques (attentats terroristes au Maghreb, en Inde…), etc.
Pire, de plus en plus de projets sont réalisés partiellement en offshore sans toujours que les clients en soient informés (notamment dans l’administration) !
Contrairement à la propagande “officielle” (provenant de certains dirigeants et surtout de cabinets d’analystes qui sont à la fois juges et parties…le conseil en outsourcing offshore étant très profitable), de nombreux projets offshore se déroulent mal, mais personne, ni le client ni le prestataire en France, n’a intérêt à ce que cela se sache… d’où l’existence d’une véritable omerta (d’origine financière surtout) sur les nombreux échecs des projets offshore. Les SSII les plus implantées à l’offshore (Cap Gemini, Steria, Atos, Logica…etc) cherchent continuellement à mieux vendre l’offshore auprès des clients et analystes.
A terme, nos entreprises seront privées localement de compétences dont elles auront besoin, amoindrissant par la même occasion les avantages compétitifs que peuvent apporter les TIC par l’augmentation du coût des prestations que le marché ne manquera pas de répercuter.

Enfin et surtout, l’offshore entraîne une perte d’emplois directe ou indirecte pour les informaticiens français et européens beaucoup plus importante que ne le laissent entendre certaines études qui abordent l’offshore de façon partielle (voir partiale ? Cf. étude du Syntec Informatique). A lire à ce sujet : Offshore : un périmètre régulièrement sous-estimé par les études .
Il s’agit ici, bien entendu, d’emplois hautement qualifiés, les emplois de “demain” : il ne s’agit pas de voir l’offshore avec le même regard de “condescendance” que l’on porte parfois (à tort évidemment) à l’égard de la désindustrialisation !
Néanmoins, du fait de la reprise du secteur depuis quelques années, cette perte d’emplois est masquée par un différentiel de créations d’emplois positif en France (rappelons toutefois qu’il y a actuellement autour de 25 000 informaticiens demandeurs d’emplois, soit un taux de chômage sectoriel d’environ 5%), mais pour combien de temps encore ? Si la conjoncture s’inverse à nouveau (cas probable dans un secteur aussi cyclique que celui des services informatiques), il n’en sera probablement plus de même et la réaction des informaticiens risque alors de devenir très vive à l’égard de l’offshore.
C’est précisément ce qui s’est passé aux États-Unis pendant les années 2003 et 2004 : dans un contexte de crise importante de la hitech, le développement de l’offshore avait suscité de très nombreuses protestations (“outsourcing backlash”) au point que plusieurs Etats américains avait interdit son recours dans les dépenses publiques, que le Sénat avait voté un projet de loi protectionniste (“anti-outsourcing bill”) et que le sujet avait été au cœur de la campagne présidentielle de 2004.
Cette protestation est d’ailleurs toujours d’actualité outre-atlantique (voir le site de la Washtech Union) même si elle a pris nettement moins d’ampleur depuis la reprise mondiale des investissements IT.

 COMBATTRE L’OFFSHORE

Nous n’aurions rien à dire contre l’offshore si nous étions dans un contexte idéal de plein emploi durable pour nos professions. Mieux, l’offshore pourrait être perçu comme une forme de coopération et de partage du travail réciproquement profitable.
MAIS contrairement à une certaine “pensée unique” un peu trop répandue (…), non seulement il y a toujours environ 5% d’informaticiens au chômage (à lire) et, surtout, la conjoncture est particulièrement cyclique dans notre secteur.
De plus, comme nous l’avons expliqué, l’offshore accélère la dévalorisation des métiers de base de l’informatique et participe à la stagnation des salaires.
De ce fait, l’offshore a une part de responsabilité évidente dans le déficit d’image et d’attractivité de nos métiers auprès des étudiants, déficit pour lequel nos dirigeants s’inquiètent de plus en plus fréquemment : ceux-ci feraient mieux d’y réfléchir à deux fois avant de promouvoir l’offshore plus ou moins ouvertement…

Pour le MUNCI, c’est donc un DEVOIR MORAL que de combattre l’offshore dans l’intérêt général de nos professions et pour la défense de l’emploi qualifié en France et en Europe.
Pour le moment, nous exerçons simplement un devoir de vigilance avec occasionnellement des actions essentiellement “préventives” (…) auprès de certains clients et des pouvoirs publics.
Mais en cas de nouveau retournement de notre marché du travail, le MUNCI fera de la lutte contre l’offshore un COMBAT PRIORITAIRE en ciblant les sociétés (clients donneurs d’ordres, SSII, éditeurs…) ayant recours EXAGÉRÉMENT à l’offshore pour des prestations QUALIFIÉES (niveau de qualification >= BAC+2) et surtout hors Union Européenne (Asie, Maghreb…) :

  • sociétés dont la bonne santé financière ne nécessite aucun recours à l’offshore (cas habituel des grandes banques notamment…)
  • sociétés dont la part des effectifs - employés ou mis à disposition - en offshore est disproportionnée par rapport à l’effectif global (Ex. Cap Gemini, Steria…)
  • sociétés ayant procédé à des réductions d’effectifs ou bloquant les recrutements en France pour favoriser l’offshore
    (…etc)

Tous les MOYENS DE PRESSION seront mis en œuvre avec le concours de la communauté informaticienne (et au-delà l’ensemble des citoyens-consommateurs) :

  • CAMPAGNES permanentes de BOYCOTT des sociétés concernées et de leurs produits (clients) sur le web, dans la presse, par courriers, fax et emails… un SITE participatif de dénonciation et de sensibilisation sera spécialement créé à cet effet.
  • LOBBYING auprès de l’administration et des pouvoirs publics afin d’écarter les sociétés concernées de leurs référencements et de leurs appels d’offres.
  • ACTIONS CITOYENNES dans les sociétés en interpelant les salariés, les syndicats et IRP, manifestations, communiqués de presse.
  • COURRIERS à l’ensemble des centres de formation initiale en informatique (BTS, IUT, IUP, Masters, écoles d’ingénieurs…) pour les sensibiliser et les inviter à se joindre au combat.
    (…etc)

Une coalition internationale des organisations syndicales de défense des travailleurs de la hitech contre l’offshore a été envisagée en cas de nouvelle crise grave affectant l’emploi IT dans nos sociétés.
Outre la Washtech Union, qui est très active dans la lutte contre l’offshore aux USA, nous avons déjà des contacts en Grande Bretagne, Australie, Belgique…

Notre premier message s’adresse aux INFORMATICIENS : dans votre intérêt professionnel, nous vous conseillons vivement d’ÉVITER les SSII les plus implantées à l’offshore pour ne pas vous retrouver dans des projets “offshorisés” !
En effet, les témoignages que nous recevons depuis plusieurs années vont régulièrement dans le même sens, à savoir que les projets offshore sont très souvent une source de désagréments et d’ingratitudes pour les équipes pilotes en France : surabondance des spécifications et des tests, problèmes de communication, différences culturelles ou liées au management, lourdeurs et lenteurs du travail (généralement asynchrone) à distance, turnover des équipes offshore, etc.
Humiliation suprême : si c’est votre emploi lui-même qui finit par être “offshorisé”, on vous demandera très certainement de “transférer vos compétences” à votre “successeur low-cost” !
Enfin, ne croyez surtout pas que les SSII répercutent les gains (par ailleurs limités…) réalisés grâce à l’offshore sur leur politique salariale en France : Cap Gemini, Atos et Steria (pour ne citer qu’elles), avec leurs politiques de grande modération salariale, sont la preuve éclatante du contraire…

Notre second message s’adresse aux POUVOIRS PUBLICS, à qui nous demandons l’application de MESURES pour lutter contre ces pertes d’emplois :

  • PRISE EN COMPTE des dé|relocalisations de services (tâches informatiques, BPO, centres d’appel…) au même titre que les délocalisations industrielles dans les politiques publiques : ceci est loin d’être le cas à l’heure actuelle en raison de “l’archaïsme” d’une bonne partie de notre classe politique et de la forte influence qu’elle reçoit des lobbies économiques concernés (toujours plus syndicalisés côté moyennes et grandes entreprises de services comme au Syntec… toujours moins hélas côté salariés, freelance et TPE).
    Ceci entraine un certain nombre d’excès de la part de nos dirigeants politiques qui doivent être impérativement STOPPÉS : Offshore informatique : chroniques de l’aveuglement et de la complaisance des pouvoirs politiques, publics et économiques
  • INTERDICTION formelle de tout recours à l’offshore (partiel ou total, direct ou indirect) dans le cadre des marchés publics.
  • EXCLUSION des marchés publics des sociétés de service ayant recours excessivement à l’offshore (ex. Cap Gemini, Steria, Atos, Sopra, Logica, Accenture, Ibm, Hp-Eds, Csc, Unisys, Valtech, Business & Decision… etc etc etc).
  • INTERDICTION de toute aide publique (et autres avantages ou distinctions) à toutes les sociétés de service pratiquant l’offshore.
  • MESURES FISCALES favorisant l’implantation des centres de services en province (politiques d’aménagement du territoire) plutôt que dans les pays à bas coûts, ce qui permettrait par ailleurs de régionaliser davantage l’emploi hi-tech excessivement concentré (à 60%) sur la région parisienne. De telles mesures d’attractivité fiscale existent déjà dans les DOM-TOM et en Corse où existent d’ailleurs des centres de formation en informatique : qu’attendent donc nos SSII pour y implanter des centres “nearshore” ?
  • SOUTIEN A LA RE-LOCALISATION : création d’une cellule spéciale avec moyens financiers et fiscaux (ex. primes variables en fonction des montants d’investissement et du volume d’emplois recréés…) pour aider à la re-localisation des activités délocalisées
  • TVA SOCIALE pénalisant les délocalisations par une taxation plus élevée
  • SUPPRESSION immédiate du sous-groupe “Offshoring” du Groupe d’Impulsion des Relations économiques France Maroc (GIEFM) créé en septembre 2005 à l’initiative des premiers ministres français et marocain. Ce sous-groupe est une véritable provocation à l’égard de la communauté informaticienne de France et représente un soutien SCANDALEUX de notre Gouvernement à l’égard des délocalisations de services au Maghreb.

De même, la Charte Cigref/Syntec devrait s’ouvrir à d’autres problématiques déontologiques telles que des engagements sur les conditions de travail des salariés en offshore ainsi que celles de leurs détachements occasionnels en France (respect des conditions sociales et salariales du pays d’accueil).
Les bilans sociaux des SSII devraient indiquer le pourcentage de ressources travaillant en offshore.

Des solutions alternatives existent à l’offshore : les centres de service (nearshore) en province, le recours aux indépendants (qui présentent plus de compétitivité et de flexibilité que les SSII)… ou encore la réinternalisation !


A lire aussi :

Ainsi que tous les articles de nos rubriques :

Ainsi que nos chroniquesEchos des Forums/01informatique” sur ce thème (voir sous-partie : “Offshore, libéralisation des services, immigration économique”)


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7 novembre 2009, par Arnaud

Le secteur informatique en France est en crise.
Cependant, le monde évolue et lutter contre les changements naturels des secteurs, dus à la mondialisation, n’est que peine perdue. C’est le libre marché, il sera très difficile de l’arrêter.
Le monde change, il faut donc évoluer avec son temps et s’adapter aux nouvelles contraintes.
L’auteur de l’article semble considérer l’outsourcing comme une fatalité. Personnellement, je la vois plutôt comme une opportunité pour réfléchir à comment utiliser ces ressources, à faible coût, au mieux et comment développer de nouveaux métiers en France. C’est possible, seulement si on a la motivation pour se battre et réussir. Car rien n’est acquis. Les français en général croient que tous les acquis leur sont dus (la Sécurité Sociale par exemple). Même obtenir des qualifications en informatique (et même de l’expérience) ne garantie personne de trouver un emploi. Le problème c’est que la plupart des informaticiens, sans doute, comptaient là-dessus et, du coup, tombent de haut. Je suggère que les informaticiens sans emploi, considèrent s’engager dans une conversion professionnelle. Il faut continuer à se battre, oui ! mais dans la bonne direction, en suivant l’évolution du monde mais surtout pas a contre-courant.

Arnaud. Un Français, manageur de projet dans une entreprise d’Outsourcing, à Pékin.


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30 août 2009, par experienced-offshored-worker

L’offshore et les délocalisations sont partout : l’européanisation provoque la délocalisation des gouvernements européens à Bruxelle et donc l’affaiblissement des pouvoirs nationaux.

L’offshore à proprement parler est issu de l’esprit malade des comptables et autres gestionnaires qui ont convaincus les chefs d’entreprises de délocaliser toutes les fonctions délocalisables dans des pays où le coût de la main d’œuvre est très inférieure.

C’est être malade que de préconiser un tel système : sans consommateur, une entreprise locale coule et les consommateurs des entreprises locales sont les employés de celles-ci. Sans argent les chomeurs français ne consomment pas et en délocalisant les employés on délocalise aussi les consommateurs.

Mais l’appétit vorace et irrationnel d’argent qu’ont nos banquiers et industriels leur font oublier qu’il y’a des personnes en France. Le marché est énorme en chine et en inde et ils jouent avec l’elasticité de nos systèmes, ils largueront les français et européens dès que possible : il y’a plus d’argent à faire dans les 4 nouvelles puissances économiques que sont la chine, l’inde, la russie, le brésil.

Le résultat de la mondialisation est une uniformisation de la qualité et comme explicité dans le commentaire au dessus, la qualité en inde n’est pas du même niveau qu’en france.

Donc la cupidité sans fin de nos dirigeants (un chef d’entreprise dirige) et notre cupidité (les français sont bien connus pour gratter partout, par exemple ils ne donnent pas de pourboire au restaurant, …) nous coulent : si nous n’achetions pas indiens ou chinois mais français, il y’aurai moins de problème d’offshorisation.

Et si nous avions du bas au sommet de la pyramide sociétale, une prioritarisation de nos achats basée sur la qualité avant le bas prix, nous n’en serions pas là : l’ignorance est la cause de tout cela.

On peut remercier quand même les grands pontes Français, Espagnols, Anglais, (nous étions français, espagnols et anglais à la conquète du monde avec nos multiples colonies et l’esclavage des pays colonisés qui s’en ai suivi) pour avoir montrer la voie.

Les Américains ont eux lançé cette offshorisation : les ordinateurs et produits Hitech sont tous fabriqués en Chine depuis bien longtemps, ce qui n’est qu’une évolution de la traite des noirs et du commerce triangulaire : faire faire à d’autres les travaux que eux ne veulent pas faire.


Lien à consulter : offshore = esclavage

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11 mai 2008, par bipdan2

Je suis parti en Inde pour démarrer une sous-traitance, à pondy.

Coté salaire 2-300 eur la bas est un bon salaire pour un début.

Par contre je crois savoir pourquoi ils cherchent des français. Cela a peut-être a voir avec la fameuse valeur travail que NS cherche a “réhabiliter”…sauf que c’est encore pire la bas. J’entends par la que venir au travail pour un informaticien indien n’est pas systématique, c’est facultatif ! Et le patron de dire simplement : “tiens il n’est pas venu aujourd’hui”.
Quand a la qualité du travail, elle est à la hauteur de l’assiduité, c’est à dire très très irrégulière.

Alors peut-être veulent-ils recruter des français parcequ’ils travaillent plus régulièrement et font bien ce qui est demandé.

Ex : notre sous-traitant tenait à tout prix a refaire un logo version gif animé alors que son job consistait à faire de la mise en page d’états statistiques destinés à être imprimés… ben il l’a quand même fait !
Après c’est sur ça ne coute pas cher en Inde, mais faut être patient !


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23 octobre 2008, par pef

Travaillant actuellement dans un service de fao,notre directeur de site (pas experience technique) nous a oblige a envoye des outillages à faire en inde (depuis 2005) => resultat gain de temps minimes tous les outillages sont repris par les techniciens en france, derive réguliere dans le travail, lorsque l’ on met en place des evolutions sur le logiciel de fao (script perl) pour gagner en qualite et productivite ces modifications sont mal applique voire pas du tout. Les envoie de donnees et les echanges nous demande un temps phenomenale. Les gains de productivite qui ont ete fait sont quasiment seulement du au developpement de script en interne donc masqué avec la sous traitance mais pour notre directeur seul le cout affiche lui saute aux yeux (c est on nous dit l avenir ou alors on est pris pour des refractaires qui veulent proteger leur emploi. totalement contre productif. Le grand chef en inde est tout de meme incapable de modifier un directory sur un script j ai ete oblige de le faire a sa place. (impressionnant le niveau en info des indiens)
travail bacle

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