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[Tribune] SSII/ESN : de l’augmentation de la pression… à celle de la flexibilité ?
Publié le 13 avril 2015
Rubrique : DIVERS > Tribunes libres
Mots-clés : Critique modèle SSII
Nombre de visiteurs uniques : 4217 • Lien pérenne : https://munci.org/article2154.html


Source(s) : Anne Scotté, 13.04.2015



Lien à consulter : BLOG DE ANNE SCOTTE
Quand j’ai écrit mon livre « BIENVENUE DANS UN MONDE D’ESCLAVES, la face cachée des Entreprises de Services du Numérique », le constat était cinglant : le monde des sociétés de services informatiques est brutal et cynique. Pour comprendre à quel point il l’est devenu, il fallait dérouler leur histoire et montrer comment, avec l’introduction de l’actionnariat, ce système a eu un grand coup d’accélérateur aux dépens des salariés du secteur…

Le modèle économique des sociétés de services est basé sur un système qui peut être résumé de manière simple : les profits sont tirés de la facturation des salariés prestataires en clientèle et la principale charge ou coût par l’entreprise est représenté par leurs salaires.
L’informaticien qui exerce son métier n’est pas vu comme un individu mais comme une source de profit, le seul critère de mesure étant celui de sa rentabilité.
L’objectif – pour améliorer la marge – est donc de dégager le meilleur ratio « chiffre d’affaires sur coût salarial », ce qui peut se résumer par : prendre le maximum tout en concédant le minimum. Dans un tel modèle, il y a deux catégories de personnel : les générateurs de profits … et ceux qui vivent sur la bête. Cela semble caricatural mais correspond bien à la réalité.
Il faut savoir que lorsqu’un contrat est signé chez un client (grâce au savoir-faire et à l’entregent du consultant qui a su se vendre) … c’est le manager qui touche la prime, le salarié devant se contenter du salaire que la société veut bien lui concéder.

“L’état de l’art”…

Il ne s’agit plus pour un salarié d’être rentable mais de l’être LE PLUS POSSIBLE – pour la plus grande satisfaction des managers et des actionnaires qui vont s’en mettre plein les poches – et c’est ce « plus possible » qui mène à tous les excès.
Dans un tel modèle économique, on ne peut jouer que sur deux facteurs : la facturation clientèle ou le salaire de l’informaticien. La tendance concernant la facturation clientèle est plutôt à la baisse (les négociateurs étant soumis à des baisses de barèmes), il ne reste donc plus qu’un levier : les coûts salariaux.
Impossible en théorie de baisser le salaire d’un salarié collaborateur mais il existe des méthodes pour resserrer les boulons de manière beaucoup plus vicieuse, j’en ai cité beaucoup dans mon livre. Parmi elles :

  • Se débarrasser des plus hauts salaires : pas d’augmentations, conditions d’attribution de partie variable de plus en plus exigeantes, mutations arbitraires, création de contextes de refus de missions, incitation directe au départ, harcèlement,
  • Utilisation de la clause de mobilité et affectation forcée,
  • Incitation au temps partiel avec perte d’une partie du salaire,
  • Discriminations hommes/femmes qui permettent de sous-payer le personnel féminin,
  • Utilisation de stagiaires dans des postes facturés en clientèle (pour permettre aux stagiaires d’être évalués en situation réelle !),
  • Utilisation de ressources offshores moins coûteuses pour les charges salariales,
    La liste n’est pas exhaustive, l’imagination des managers étant débordante quand il s’agit de maltraiter les salariés et la passivité des instances de contrôle laissant les mains libres aux sociétés théoriquement en infraction.

    Et toujours plus !

Le dernier levier concerne la chasse aux inter-contrats.
Il ne faut pas oublier qu’une part de la facturation en clientèle est théoriquement destinée à couvrir le risque pour un salarié d’être en inter-contrat. Il est donc équitable qu’une part des profits (nous n’avons pas dit un maximum de profits !) ne soit pas reversée aux salariés puisqu’il s’agit de prendre une assurance sur la non-facturation.
Mais quelque chose d’ancien et de nouveau à la fois risque augmenter la situation de précarité des salariés de l’informatique : le contrat de mission, ou CONTRAT DE CHANTIER étendu à l’informatique et aux services (NDLR : à lire).
En résumé : pas de contrat, pas de salaire. Pas de salaire, du chômage. Ce système est construit de telle façon que c’est toujours sur l’informaticien que l’on va taper.

Comment un tel dispositif pourrait-il être acceptable ? Comment peut-on cautionner un système qui vise à racketter davantage les salariés du secteur et à les mettre en situation de précarité ? Car en supposant que ce système soit mis en place, qui dira que dans un tel dispositif les salaires devraient être augmentés de manière significative, le risque d’être en inter-contrat n’étant plus assuré par l’entreprise mais par le salarié… et par la collectivité (système doublement pénalisant pour le salarié qui est aussi un contribuable !).
Avec un tel assouplissement de la législation du travail, les sociétés se sentiront encore plus le droit de harceler les collaborateurs dotés d’anciens contrats pour les pousser au départ … et les remplacer par des contrats de chantiers bien plus rentables.
Le Syntec assure n’être pour rien dans la relance de cette négociation… difficile d’y croire.
(à moins que le travail ait été fait par Paul Hermelin, le PDG de CAP GEMINI, dont la nomination comme responsable des relations entre l’Inde et la France a fait de lui un interlocuteur privilégié de l’Elysée et du Medef…)
Toutes les méthodes odieuses de management que j’ai citées dans mon livre, les nombreux exemples dont j’ai été témoin ne seraient donc qu’un avant-goût du pire à venir si le contrat de mission/chantier était mis en place ?
Cela fait froid dans le dos…



PS :

A lire : Bienvenue dans un monde d’esclaves (la face cachée des Entreprises de Services du Numérique)
(Anne Scotté, préface de Jean-Luc Gréau, Éd. du Sextant 2014)

Mémo : [Livre] “Derrière l’écran de la révolution sociale…” : le 1er livre critique sur les SSII ! (N. Sene, Éd. Respublica 2010)


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